1. Stockage et protection des denrées en Afrique et à MadagascarTable of COntents3. Le Réseau d'Information sur les Opérations Après-récolte

2. Les locaux et récipients de stockage traditionnels en Afrique et à Madagascar

Jeannette Elysée Ravololonandrianina1 et Gaston J. Alexandre Rabeatoandro2 

 

Résumé

Depuis des temps immémoriaux, les paysans étaient conscients des problèmes posés par la conservation des produits alimentaires. La non acquisition des connaissances techniques approfondies ne les a pas empêchés de trouver diverses méthodes adéquates pour la conservation de leurs produits.

Aussi, plusieurs types d’installations et de récipients de stockage ont été inventés dont la spécificité dépend de plusieurs facteurs, entre autres, les conditions climatiques, les matériaux disponibles sur place, la quantité et la qualité des récoltes à stocker.

En Afrique et à Madagascar, on distingue deux grandes catégories de structure d’entreposage :

A Madagascar, les différentes sortes d’installations et de récipients traditionnels observés dans les six régions sont présentées tandis que, pour l’Afrique, quatre pays, à savoir Togo, Niger, Bénin et Mali, sont pris comme exemples type, vu le nombre limité des ouvrages que nous avons pu consulter.

 

Summary

Traditional storage rooms and containers in Africa and Madagascar

From time immemorial, farmers have been aware of the problems posed by the preservation of foodstuffs. The lack of in-depth technical knowledge has not prevented them from making use of various suitable methods for storing their produce.

Several types of storage facilities and containers have been devised the specificity of which would depend on various factors, including climatic conditions, locally available materials and the quantity and quality of crops to be stored.

There are two major categories of storing structure in Africa and Madagascar, i.e.

The different kinds of traditional facilities and containers as seen in the six provinces of Madagascar are hereby depicted while for Africa, four countries, i.e. Togo, Niger, Benin and Mali are given as standard examples in view of the limited literature that we could refer to.

 

Introduction

Un des problèmes qui préoccupent le monde rural et les agriculteurs en particulier est la conservation des produits agricoles résultant de plusieurs mois de labeur.

Après la récolte, les paysans amènent une partie de leur production au marché pour satisfaire certains besoins pécuniaires. Mais la plus grande partie de leur récolte est conservée pour assurer l’alimentation de la famille pendant une durée assez longue, du moins durant la prochaine période de soudure ("Mitsinjo vody andro ho merika"), comme disent les malgaches.

Le riz, le maïs, le niébé, le haricot, le sorgho, le mil, pour ne citer que cela, sont les produits les plus importants que les paysans, aussi bien africains que malgaches, conservent pendant plusieurs mois dans des récipients et édifices de différentes formes, construits avec des matériaux locaux et adaptés selon les conditions climatiques de chaque région.

Sans avoir acquis des connaissances techniques approfondies, les agriculteurs africains et malgaches se basaient sur leurs expériences et se transmettaient de père en fils les moyens de stockage découverts par leurs aïeux, tout en sachant que telle ou telle récolte céréalière ne peut se conserver qu’à l’état sec, tandis que les plantes tropicales, par exemple, le manioc, l’igname, sont sans exception des produits facilement périssables.

Aussi, différents systèmes d’entreposage sont-ils rencontrés dans le monde rural, africain et malgache, et qu’on peut classer en deux catégories bien distinctes, avec des exemples à l’appui :

Le système de stockage fermé

  1. Le Banco est construit avec des pierres de latérite enduites d’argile, ou de l’argile ou terre battue mélangée avec de la paille hachée. Ce système est le plus répandu surtout dans les zones arides africaines.

  2. Le " Lavabary " est un grenier souterrain rencontré sur tous les plateaux malgaches.

Le système de stockage ouvert

  1. Les greniers Cribs sont rencontrés dans les zones climatiques chaudes et humides en Afrique, car leur construction est adaptée à la forte humidité de l’air : la libre circulation de l’air procure au stockage une bonne condition de séchage. Les céréales stockées sont en général non battues, et le stock y reste entre 6 et 12 mois.

  2. Les Meules sont remarquées dans les grandes zones rizicoles comme l’Alaotra, Moramanga et l’Ankaizina. La récolte n’est pas encore battue. Les meules installées dans les rizières asséchées y séjournent 50 à 90 jours.

Les différents types de locaux et récipients de stockage en Afrique et à Madagascar seront présentés d’une manière plus ou moins détaillée. Mais, auparavant, il est à souligner que, vu le nombre d’ouvrages assez limité que nous avons pu dépouiller sur l’Afrique, nous avons pris, comme exemples type, quatre pays qui sont le Togo, le Niger, le Mali et le Bénin.

 

Les différents systèmes de stockage traditionnels

En Afrique

Le système de stockage fermé

C’est un des systèmes les plus répandus dans les zones arides africaines. Plusieurs formes sont rencontrées allant des petits récipients en forme d’urne aux grands silos de type Banco, en passant par les fûts métalliques, les récipients en bois et les aménagements souterrains.

La petite jarre est en terre cuite avec de l’argile, servant à la conservation de semences de céréales ou de légumineuses et quelquefois à stocker la réserve de consommation familiale. On la rencontre presque partout en Afrique.

