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Le meilleur agriculteur de Morogoro

L’approche agroécologique du riz permet de nouveaux succès 

Eléments clés

La production rizicole en République-Unie de Tanzanie devient de plus en plus importante pour l'économie nationale. Elle est l’une des principales sources d’emploi et de revenu pour de nombreux ménages agricoles. Le riz est principalement produit par de petits exploitants agricoles. Bien que la Tanzanie satisfasse 98% de sa demande intérieure de riz, la productivité rizicole demeure faible dans le pays. Cette situation est exacerbée par les effets du changement climatique, la mauvaise utilisation des technologies améliorées, la faible implication du secteur privé dans la chaîne de valeur rizicole, la faiblesse des infrastructures d’irrigation, la participation limitée des jeunes dans l’agriculture et les connaissances limitées des petits exploitants agricoles quant à l’application de bonnes pratiques agricoles.

En Tanzanie, le riz est produit dans les zones de plaine et de montagne qui représentent un potentiel de 29,4 millions d’hectares de cultures de riz irriguées. Cependant, seulement 461 326 hectares de ces terres sont actuellement exploités pour la production rizicole.

 

Grâce au gouvernement vénézuélien, la FAO a mis en œuvre le Projet Partenariat pour le développement de systèmes rizicoles durables en Afrique, ce qui a facilité l'introduction du Système de riziculture intensive (SRI) en réponse aux contraintes actuelles. Le SRI modifie la gestion de l’agronomie, de l’eau et des nutriments du riz, améliorant ainsi sa productivité. Les techniques du SRI encouragent l'utilisation d'un plus grand espacement entre les semis, permettant ainsi d'utiliser moins de semences et moins d'eau. Le projet est mis en œuvre dans trois districts - Kilombero, Kilosa et Mvomero – situés dans la région de Morogoro et couvre cinq périmètres d'irrigation.

 

Godfrey Joseph Pascal est l'un des 150 jeunes formés au Système de riziculture intensive (SRI) par la FAO et le gouvernement de la République-Unie de Tanzanie. La productivité rizicole en Tanzanie est inférieure à celle de la plupart des pays voisins. Elle est aussi l’une des plus faibles au monde. La production rizicole dans le pays représente de plus en plus une source majeure de nourriture, d’emplois et de revenus pour de nombreux ménages agricoles, ce qui en fait un élément important de l’économie. Pourtant, le pays dépend encore des importations de riz.

Godfrey est originaire du district de Kilosa, l'un des trois districts de  la région de Morogoro en Tanzanie où le SRI est mis en œuvre dans le cadre du Partenariat pour le développement de systèmes rizicoles durables en Afrique. Ce projet vise à accroître la production et de la productivité du pays de deux manières.

Avant la formation sur le SRI, Godfrey n'avait jamais reçu d’éducation formelle en agriculture et suivait le chemin de ses parents qui pratiquaient l'agriculture de subsistance traditionnelle.

«J'ai été très heureux d’être sélectionné pour la formation. Je sais qu'il y avait beaucoup de jeunes de mon district qui désiraient fortement bénéficier de cette opportunité», dit-il.

Pour Godfrey, la formation à l'Institut de formation des agriculteurs de Mkindo fut une révélation. Le programme lui a permis de découvrir des méthodes agricoles modernes qui accroissent la productivité et la production. Godfrey a pu découvrir le SRI, une méthode agricole qui permet d’accroître les rendements de riz tout en utilisant moins d’eau, des surfaces agricoles plus petites et moins d’intrants (semences). 

Déterminé à utiliser les nouvelles compétences et les bonnes pratiques agricoles acquises au cours de la formation, Godfrey est rentré chez lui pour transformer sa petite exploitation de 1,5 hectare. «J'ai appris à sélectionner les meilleurs semences, à espacer correctement les plants de riz, à désherber au moment opportun et à utiliser des engrais pour obtenir les meilleurs résultats possibles», raconte-t-il convaincu.

Les rendements de Godfrey avant la formation étaient de l’ordre de 8 à 20 sacs de riz. Après avoir adapté la méthode SRI dans son exploitation agricole, il a obtenu 52 sacs. Godfrey a vendu sa récolte pour un total de 2500 dollars EU (5 200 000 TSh). La différence de résultat était significative et a impressionné presque tout le monde autour de lui, y compris ses proches.

«Ils avaient du mal à croire que c'était le résultat de la formation que j’avais reçue. Ils pensaient même qu’il s’agissait de sorcellerie. Certains de mes voisins, des membres de ma propre famille, m'ont accusé d'avoir volé du riz dans leurs fermes pendant la nuit!», raconte Godfrey, en se remémorant cet incident.

Finalement, Godfrey a convaincu les personnes de sa communauté que ces résultats étaient le fruit d’une nouvelle façon de travailler et qu’ils devraient également l’essayer au sein de leurs exploitations agricoles.

Tatu Kachenje, fonctionnaire chargé de l'Agriculture, de l'Irrigation et des Coopératives dans le district de Kilosa, déclare: «Nous les avons convaincus d'essayer le SRI également dans leurs exploitations. Peu à peu, certains ont commencé à modifier leur façon de travailler. Aujourd’hui, plus de 80% des agriculteurs du village d'Ilonga d'où est originaire Godfrey pratiquent le SRI. Il est devenu l'un des principaux agents de changement dans sa communauté.»

Les autorités du district de Kilosa ont été impressionnées par les efforts déployés par Godfrey et ont en conséquence facilité sa participation au Morogoro Regional Nane Nane, la Journée des agriculteurs en Tanzanie. Il a gagné le Prix du meilleur agriculteur du District de Kilosa et de l’ensemble de la région Morogoro et s’est vu décerné un prix d’environ 650 dollars EU (TSh.  1,5 million de TSh) ainsi qu’une parcelle de terre de 10 hectares.

Il a utilisé cette somme ainsi que l’argent obtenu grâce à sa première récolte exceptionnelle pour acheter des terres afin d’étendre ses activités agricoles et de construire une nouvelle maison. «J’ai réussi à payer les frais de scolarité de mes enfants et à prendre une assurance maladie pour ma famille. J’ai également construit une nouvelle maison, qui est aujourd'hui occupée par un locataire. J'ai aussi une autre maison qui va bientôt être terminée», dit-il en souriant.

Le projet SRI est financé par le gouvernement du Venezuela dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Le projet vise à accroître la production et la productivité durables du riz en encourageant l’adoption des meilleures pratiques et en développant des modèles agro-industriels tout au long de la chaine de valeur du riz.

 

 

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