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Nouvelles du SMIAR
Situation alimentaire de plus en plus sérieuse dans certaines régions du Sahel

6 mai 2005
Malgré les mesures prises par les gouvernements, la situation alimentaire se dégrade dans les régions du Sahel touchées en 2004 par la sécheresse et les criquets pèlerins. Au Burkina-Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad, les prix du mil continuent à grimper, tandis que ceux des animaux chutent. Ceci réduit l’accès des ménages vulnérables aux denrées de base, notamment les groupes de pasteurs et agro-pasteurs qui ont été les plus éprouvés par les effets combinés de la sécheresse et des criquets l’année dernière.

Au Niger, où la production céréalière de 2004 était en baisse de 12 pourcent par rapport au niveau de l’année précédente, il est officiellement estimé que quelques 2,5 millions de personnes répartis dans 2988 sont à risque d’insécurité alimentaire. Le gouvernement vend des céréales à prix modéré dans les communautés affectées, mais l’impact de l’opération sur la situation alimentaire générale est très limité. Au début du mois d’avril, Médecins sans frontières prévenait que la malnutrition infantile aiguë augmentait rapidement dans les districts de Maradi et de Tahoua, avec le nombre d’admission en hausse dans les centres d’alimentation complémentaire. L’UNICEF a aussi lancé un appel afin de nourrir quelque 750 000 enfants souffrant de la faim dont 150 000 montrant des signes de malnutrition aigue. Le PAM a également lancé un appel mais les promesses d’aide alimentaire seraient encore très en dessous des besoins. De nouvelles annonces de contributions et des livraisons d'aide alimentaire sont nécessaires de toute urgence, car la période de soudure commence. Beaucoup de ménages agricoles auront aussi besoin de semences et autres intrants pour la prochaine saison qui devrait démarrer à fin mai/juin.

En raison du manque d’eau et de pâturages, l’état des animaux serait en train de se dégrader malgré les mouvements accrus de troupeaux ayant entraîné des confrontations violentes dans plusieurs localités. Davantage de mesures sont nécessaires pour des couloirs de transhumance adaptés, des programmes de santé animale ainsi que la provision d’aliments de bétail pas chers.

La même tendance à la hausse des prix des céréales associée à des prix des animaux en baisse, affecte les paysans et éleveurs au Burkina-Faso, au Mali, en Mauritanie, au Sénégal et au Tchad, notamment dans la partie nord. Une enquête nutritionnelle effectuée par Accion Contra el Hambre dans une partie de la région de Kidal au Mali a montré que près d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition généralisée. Les mesures d’urgence prises par les Gouvernements comprennent la distribution de céréale dans les communautés affectées au Burkin-Faso et la vente subventionnée de 15 000 tonnes d’aliments de bétail au Mali. Au Tchad, sur recommandation du Comité Directeur du Comité d'Action pour la Sécurité Alimentaire et la Gestion des Crises (CASAGC), les ventes de céréale à prix modéré devraient démarrer en mai. En Mauritanie, où une malnutrition qui se généralise a été signalée, le programme Vivre contre travail du PAM a démarré dans les régions du Brakna, Gorgol, Assaba et Hodh El Gharbi, tandis que la composante banque céréalière du programme d’urgence n’a pas commencé. Un programme de distribution alimentaire, financé par l’Union Européenne et qui devrait être exécutée par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) devrait aussi démarrer prochainement.

En dépit de ces actions, des mesures complémentaires sont nécessaires d’urgence, notamment dans le secteur de l’élevage: aliment de bétail subventionné, acheminement des animaux vers des zones d’accueil, programmes de santé animale. La fourniture urgente d’intrants agricoles, surtout de semences, permettra également aux paysans affectés de cultiver les produits vivriers au démarrage des pluies en mai.

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