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FAQs-Situation alimentaire actuelle |
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Les dix questions les plus fréquentes sur la hausse récente des prix alimentaires
(Janvier 2008) |
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- Pourquoi les prix augmentent-ils?
- Y a-t-il eu un changement structurel du marché?
- Quel est le rôle des biocarburants?
- Quel est le rôle du changement climatique?
- Quel est le rôle des “économies émergentes”?
- Assiste-t-on à un renversement du déclin à long terme des prix réels des denrées agricoles?
- Quel est l’impact de la hausse des prix alimentaires? Bénéficiaires et perdants
- Quelles sont les perspectives des prix à court et à moyen terme?
- Comment réagissent les gouvernements?
- Quelle est la réponse de la FAO?
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1. Pourquoi les prix augmentent-ils?
Les prix de la plupart des denrées agricoles ont subi une forte hausse au cours des deux dernières années, sous l’effet d’une série de facteurs: (1) de faibles niveaux de stocks mondiaux (en particulier pour le blé et le maïs) compte tenu de récoltes inférieures à la moyenne en Europe en 2006 et 2007; (2) des pertes de récoltes dans les grands pays producteurs, comme l’Australie, en 2006 et 2007; (3) une forte croissance de la demande pour la production de biocarburants à base de céréales soutenue par les subventions; (4) des changements graduels intervenus dans les politiques agricoles des pays de l’OCDE, où la réduction des subventions a entraîné une diminution des excédents; (5) une forte croissance économique dans les pays en développement et la croissance démographique dans le monde. En outre, les marchés agricoles sont de plus en plus liés aux marchés non agricoles (énergie, industrie, finance, etc.). Le changement climatique et les contraintes de ressources (alimentation en eau, en particulier) influencent également la situation globale de l’offre et de la demande alimentaire.
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2. Y a-t-il eu un changement structurel du marché?
Après des décennies de repli, les cours des denrées agricoles (en termes réels, c’est-à-dire indexés sur l’inflation générale) montrent des signes de tendance à la hausse. Ce qui distingue l’état actuel des marchés agricoles des situations précédentes est que le rebond des prix dure plus longtemps qu’à l’accoutumée et concerne quasiment toutes les principales denrées alimentaires et fourragères, et non plus seulement un nombre limité. Toutefois, certaines des forces infléchissant la situation actuelle du marché peuvent encore s’avérer de courte durée. Par exemple, si le rôle des biocarburants en tant que variante durable aux combustibles fossiles demeure incertain, il est manifeste que, dans un contexte concurrentiel, s’ils devaient progresser plus vite que ceux de l’énergie, les prix des matières premières agricoles perdraient leur compétitivité. En conséquence, il est encore prématuré de conclure que nous sommes en présence d’un changement structurel.
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3. Quel est le rôle des biocarburants?
Les biocarburants tendent à détourner les ressources productives (terre, main d’oeuvre, capital) de la production de cultures vivrières. Les biocarburants peuvent réduire la disponibilité d’aliments pour la consommation humaine, car la demande effective de céréales, de sucre ou d’oléagineux et autres aliments de base destinés à la production de biocarburants peut surenchérir celle de la nourriture. Cette nouvelle demande joue un rôle important et influe sur les prix. Parmi toutes les principales denrées destinées à l’alimentation humaine et animale, ce sont les demandes supplémentaires de maïs (destiné à la production d’éthanol) et de colza (pour la production de biodiesel) qui ont eu le plus fort impact sur les prix. Par exemple, sur un accroissement de près de 40 millions de tonnes d’utilisation totale du maïs à l’échelle mondiale en 2007, près de 30 millions de tonnes ont été absorbés par les plantes destinées à l’éthanol. L’essentiel de cette expansion a eu lieu aux Etats-Unis, le plus grand producteur et exportateur mondial de maïs. Ceci explique l’escalade des cours internationaux du maïs observée depuis le début de 2007, due également à la concrétisation rapide (généralement 2-3 ans) de cette nouvelle demande et à sa concentration aux Etats-Unis (plus de 90 pour cent). A l’échelle mondiale, environ 12 pour cent de l’utilisation totale de maïs était consacrée à l’éthanol en 2007, contre 60 pour cent pour l’alimentation animale. Aux Etats-Unis, le maïs servant à la production d’éthanol a représenté quelque 30 pour cent de son utilisation totale.
