Mon compagnon José travaille dans une plantation de canne à sucre près de la maison. Il conduit un tracteur et coupe les cannes. Là, il coupe quelques cannes pour manger durant une pause.Il travaille cinq jours et demi par semaine et gagne 50 000 bolívars (environ 32 dollars E.U.). Avec l'argent du baby-sitting, cela nous donne de quoi nourrir la famille mais ne nous permet pas beaucoup de petites gâteries. On lui a dit qu'il aurait droit à une somme d'argent parce qu'il est réserviste, alors on attend.
Notre maison
Nous avons acheté notre maison grâce à un prêt du gouvernement à faible taux d'intérêt. Nous avons fini de le rembourser. Mais elle est trop petite pour sept, maintenant que mon beau-frère vit avec nous. Si on pouvait se le permettre, on agrandirait la maison. On aurait la place, la parcelle de terre est grande.Ici, je prépare des arepas (ce sont des galettes de maïs) pour le dîner. Ma fille de 15 ans, Angela, m'aide et Ingrimar, qui a 10 ans, regarde la télé.
Notre projet TeleFood
Pour arrondir les fins de mois, j'ai adhéré à un projet il y a deux ans: un élevage porcin et la vente des porcelets. Voici la porcherie. Nous l'avons construite nous-mêmes avec le matériel fourni par le programme TeleFood de la FAO.On nous a donné des tôles de zinc, du ciment, des barres d'acier, du sable et des blocs de béton. On était six dans notre groupe. Les femmes ont creusé les fondations et les hommes ont construit l'enclos. On nous a donné cinq porcs, quatre femelles et un mâle.C'est mon amie Santa Cedeño qui m'a parlé de TeleFood. Elle en a entendu parler par le bureau local du Ministère de l'agriculture. Santa m'a dit que nous allions apprendre à élever des porcs, à les nourrir avec du manioc, du maïs et de la canne à sucre que nous pouvions cultiver nous-mêmes.
Notre groupe TeleFood
Là, c'est Juan Landaeta qui donne à manger aux cochons. Nous lui avons demandé de participer au groupe car il avait un grand jardin où nous pouvions construire l'enclos.Le travail est réparti équitablement, même si Juan ne nous aide pas pour la naissance des porcelets. Il dit qu'il ne supporte pas la vue du sang. Moi, ça ne me gêne pas. Chaque truie a en moyenne huit petits deux fois par an, que nous vendons à 35 000 bolívars, ou 22 dollars E.U. chacun.Nous avons beaucoup appris sur l'élevage de porcs, comment les castrer, leur couper la queue et leur arracher les incisives pour éviter qu'ils mordent les autres porcs. Comme c'est une bonne race mise au point par l'université, tout le monde les achète pour l'élevage, il y a donc des bénéfices pour toute la communauté.
Les bénéfices de TeleFood
Ma fille Eudi, 13 ans, souffrait de maux de tête à l'école. Elle ne pouvait pas lire le tableau noir. Or, les élèves copient les leçons du tableau car les livres sont chers et difficiles à trouver. Avec l'argent tiré de la vente des porcelets, j'ai emmené Eudi chez le docteur et je lui ai acheté une paire de lunettes. J'ai dû vendre deux porcelets pour ça.Avec l'argent de TeleFood, j'ai aussi acheté des médicaments contre la grippe, des vêtements aux enfants et des choses pour la maison.
L'école
Nos enfants vont tous à l'école. Angela, qui porte ici un chemisier noir, va au lycée avec José et Eudi. Ingrimar est en CM1. Mon compagnon et moi sommes aussi allés à l'école et nous voulons que nos enfants reçoivent une instruction.Eudi, celle qui porte les lunettes mais qui n'aime pas se faire prendre en photo car elle est timide, doit passer des examens dans neuf matières cette semaine. Sa préférée est l'espagnol, mais elle aime aussi l'éducation physique, surtout le volley. Les maths sont plus dures, mais elle se débrouille bien.Les plus jeunes vont à l'école le matin et l'après-midi, ce sont les plus grands qui occupent les salles de classe. Ils mangent tous à l'école à midi.
Les courses
Une fois par semaine je prends l'autobus qui va à Las Vegas, la ville la plus proche, pour faire des courses. Ce soir, pour dîner, il y aura du fromage et des haricots noirs, un plat vénézuélien typique. J'achèterai les ingrédients et je dois racheter aussi de la farine de maïs.Comme je fais les courses pour toute la semaine, j'achète aussi ce qu'il faut pour le petit-déjeuner, du porridge et du lait, et des produits de base comme le beurre.Les pâtes sont un des plats préférés de toute la famille pour le déjeuner le week-end. Je les prépare avec des saucisses et des tomates. Nous mangeons souvent du manioc ou des pommes de terre.
Les soins médicaux
Ici, une infirmière du dispensaire au bout de la rue me contrôle la tension.
On est bien soigné à Campo Alegre. Il y a une infirmière en permanence et un docteur qui vient une fois par semaine de la grande ville la plus proche, San Carlo. J'emmène les enfants au dispensaire pour les vaccins ou s'ils sont malades.
Il y a sept mois, j'ai eu une grossesse extra-utérine et on m'a transportée d'urgence par ambulance à l'hôpital de San Carlo, où j'ai été opérée.
Une vie meilleure
L'argent que je gagne en plus grâce au projet TeleFood est le bienvenu pour ma famille. Ce n'est pas facile d'habiller quatre enfants, plus tous les extras.
Sans aide extérieure, nous n'aurions jamais eu l'occasion d'apprendre de nouvelles techniques ou de participer à cette activité du tout. J'aime aussi le côté «gestion d'entreprise» de l'élevage de porcs.