Nos maisons (batey en espagnol), ont été construites pour les coupeurs de canne à sucre qui venaient d’aussi loin que Haïti pour la récolte. Notre maison a 40 ans. Beaucoup de maisons ont besoin de réparations. Certains jours, quand il ne pleut plus dehors, il continue à pleuvoir à l’intérieur!
J’ai ma propre chambre. Je vis avec ma cousine Maria Estela, son mari Casimiro et leurs quatre enfants. Ma mère et mes deux jeunes frères habitent dans le coin. Notre communauté compte environ 150 familles, pour la plupart très pauvres et avec beaucoup d’enfants.
La préparation des repas
La préparation des repas Il y a toujours beaucoup à faire ici. Là, nous plumons des poulets avec Maria Estela. Casimiro vient de les tuer avec un couteau aiguisé. Il est policier municipal et gagne 3 000 pesos par mois (100 $E.U.).
Le poulet est un aliment de base dans ce pays. Nous élevons les poules dans le jardin. C’est bon cuisiné avec de la purée de bananes plantain.
Aller au travail
Tous les matins, à 7h15, je vais au travail avec Niurka. Aujourd'hui, c'est Martín Alcántara qui nous emmène, un voisin qui gagne sa vie avec le "motoconcho", un service de mototaxi, très répandu dans mon pays.
Niurka descend à Neyba, à 3 kilomètres d'ici, pour aller à l'école, mais moi je continue encore 4 km jusqu'à Galván, où j'enseigne. En République Dominicaine, les transports sont chers, en partie à cause du prix de l'essence. Un aller-retour jusqu'à mon lieu de travail me coûte tous les jours 100 pesos (3 dollars EU).
Les projets TeleFood
Nous avons besoin de trouver d’autres gagne-pain, et c’est pourquoi les projets TeleFood sont si importants pour ma communauté. Ici, je visite un des projets d’élevage de poulets. Il y a environ 50 poulets. Ils sont une source importante de protéines et les gens peuvent se faire un peu d’argent en vendant les oeufs.
TeleFood a financé la construction des poulaillers et l’achat de 150 poussins. Ici, je suis avec mon voisin Wandel.
L’école
L’après-midi, je vais au lycée à Consuelo, une ville voisine. Je prends un moto-taxi. C’est un moyen de transport très populaire ici parce que le carburant est cher. Je paie 40 pesos pour un aller (1,25 $E.U.) et il faut environ 15 minutes pour arriver en traversant les champs de canne à sucre abandonnés.
Les cours
Mon école s’appelle Sor Ana Nolan. Mes matières préférées sont la biologie, les maths, l’informatique et l’anglais. Beaucoup de mes amis viennent d’Haïti, leurs parents ont immigré pour travailler dans les champs de canne à sucre. C’est une bonne école, même si elle manque de certaines choses, par exemple, il n’y a pas assez d’ordinateurs.
Mon prof de biologie m’a demandé de parler d’un thème aujourd’hui. Ce n’est pas facile car tout le monde bavarde!
Notre jardin
Quand j’ai le temps, je travaille à notre projet TeleFood dans la région. Il se trouve à Batey de la Jagua, près de chez moi. Je travaille avec Felipe, surnommé Felito, avec la chemise bleue, qui est le chef de l’association locale des agriculteurs.
Sur la photo, on voit aussi Nelson, qui nous aide dans le jardin. Il est de Haïti mais vit ici depuis des années. Il n’est pas content quand les poulets mettent le désordre dans son jardin.
Une meilleure alimentation
Dans le jardin, nous avons une grande variété de légumes: laitues, aubergines, maïs, ail, radis, choux, tomates et betteraves. Nous élevons aussi des poules. La terre est de bonne qualité mais nous n’avons pas assez d’eau. Felito veut que nous nous mettions à l’élevage de lapins. Il paraît que la viande est savoureuse et bonne pour la santé.
Plus de 30 familles participent aux deux projets TeleFood dans la région. Cela leur permet d’améliorer leur alimentation et d’avoir des revenus supplémentaires en vendant les excédents de production. Et puis, les projets suscitent l‘intérêt d’autres jeunes pour l’agriculture.
Rêve des grandes ligues
Le soir, je joue un peu au base-ball, notre sport national. Aujourd’hui, nous avons des équipes mixtes de garçons et filles. Parfois, nous jouons contre les garçons. Et ce ne sont pas toujours eux qui gagnent.
J’ai des amis qui rêvent de jouer dans les ligues majeures des États-Unis comme certains professionnels dominicains. Moi, je joue juste pour le plaisir.
À l’épicerie
Nous avons une petite épicerie où nous achetons les produits de base. Il n’y a pas grand-chose à acheter car les gens n’ont pas beaucoup à dépenser. Ils survivent avec des petits boulots.
L’épicerie est aussi un point de rencontre. Les hommes s’y retrouvent pour boire une bière à la fin de la journée. Nous avons normalement l’électricité la nuit, mais les pannes sont fréquentes.
Solidarité et Optimisme
Avec mes amis, je répète une comédie musicale pour les anciens de la communauté. Pour moi, c’est important que nous fassions quelque chose pour les autres pour créer une solidarité au sein de notre communauté.
Avant, le gouvernement aidait les villages pauvres en offrant des services de base. Mais depuis l’effondrement de la canne à sucre, personne ne s’occupe plus de nous. Même pour les soins médicaux, il faut aller jusqu’à Consuelo.
Il est vrai que la fermeture des plantations a été traumatique pour les gens. Pensez qu’il fallait 23 000 ouvriers pour la récolte dans cette région! Nous avons besoin davantage d’opportunités d’emplois, surtout pour les jeunes. Et les projets comme TeleFood sont donc très importants.
Néanmoins, je reste optimiste. Je voudrais aller à l’université pour devenir ingénieur du son ou pédiatre. Mais c’est cher, surtout parce qu’il faut habiter loin de la maison. Mais avec la foi et le travail, on peut transformer ses rêves en réalité.