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Action contre la désertification

Les femmes fidjiennes prennent l'initiative de faire revivre les arbres locaux

Le reboisement sur des terres dégradées habilite les communautés à promouvoir la culture et à protéger les services écosystémiques essentiels


20/05/2019

Nasavu, Fidji - Aujourd'hui, à Fidji, la dégradation des terres entraîne l'érosion annuelle de plus de 50 tonnes de terres par hectare, ce qui est quatre fois supérieur à la moyenne des zones tropicales. Cependant si vous interrogez Asinate Drauyawa Waqabitu sur la santé de la terre, la dirigeante du groupe de femmes du village de Nasavu dans la province de Bua, âgée de 56 ans, elle ne parlera pas du lessivage.

Asinate parle d'un arbre appelé sikeci en fidjien et Aleurites moluccanus en latin. La noix issue de cet arbre est utilisée pour produire une huile corporelle traditionnelle. Elle peut également être tissée pour créer artisanalement une vannerie, appelée salusalu en fidjien. Asinate parle également de l'arbre de vesi, qui porte le nom Intsia bijuga en latin. C’est un bois dur utilisé dans la construction de maisons et dans la fabrication de grands bassins pour la pratique traditionnelle de la dégustation de kava.

« Ces arbres sont importants pour notre identité et nous les perdons », dit-elle.

C’est pourquoi le groupe de femmes, qui compte 45 femmes âgées de 20 à 80 ans, a décidé de s’associer au projet Action contre la désertification (ACD) lorsque ses activités ont commencé à Fidji.

« Nasavu a été la première communauté que nous avons visitée », explique Moctar Sacande, responsable international du projet. Il est arrivé à Fidji en janvier 2017. « Nous avons obtenu l'autorisation d'utiliser des hectares de terrain communaux à des fins de démonstration et nous avons commencé à enseigner les techniques de pépinière et la production de plants. »

Le groupe de femmes s’est impliqué dans l’identification des plantes d’espèces locales en danger et a appris comment construire une pépinière pour les reproduire, comment les propager au mieux et comment les planter.

« Les consultations communautaires sont la première étape du processus qui guide les activités de restauration », précise Moctar Sacande, expliquant alors qu'Action contre la désertification place les communautés au cœur de la restauration des terres.

ACD travaille avec 64 communautés locales des Fidji pour restaurer les terres dégradées. En outre, ce projet promeut les produits forestiers non ligneux et renforce les capacités institutionnelles. Ce qui a commencé sur une petite parcelle à Nasavu a atteint plus de 1 000 hectares plantés pour leur restauration. Environ 60 000 plants de 38 espèces locales ont été utilisés, en plus de 32 cultures agricoles.

« La restauration aura de nombreux avantages pour les communautés rurales », a déclaré Maika Daveta, coordinateur national du projet ACD à Fidji. « Elles dépendent fortement des forêts et des terres pour une multitude de services écosystémiques, y compris pour l'eau potable, des médicaments, des matériaux de construction, ainsi que des aliments et des produits pour assurer leurs moyens de subsistance. »

Alors que l’accroissement de la population fidjienne s’est accompagné d’une augmentation des besoins en nourriture et en revenus, les gens pratiquent souvent une agriculture trop intensive et utilisent des terrains fortement en pente. Les besoins quotidiens ont supplanté la nécessité de gérer correctement les terres, explique Daveta.

Néanmoins des projets tels qu’Action contre la désertification aident à inverser la tendance en rassemblant les gens pour qu'ils comprennent les causes de la dégradation des terres et les moyens existants pour prendre des mesures collectives.

En effet, à Nasavu, le projet est devenu une affaire de communauté. Le village a consacré un jour dans la première semaine du mois pour que les hommes et les jeunes plantent de nouveaux plants, remplacent les plants morts ou éliminent les mauvaises herbes autour de ceux qui ont survécu. Les femmes se sont joint également.

« Traditionnellement, les femmes ne plantent pas », dit Waqabitu. « Mais sommes tous heureux de le faire parce que nous voulons laisser quelque chose pour nos enfants et nos petits-enfants avant de partir. »