Bonjour. Je suis Rashad Sayed, mais on m'appelle aussi Um Hashem. J'ai 46 ans et je vis dans le quartier de Haqura à Fayoum avec mon mari Sayed, qui a 52 ans, et nos quatre enfants : deux garçons, Hamada, 23 ans, et Ahmed, 8 ans, et deux filles, Samah, 20 ans, et Basma, 16 ans. Mon mari est au chômage depuis qu'il a été blessé quand il était dans l'armée, et c'est moi qui dois m'occuper de toute la famille. Tôt le matin, j'habille Ahmed, lui prépare son petit déjeuner et l'envoie à l'école. Ensuite, je vais contrôler mon potager sur le toit. Avec l'argent du potager, je paie l'école de mon fils.
Un bon début
Il y a un an, le programme TeleFood de la FAO m'a aidé à démarrer ce jardin sur le toit en fournissant les planches, les semences et les outils. J'ai commencé avec six planches, et j'ai planté des laitues, des courges, des épinards, des radis, de l'ail, de l'oignon, du persil, des herbes aromatiques et des tomates.
Je voudrais agrandir mon potager et ajouter quatre unités. Mais j'ai besoin d'autres casiers et semences. Maintenant, j'achète les semences au marché ou je les obtiens de mes propres plantes.
Des aliments salubres
Regardez mes tomates. Elles ne sont pas belles? Elles poussent très bien avec ce climat. Nous les mangeons en salade ou je les vends quand on a besoin d'un peu d'argent.
L'important est qu'elles sont sans pesticides. Ces dernières années, les experts de la santé égyptiens ont mis en garde contre le risque de cancer si on consomme des aliments contaminés avec des pesticides. Avant, les agriculteurs pauvres ne connaissaient rien à ces risques. Mais maintenant, beaucoup de gens d'ici veulent développer l'agriculture biologique.
Du bonheur de jardiner
Je suis bien occupée avec mon potager sur le toit. J'y vais plusieurs fois par jour, toute seule, ou parfois avec des voisins ou des experts de la FAO. Ici, des vulgarisateurs m'aident.J'arrose mes plantes régulièrement. Je vérifie que tout est en ordre. Quelquefois, je reste là à admirer mes plantations et je me sens bien. C'est comme regarder un bébé grandir. Les soirs d'été, toute la famille se réunit sur le toit pour prendre un peu d'air frais au milieu des plantes. Pour empêcher les oiseaux de voler mes semis et de manger mes légumes frais, je fixe du vieux ruban magnétique sur des bâtons que j'enfonce dans les casiers et le bruit que fait le vent qui les remue éloigne les oiseaux!
L'avenir
Basma m'aide à la cuisine quand elle ne va pas à l'école. Nous faisons notre propre pain. Elle sait très bien faire la pâte. Elle veut devenir une bonne maîtresse de maison. Elle se mariera bientôt. Son fiancé travaille à Milan, en Italie. Mais il est égyptien comme nous. Et quand il rentrera, nous organiserons une cérémonie religieuse pour leur mariage et une grande fête traditionnelle où nous inviterons beaucoup de monde. Et je serai encore plus comblée quand la famille élargie se retrouvera réunie sur notre jardin sur le toit.
Manque de temps
Je fais cuire le pain dans notre vieux fourneau à bois. J'ai dit à mon mari qu'il faudrait acheter un four moderne, mais il fait la sourde oreille. Il est vrai que le pain est bien plus savoureux quand il sort d'un four à bois. Mais ça prend du temps et ça m'empêche de m'occuper de mes légumes. Les résidus de plantes de notre potager servent de combustible pour le fourneau. Heureusement, quand je suis malade, mes filles s'occupent de tout, y compris du potager et du fourneau.
La nourriture égyptienne
Saviez-vous que la nourriture égyptienne est délicieuse? J'aime préparer la fatta, le kofta et la mouloukhieh. Je n'ai pas besoin de courir au marché tous les matins. Depuis l'an dernier, je n'ai qu'à grimper deux étages pour aller cueillir ce qu'il me faut sur le toit et redescendre à la cuisine pour préparer de bons repas.
Mes enfants adorent les salades du jardin que je prépare. Au moins, nous savons ce que nous mangeons: des aliments frais et sans pesticides qui nous gardent en bonne santé.
La pause déjeuner
Dans notre modeste logement, nous déjeunons dans le salon. Dieu merci, nous avons suffisamment à manger et notre alimentation s'est enrichie depuis que nous cultivons beaucoup de légumes différents. Je suis si contente d'avoir réussi ce projet.
A des voisins qui nous envient, j'explique qu'ils peuvent transformer eux aussi leurs toits en potagers au lieu de s'en servir comme débarras. Ils doivent juste suivre une formation offerte à Fayoum par le Ministère de l'agriculture avec l'aide de la FAO et des ONG locales.
Au marché
En vendant ou en troquant la production de mon potager, je mets de l'argent de côté pour acheter le four dont je rêve. Je vais vous faire une confidence: mes légumes, et en particulier mes tomates, se vendent très bien car les gens savent qu'ils sont cultivés sans pesticides.Je veux produire et vendre plus l'an prochain. Je suis si fatiguée de passer de longues heures à préparer le pain dans notre vieux fourneau. Et puis, la place que prend le fourneau pourrait servir à élever des lapins, des canards ou des poules.Je dois m'agrandir pour offrir un meilleur avenir à mes enfants.
La prochaine génération
Ici, je suis en train de pulvériser de l'eau sur les plantations qui ont l'air d'apprécier. Mon fils Ahmed m'aide à m'occuper de nos légumes. Il est très curieux et veut apprendre l'art des semis. Il en connaît déjà un bon bout sur l'irrigation et la meilleure période pour planter certaines variétés.
Ahmed représente la nouvelle génération qui, je l'espère, sera plus attentive aux questions d'environnement. Mais, sans TeleFood, nous n'aurions jamais connu ces méthodes alternatives de cultiver des légumes sains.