FAO.org

Accueil > Global Livestock Environmental Assessment Model (GLEAM) > En pratique
Global Livestock Environmental Assessment Model (GLEAM)

En pratique

Comment utiliser GLEAM dans les projets

Développer un élevage plus durable demande avant tout un diagnostic solide et fondé des impacts environnementaux indésirables. Les parties prenantes du secteur peuvent alors identifier et évaluer les zones d'intervention et les options à leur disposition. GLEAM est un facteur clé de ces deux processus. Le modèle offre une image détaillée de la situation «actuelle», mais peut aussi être utilisé comme un outil d'évaluation de scénarios pour différentes stratégies d’adaptation et d'atténuation.

Actuellement, GLEAM a été utilisé dans les projets et études de cas suivants, incorporant de précieux commentaires d’experts et d’acteurs du terrain:

Études de cas régionales sur l'atténuation des changements climatiques et les gains de productivité dans les filières de l’élevage

Bien que de nombreuses tentatives aient été faites pour quantifier le potentiel d'atténuation de technologies, peu d'études systématiques existent pour évaluer les « meilleures » options d’atténuation dans différents systèmes de production et régions, et leur impact sur la sécurité alimentaire. Afin d'explorer comment l'atténuation pourrait être réalisée en pratique, GLEAM a été utilisé pour développer un effort de modélisation basé sur six études de cas pratiques dans des régions sélectionnées et des systèmes de production animale, à savoir: le système de production laitière mixte en Asie du Sud, dans les pays de l'OCDE et en Afrique de l'Est; le système de production commerciale de porcs en Asie de l'Est et du Sud-Est; le système de production spécialisée de bovins à viandes en Amérique du Sud; le système de production de petits ruminants en Afrique de l'Ouest. Les caractéristiques des systèmes de production de référence, les émissions de GES et les niveaux de production ont été obtenus de GLEAM 1.0 pour l'année 2005. Les options d'atténuation ont été choisies en fonction de leur potentiel d'atténuation a priori, de leur applicabilité aux régions et systèmes respectifs, de leur faisabilité économique probable et de leurs répercussions positives sur la productivité, et en tenant compte des compromis potentiels avec d'autres préoccupations environnementales. Les options d'atténuation se focalisaient sur les différents stades de la filière, notamment en améliorant la qualité de l'alimentation animale, la gestion du pâturage, les mesures sanitaires préventives, les stratégies de reproduction et de production, la gestion du fumier et l'efficacité énergétique. Le potentiel d'atténuation de chacune des espèces, systèmes et régions sélectionnés a varié de 14 à 41%. Comparativement, les potentiels d'atténuation élevés ont été estimés pour les systèmes de production de ruminants et de porcs en Asie, en Amérique latine et en Afrique. En plus, des réductions d'émissions importantes ont également obtenues dans les systèmes laitiers dont la productivité est déjà élevée, c.à.d. dans les pays de l'OCDE. Chaque potentiel d'atténuation a été évalué pour la production finale constante des produits, ce qui permet une comparaison claire des effets d'atténuation. Cependant, les interventions modélisées peuvent conduire concomitamment à une réduction des émissions et à une augmentation de la production, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire. C'est notamment le cas pour des pratiques d'alimentation améliorées et de meilleures pratiques de gestion de la santé et du troupeau. Les systèmes d'élevage ont également un potentiel important de séquestrer le carbone dans les pâturages et les prairies naturelles grâce à une meilleure utilisation, comme l'illustrent deux de six études de cas. Pour plus d’information, voir Mottet et al. 2017.

Élargir le champ de GLEAM: l'impact sur la biodiversité

Les impacts environnementaux de l’élevage ne sont pas limités aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Le secteur est un utilisateur important des ressources naturelles (terre, eau) et contribue à la pollution (pertes de nutriments, substances écotoxiques). Toutes ces pressions ont, à leur tour, un impact sur la biodiversité qui se trouve à la fin de la chaîne de cause-à-effet des problématiques environnementales. D'autres modules sont en cours de développement pour élargir les objectifs de GLEAM à d'autres aspects environnementaux comme les nutriments, l'eau et la biodiversité. Le module sur la biodiversité utilise les informations détaillées et la modélisation déjà disponibles dans GLEAM concernant la contribution de l’élevage à l'utilisation des terres et aux émissions de GES. Ces contributions se traduisent par des impacts sur l'habitat et les changements climatiques - qui sont actuellement les deux facteurs les plus importants de la perte de biodiversité dans le monde - et finalement les impacts sur les espèces sauvages. A cette fin, des méthodes internationalement reconnues liant l'utilisation des terres et les changements climatiques aux pertes de richesse et d'abondance des espèces ont été adaptées au contexte de la production animale. Le module sur la biodiversité est en phase de finalisation et fournira une première évaluation de l'impact global de l’élevage sur la biodiversité. L'intégration au sein de GLEAM permettra de faire une analyse multicritère de la performance environnementale, révélant des compromis possibles et évitant, par exemple, l'adoption d'options d'atténuation des GES qui pourraient nuire à la biodiversité. Il soutiendra également l'étude des scénarios afin d'augmenter la productivité dans le secteur de l'élevage tout en atténuant l'impact sur le climat et la biodiversité.