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4. Quel est le rôle du changement climatique?
Le climat a toujours joué un rôle déterminant dans l’agriculture. Le temps peut améliorer les niveaux de production, mais il peut aussi faire des ravages. En 2007, Les Etats-Unis ont rentré une récolte record de maïs grâce à un fort accroissement des semis et des conditions météorologiques très favorables au cours de la campagne de végétation. En revanche, en Australie, grand exportateur de céréales, la production a pâti d’une sécheresse persistante pour la deuxième année consécutive. Si les scientifiques mettent en garde contre les changements climatiques induits par le réchauffement de la planète, il n’est pas clair si les effets se font déjà sentir. Jusqu’à présent, les agriculteurs ont réussi à s’adapter aux différents chocs climatiques. Reste à savoir s’ils seront capables d’affronter des changements climatiques plus persistants qui pourraient accroître la fréquence et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes.
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5. Quel est le rôle des “économies émergentes”?
Les économies émergentes, en particulier la Chine et l’Inde, jouent un rôle important dans la l’offre et la demande mondiale de denrées agricoles. Toutefois, la hausse récente des prix ne semble pas avoir été déclenchée par ces marchés. Par exemple, au cours de la campagne en cours (2007/08), le rôle de la Chine et l’Inde est mineur en tant qu’importateurs céréaliers sur les marchés mondiaux. En effet, la Chine continue à exporter du maïs, tandis que les importations de blé de l’Inde sont relativement limitées, en particulier si on les compare à sa consommation totale. Avec l’augmentation des revenus, les régimes alimentaires des économies émergentes devraient se détourner des aliments riches en amidon au profit des produits animaux (tels que viande et produits laitiers). En même temps, la croissance économique s’accompagne souvent d’un exode rural et d’une forte urbanisation car la demande de main d’œuvre est plus forte dans les villes. Sans compter les terres rurales qui sont sacrifiées à des fins non agricoles (industrie, habitations, etc.). Cette évolution étant progressive, son impact sur les marchés et les cours mondiaux sera sans doute moins significative que lorsque les marchés sont confrontés à de graves pénuries; ceci pourrait permettre aux agriculteurs d’adopter des technologies agricoles en mesure d’atténuer ou d’infirmer les effets de la demande accrue sur les prix.
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6. Assiste-t-on à un renversement du déclin à long terme des prix réels des denrées agricoles?
Après plusieurs décennies marquées par des excédents et des bas prix, les cours internationaux de la plupart des denrées agricoles de base semblent s’être raffermis pour atteindre, dans certains cas des records et se stabiliser à des niveaux qui pourraient perdurer pendant un certain nombre d’années. Néanmoins, il convient de les mettre en perspective. En termes réels, les prix des denrées se rapprochent actuellement des niveaux observés durant la crise asiatique du milieu des années 90 et sont nettement inférieurs aux niveaux des années 70. Les bas prix constatés par le passé sont le résultat des vastes subventions accordées au secteur agricole par les pays de l’OCDE. L’abandon de ces politiques, ainsi que les contraintes de ressources, telles que la pénurie d’eau et le ralentissement de la diffusion des technologies actuelles et nouvelles, pourraient restreindre l’accroissement des disponibilités vivrières, tandis que la croissance de la demande mondiale se poursuit. Dans ce contexte, il est peu probable que les prix des denrées alimentaires puissent revenir aux bas niveaux des deux décennies précédentes.
