FAO.org

Accueil > En action > projects > Action contre la désertification > Bureau de presse > Detail FR

Action contre la désertification

“La restauration des terres est une question de vie ou de mort.”

Interview de Simone Borelli, Fonctionnaire Technique Principal, Action Contre la Désertification


16/04/2018

Addis Abeba - Simone Borelli est de retour d’une mission à Raya Azebo, dans la région du Tigré en Ethiopie, où il a pu constater comment la dégradation des terres affecte la vie des communautés rurales et comment les activités de restauration des terres du projet Action Contre la Désertification sont en train d’aider à améliorer leur environnement et moyens d’existence.

Qu’avez-vous pu observer sur le terrain?

Les terres de Raya Azebo sont sévèrement dégradées et ce qui reste de terre arable risque de bientôt disparaître au fur et à mesure que la pression de la population s’accroît. J’ai eu l’occasion de dialoguer avec un homme âgé possédant une parcelle de terre et quelques animaux pour subvenir aux besoins de sa famille. Il déplorait le fait que ce qu’il avait connu dans son enfance avait disparu. Les champs étaient verts, recouverts de végétation, les animaux étaient abondants, et l’on pouvait entendre l’eau couler des sources. A présent, Raya Azebo est devenu aride, ses terres dégradées et l’absence d’eau rend la vie de plus en plus difficile.

Quels sont les principaux facteurs de la dégradation des terres?

Avec une croissance constante de la population, les déboisements pour l’extension des terres agricoles ont été constants. De plus, les techniques de production des céréales ont conduit à des pertes en sol, tandis que le surpâturage a également contribué à la dégradation. Les vaches et petits ruminants entrent dans les cultures à la recherche de pâturages. Les sécheresses à répétition liées au changement climatique ont également contribué à rendre la situation environnementale désastreuse.

Pourquoi la restauration des terres est-elle si importante pour les communautés locales de Raya Azebo?

La restauration des terres est une question de vie ou de mort pour les communautés de Raya Azebo. Presque tous ses habitants ont l’agriculture comme moyen d’existence principal. Mais ils voient leurs terres s’épuiser et l’eau devenir plus rare de jour en jour. La restauration des terres est donc indispensable. Les sols sains captent et stockent l’eau de pluie, ce qui permet aux populations de faire pousser la nourriture dont elles dépendent.

Quelles sont les conséquences de la dégradation des terres pour les communautés?

La dégradation des terres est dévastatrice. En Ethiopie, elle est reconnue comme un des principaux freins à la croissance économique, et affaiblit la sécurité alimentaire. La dégradation des terres et la pauvreté sont étroitement liées dans les zones rurales, où les moyens d’existence dépendent de l’agriculture. Ceci peut pousser les habitants à abandonner leurs terres et à migrer afin d’avoir une vie meilleure.

Que fait Action contre la désertification en Ethiopie?

Grâce à sa longue expérience et à son expertise solide dans la restauration des terres et à la plantation dans les terres arides, Action contre la désertification appuie le gouvernement de l’Ethiopie dans ses efforts à renverser la dégradation des terres dans les régions d’Amhara, Afar, et du Tigré, où nous cherchons à restaurer 1 500 hectares de terres arides et semi-arides, ce qui va bénéficier à 250 000 personnes. 

Le projet promeut une approche de restauration intégrée des paysages à travers la plantation d’arbres au niveau des bassins versants, la conservation des eaux et des sols, la réhabilitation de terres boisées dégradées et la plantation d’espèces agroforestières et fourragères sur les terres agricoles et les fermes. Ces activités amélioreront les moyens d’existence des communautés à travers la production et la vente de produits forestiers non-ligneux.

Contexte

La dégradation des terres et la désertification affectent grandement les moyens d’existence et la sécurité alimentaire des agriculteurs et des éleveurs pastoraux des terres arides de l’Ethiopie. On estime que le pays perd chaque année 92 000 hectares les forêts et terres boisées et 2 milliards de mètres cubes de terres fertiles.

Un mauvais aménagement du territoire, des pratiques de gestion des terres inadaptées, la pression de la population, le surpâturage et la déforestation sont parmi les causes principales de la dégradation des terres en Ethiopie. De plus, le changement climatique amplifie la pauvreté et la faim. En 2016, l’Ethiopie a fait face à sa pire sécheresse en cinquante ans, et celle-ci a affecté plus de 10 millions de personnes.