Réduction du méthane entérique pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance

La FAO et l'Alliance Mondiale de Recherche sur les Gaz à Effet de Serre d’origine agricole collaborent sur un projet financé par la Coalition pour le climat et l'air pur dans trois régions et treize pays: Uruguay, Argentine; Éthiopie, Ouganda, Tanzanie, Kenya, Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, Bénin Bangladesh, et Sri Lanka.
L'objectif principal de ce projet est de répondre à la première partie de cette initiative qui est l'identification et la priorisation des interventions visant à réduire l'intensité des émissions du méthane entérique provenant des systèmes de ruminants. Cette analyse vise à informer où des mesures de réductions peuvent être effectuées et à explorer systématiquement les possibilités de réduction des émissions, dans le but de traduire les économies d'émissions en bénéfices directes pour les éleveurs.
Trois principales étapes méthodologiques ont été utilisées dans ce projet:

  1. Définition du scénario de référence. Ce scénario comprend la sélection et la caractérisation du système de production, l'estimation des émissions de GES et l'intensité des émissions, ainsi que l'identification des principaux facteurs influençant la faible productivité et l'intensité des émissions.
  2. Explorer le potentiel d'atténuation. L’identification des interventions spécifique au système accompagne des objectifs de développement visant à améliorer la productivité, en se focalisant sur les émissions du méthane entérique et l'évaluation du potentiel d'atténuation.
  3. Priorisation des interventions. La priorisation des interventions s'effectue en s'appuyant sur les résultats de la modélisation et l'analyse des coûts-bénéfices. Il évalue les impacts sur la productivité, la rentabilité potentielle pour les éleveurs en adoptant la mise en œuvre des interventions sélectionnées et identifie les obstacles à la mise en œuvre.

L'étude entreprend la modélisation biophysique et l'analyse de scénarios à l'aide de GLEAM, afin d'offrir une perspective large des opportunités et des objectifs potentiellement réalisables en termes de gains de productivité et de potentiel de réduction de l'intensité des émissions pour la filière de la viande bovine. L'analyse de scénario utilise les résultats de l'analyse biophysique combinée aux informations obtenues de la bibliographie, des études existantes et de l’opinion d’experts. Ces informations sont axées  sur les impacts potentiels de chaque intervention sur la performance et la production du troupeau pour évaluer les scénarios de réduction de l'intensité des émissions.

Le cas de l'Uruguay

Le système de bovin à viandes de l’Uruguay a été évalué pour l'ampleur des émissions de méthane entérique afin d’identifier des interventions effectives pour lesquelles les émissions du méthane peuvent être réduites. Ces réductions peuvent être significativement obtenues grâce à la combinaison de la gestion du troupeau et de la santé, des stratégies de gestion de la nutrition, de l'alimentation, et de la génétique. Cette étude estime un potentiel de réduction de 23% à 42% en intensité d'émission par rapport à l'intensité d'émission de référence. Spécifiquement, ce potentiel de réduction a été achevé en appliquant une combinaison d'interventions visant à améliorer la fertilité et le statut reproductif du troupeau (accouplement contrôlé et sevrage précoce); amélioration de la qualité et de la disponibilité de l’aliment (supplémentation hivernale et ensemencement des pâturages naturels avec les légumineuses). Avec cette intervention, la production (exprimée en poids vif) a augmenté de 80% par rapport à la situation de base. Pour plus d'informations, s'il vous plaît visitez le site Web.

Atténuation dans le secteur de la viande bovine en Uruguay. Ensembles d'options d'atténuation de l'intensité des émissions (saison d'accouplement définie, sevrage précoce, supplémentation hivernale, et ensemencement des pâturages naturels avec les légumineuses).

Améliorer l'efficacité du secteur laitier pour atténuer le changement climatique

Une nouvelle méthodologie, élaborée par la FAO et ses partenaires au Kenya, identifie pour la première fois dans la production laitière des domaines où la productivité peut être améliorée et les émissions de gaz à effet de serre réduites (par exemple en modifiant la composition des aliments ou les pratiques d’alimentation du bétail, ou encore la gestion du fumier), et détaille comment ces réductions peuvent être mesurées et déclarées. Cette méthodologie a été certifiée par Gold Standard, un organisme indépendant qui évalue les projets climatiques dans le cadre du Mécanisme de Développement Propre des Nations Unies et veille à ce qu'ils conduisent à de véritables réductions d'émissions. GLEAM a appuyé l'évaluation des options techniques, lors du développement de la méthodologie.