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7. Quel est l’impact de la hausse des prix alimentaires? Bénéficiaires et perdants
Le coût des importations alimentaires mondiales a atteint un niveau record, grimpant d’au moins 20 pour cent depuis 2006. Il est évident que les consommateurs sont les premiers touchés face à la hausse des prix alimentaires. Plus particulièrement dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier, cette hausse se traduit par un alourdissement des factures d’importation alimentaire avec des impacts négatifs sur la balance des paiements. Pendant plusieurs années, les consommateurs du monde entier ont pu jouir de faibles prix. Dans de nombreux pays, les agriculteurs dépendaient des soutiens offerts par le gouvernement. La plupart des pays en développement ne pouvaient se permettre des mesures de soutien de ce genre, ce qui explique que les investissements dans l’agriculture ont régressé et de nombreux pays parmi les plus pauvres sont devenus de plus en plus tributaires des importations pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Si les prix élevés qui règnent aujourd’hui se répercutaient effectivement au niveau de l’exploitation dans les pays en développement, ils pourraient avoir un impact très positif sur la production vivrière et transformer l’agriculture en un moteur de croissance et d’emploi, en particulier dans les zones rurales.
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8. Quelles sont les perspectives des prix à court et à moyen terme?
Selon la FAO, les conditions actuelles du marché sont préoccupantes car les disponibilités alimentaires mondiales sont à des niveaux dangereusement bas et la situation de la balance alimentaire mondiale est précaire. Il est probable que les prix élevés stimulent en 2008 les semis de diverses cultures qui, moyennant des conditions météorologiques favorables, puissent encourager la production et faire ainsi baisser les prix. Toutefois, vu qu’il semble peu probable d’assister à une vaste expansion des terres agricoles à court terme, tout accroissement des semis d’une culture devrait se faire au détriment d’une autre culture. Ainsi, face à la baisse des prix de certaines denrées, on assisterait en contrepartie au renchérissement d’autres produits. Il est difficile d’établir des prévisions précises à court terme car les marchés alimentaires mondiaux sont étroitement liés à d’autres marchés, notamment énergétique et financier. Une étude conjointe FAO/OCDE des perspectives à moyen terme des principales denrées agricoles, publiée en juillet 2007, prévoyait des prix plus élevés pour la période 2007-2016 par rapport aux années 90.
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9. Comment réagissent les gouvernements?
Les cours internationaux élevés ont suscité de multiples interventions de la part de nombreux gouvernements, essentiellement dans le but de conjurer une forte hausse des prix sur les marchés intérieurs. En 2007, plusieurs pays importateurs ont réduit ou suspendu leurs restrictions d’importations, tandis que de nombreux pays exportateurs ont limité leurs exportations, craignant l’apparition de pénuries sur le marché national qui se traduisent par une hausse des prix. Certains pays ont débloqué leurs stocks afin de stabiliser les prix. D’autres ayant un potentiel d’accroissement de la production ont relevé les prix d’achat officiels afin d’encourager les semis de la prochaine campagne. La FAO donne des informations sur ces importantes initiatives de politique et sur d’autres faits nouveaux intervenant sur les marchés dans ses publications et rapports périodiques, en particulier Perspectives de l’alimentation, Perspectives de récolte et situation alimentaire, et Suivi du marché du riz.
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10. Quelle est la réponse de la FAO?
Par le biais de son Système mondial d’information et d’alerte rapide (SMIAR), la FAO effectue le suivi permanent des marchés mondiaux. Elle publie des mises à jour sur la situation alimentaire mondiale et des alertes rapides sur les crises alimentaires imminentes dans la plupart des pays touchés. FAO/SMIAR et le Programme alimentaire mondial détachent également des missions conjointes d’évaluation dans les pays confrontés à des situations d’urgence alimentaire, en offrant des informations en temps utile aux gouvernements, aux donateurs et aux organisations non gouvernementales. En outre, la FAO est en train de formuler une Initiative sur la flambée des prix alimentaires (IFSP), qui sera ciblée sur les agriculteurs vulnérables dans un certain nombre de pays en améliorant leur accès aux intrants (semences et engrais), et en aidant à soutenir des pratiques de production mieux adaptées. Des mesures sont en cours pour lancer l’Initiative IFSP dans quelques pays avant la campagne de semis de mai. L’IFSP comportera d’autres volets importants, tels que l’élaboration de recommandations de politique afin d’aider les Gouvernements à relever le défi de la flambée des prix.
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