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Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial (SIPAM)

Chiloé Agriculture

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Informations générales

L’archipel chilien de Chiloé est une réserve génétique unique ou l’existence in-situ de nombreuses variétés témoignent de la patience des agriculteurs pour réaliser une telle sélection pendant des millénaires. Il est considère comme le centre d’origine de nombreuses espèces endémiques végétales ou animales et en danger d’extinction. C’est pour cette raison que l’ile a été classée parmi les régions écologiques de première importance d’Amérique Latine.

La pomme de terre est la culture la plus importante ayant permis aux communautés locales de subsister dans cette région reculée du Chili. Il n’est donc pas surprenant qu’avec le maintien de ces variétés, la culture, les pratiques sociales, les croyances et la mythologie locale soient encore vivantes au XXIème siècle.

Alimentation et sécurité des moyens de subsistance

La surface dédiée à la culture de tubercules est d’environ 4000 hectares avec un rendement de 1,62 tonne par hectare. La production est majoritairement utilisée pour l’autoconsommation, renforçant la volonté de pratiquer une agriculture durable pour répondre aux besoins d’une année sur l’autre. Occasionnellement, les surplus peuvent être vendus sur les marchés locaux.

En relation avec la sécurité alimentaire,  il est important de souligner la diversité variétale qui, historiquement, a permis aux communautés locales de sélectionner les plus adaptées en fonction de leurs qualités culinaires plaçant la pomme de terre comme aliment de base.

La majorité des habitants sont impliqués dans les productions de pomme de terre, d’avoine, de blé et de legumes, ainsi que du bétail tels que des moutons, des cochons ou des poulets. De plus, ces activités sont complétées par de l’artisanat réalises avec la laine de mouton et des fibres naturelles.

Biodiversité et fonctions des écosystèmes

Traditionnellement, les communautés indigènes et agriculteurs de Chiloé cultivaient des variétés endémiques de pomme de terre (entre 800 et 1000 var.) avant la modernisation de l’agriculture. Pour différentes raisons, dont l’introduction de nouvelles semences, la pression des programmes de transferts de technologies, l’apparition du mildiou sur pomme de terre mais également le manque d’informations sur la richesse génétique auprès des agriculteurs, un processus d’érosion génétique sévère a eu lieu. Aujourd’hui il ne reste que 91 variétés.

Il est aujourd’hui important d’encourager le public à reconnaitre l’ile de Chiloé comme une source de culture, de tradition et d’une large biodiversité génétique stimulant le développement durable de l’archipel.

Systèmes de partage du savoir et technologies adaptées

Dans certaines parties de l’archipel, la reconnaissance de certaines valeurs communes héritées existe toujours notamment via la conservation du matériel génétique assuré par les femmes de la communauté.

Dans le passe, les femmes rurales se sont chargé des activités de conservation de la biodiversité sur de petites parcelles de potagers familiaux. Elles représentent ainsi une source de savoirs et sont gardiennes du matériel végétal dans leur communauté respective.

Culture, systèmes de valeurs et organisations sociales (Agri-culture)

Comme élément de la culture, la production de pommes de terre est ancrée dans l’identité de l’ile plus connue sous le nom « La culture de Chiloé de la pomme de terre », qui a été transmise de générations en générations malgré les influences extérieures. Différentes manifestations sociales et culturelles concernant la culture de la pomme de terre  existent telles que les « mingas ». Il s’agit d’une vieille tradition qui réunit la communauté au moment des semis ou de la récolte des tubercules.

L’organisation sociale est basée sur la coexistence, la collaboration et non la compétition participant ainsi à la cohésion au sein de la communauté et renforçant le rôle de leur organisation.

Paysages remarquables, caractéristiques de la gestion des ressources naturelles (terres et eau)

En pratiquant cette agriculture durable pendant des millénaires, les agriculteurs de Chiloé ont été les gardiens du paysage de l’ile. Les sols et l’eau ont été préservés grâce à une utilisation adaptée des ressources.