Propositions d'investissement pour un élevage climato-intelligent en Zambie

La FAO travaille en Zambie et au Malawi pour identifier, évaluer et développer des options adaptées aux changements climatiques. GLEAM a été utilisé pour analyser les profils d'émission, les options d'atténuation et des gains de productivité.

Élevage climato-intelligent en Equateur

Financé par le Fonds Mondial pour l'Environnement, le projet vise à développer les capacités et à favoriser l'adoption de meilleures pratiques, l'accès à de nouveaux marchés et la diversification du secteur de l'élevage en Equateur. Le projet est basé sur l'efficience de l’utilisation des ressources naturelles et la séquestration du carbone. GLEAM fournit l'analyse des profils d'émissions des filières d’élevage et l'évaluation des options pour augmenter la résilience et la productivité des systèmes.

Potentiel d'atténuation des émissions de gaz des terres dans les prairies au niveau mondial

En collaboration avec l'Université du Colorado et avec les modèles Century et Daycent, GLEAM a été utilisé pour évaluer le potentiel d'atténuation globale des différentes pratiques de gestion des prairies. Century et Daycent ont été utilisés pour calculer les changements dans les stocks de carbone du sol, les émissions de N2O dans le sol et les suppressions de fourrages par les ruminants associés à ces pratiques. Trois pratiques d'atténuation différentes ont été évaluées: amélioration de la gestion du pâturage, semis de légumineuses et fertilisation azotée

L'économie de la résilience dans les zones arides de l'Afrique sub-saharienne

La Banque Mondiale, la FAO et d'autres partenaires collaborent à un rapport phare sur la résilience dans les zones arides. L'élevage est le principal utilisateur de l'espace et moyen de subsistance dans ces régions. GLEAM a été utilisé pour modéliser le développement de l'élevage sous contraintes climatiques, pour évaluer les bilans fourragers et analyser le potentiel de l'élevage dans les zones arides pour répondre à la croissance de la demande projetée en Afrique.

AnimalChange

AnimalChange est un projet de recherche financé par la Commission européenne, rassemblant 23 partenaires d'Europe, d'Afrique et d'Amérique latine. Son objectif est de fournir une base solide pour évaluer l'avenir de l'élevage dans le contexte de changement climatique en améliorant les modèles, les outils et les politiques utilisées. La FAO a dirigé la composante 4 du projet, qui se concentrait sur les évaluations régionales et l’appui aux décisions politiques. GLEAM a été utilisé pour évaluer les émissions au niveau mondial et régional et pour estimer le potentiel d’atténuation.

Analyse coût-bénéfice de l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l'élevage

GLEAM a été utilisé pour tester une sélection d'options d'atténuation et estimer les coûts marginaux de réduction des émissions de GES dans le secteur de l'élevage des ruminants aux échelles mondiale et régionale. Des courbes de coût marginal d’abattement ont été calculées pour chacune de ces options, fournissant ainsi des informations sur les réponses d’abattement pour différents prix du carbone. GLEAM a été utilisé comme principal outil d'analyse pour évaluer les diverses options d’atténuations et pour intégrer des données de différentes sources sur les potentiels de réduction des émissions et les variables économiques. Les options de réduction les plus prometteuses ont été choisies en fonction de leur efficacité et de leur faisabilité.

Potentiel de réduction des émission de GES par élimination la trypanosomose dans les élevage bovins africains

SRUC, l’ILRI, l’Université d'Oxford, AP Consultants et la FAO travaillent ensemble pour quantifier les effets d'atténuation des GES grâce aux interventions contre la mouche tsé-tsé et la trypanosomose chez les bovins africains. GLEAM a été utilisé pour quantifier les effets de l’élimination de la maladie sur les GES et la production dans différents de systèmes de production. Les résultats indiquent que l'élimination de la trypanosomose peut réduire l'intensité des émissions (c’est à dire les kg de CO2 par kg de protéines comestibles) entre 2% et 8%, en fonction du système de production.

Lier GLEAM avec des modèles économiques pour soutenir la politique de GES en agriculture

GLEAM a été lié à un modèle économique agricole afin de quantifier l’efficacité économique de la réduction des émissions de GES par l'utilisation de la semence sexée dans les exploitations laitières écossais. Les résultats montrent que l'utilisation de la semence sexée peut réduire les émissions en augmentant la quantité de viande bovine à faible intensité d’émissions.