Avantages:

Inconvénients:

Figure 1. Petite jarre

La calebasse est une cucurbitacée séchée et vidée pour conserver les semences de légumineuses. Elle est généralement placée près du foyer ou suspendue dans un coin de la cuisine et est utilisée presque partout en Afrique

Avantage:

Inconvénient:

Figure 2. Calebasse

Le pot en terre cuite a les mêmes caractéristiques que la petite jarre, mais son ouverture est assez grande. Il est utilisé sans couvercle pour le stockage de courte durée. Et dans le cas de conservation à long terme, il en est pourvu.

Figure 3. Pot en terre cuite

Le récipient en bois façonné est utile surtout pour la conservation à très peu de temps de la réserve familiale. Il est rencontré également un peu partout.

Avantage:

Inconvénient:

Figure 4. Bois façonné

Le bidon métallique oufût sert pour le stockage des semences et de la nourriture de la famille.

Avantages:

Inconvénient:

Figure 5. Fût métallique

Figure 6. Bidon métallique

Le silo-fosse est un trou creusé dans le sol visible surtout au Togo pour la conservation des ignames. De forme cubique, l’ouverture est aussi grande que le fond.

Avantage:

Inconvénient:

Le Kpéou est une construction en argile et terre battue de moyenne taille avec trois supports également en terre battue, reposant sur de grosses pierres. La toiture est conique et pointue faite en chaume, et il est rencontré au Togo. Le Kpéou sert à la conservation des cossettes de manioc.

Avantage:

Inconvénient:

Figure 7. Kpéou (manioc)

Le banco est une construction de grande capacité en terre battue avec un gros pourcentage d’argile, souvent mélangée avec de la paille hachée ou édifiée avec des pierres enduites d’argile. Ces greniers sont érigés sur de grosses pierres qui les protègent de l’humidité remontant du sol et qui leur servent de socle. Les bancos sont utilisés par les agriculteurs de grande envergure. Ils sont recouverts par une toiture de paille, et les céréales y sont stockées après battage.

Avantages:

Inconvénients:

Figure 8. Type de banco

La fosse souterraine est un grand trou aménagé dans le sol avec une ouverture ne pouvant laisser passage qu’à une seule personne. Ce type de stockage est présenté comme une méthode d’avenir pour la conservation des céréales dans certains pays d’Afrique à très faibles précipitations annuelles, étant donné que l’humidité peut facilement gagner la denrée à travers les parois de terre ou par la nappe phréatique dans les régions humides.

Avantages:

Inconvénients:

Figure 9. "Lavabary" ou fosse souterraine

Ces différents types de greniers présentent encore d’autres avantages et inconvénients:

Avantages:

Inconvénients:

Le système de stockage ouvert

Dans tout le continent, ce système de conservation est plus utilisé et plus facile à réaliser. Les matériaux sont trouvés sur place ne demandant pas trop de dépenses supplémentaires. On les trouve surtout dans les zones climatiques chaudes et humides, car leur construction est adaptée à la forte humidité de l’air qui exige une libre circulation à travers le stock. Celui-ci reste entre 6 et 12 mois, et la récolte n’est pas encore battue.

Le crib est une sorte de grenier de forme rectangulaire et de dimension variable, ouvert de tous les côtés, avec une plate-forme montée sur des pilotis. Les épis sont entourés de grillage ou d’une paroi réalisée avec des végétaux, et couverts par un toit de paille ou de chaume.

Figure 10. Crib

Dans les endroits humides avec peu de vent, on construit des cribs très étroits, à 1 m de largeur, afin que le maïs soit bien ventilé.

L’Ebliwa se rencontre au Sud-Ouest du Bénin et au Togo. C’est une sorte de crib sans paroi murale. Les épis de maïs sont empilés avec soin sur une plate-forme, et les couches sont maintenues rigides par des lianes. Le tout est recouvert par un toit de paille qui les protège de la pluie.

Figure 11. Ebliwa

Ago - zinho - ava sont des corbeilles situées à 80 cm du sol sur un bloc de pierre et maintenues par des piquets de bois. Elles sont construites avec des feuilles de palmiers tressées avec des lianes ou avec des lattes de bambous selon les régions. Un toit de paille recouvre l’ensemble des stocks. Ce type de grenier se rencontre surtout au Togo.

Figure 12. Ago - zinho - ava

Le katchalla est constitué de bois et de paille. Ce grenier à forme ovoïde est stabilisé dans sa position par des piquets de bois. L’ouverture fermée par un toit de paille se trouve au sommet. Le katchalla sert à la conservation des cossettes de manioc au Togo (26 % de la production).

Figure 13. Katchalla

Le tonneau est construit sur une plate-forme basse, comparée à un tonneau de grande capacité, d’où son nom. Il comprend un cadre de bois tendu par des nattes tressées. Ouvert à sa partie supérieure, il est fermé par un toit conique en chaume ou en paille d’Imperata cylindrica. Souvent, il mesure plus de 2 m de haut et peut contenir jusqu’à 3 t de denrées.

Figure 14. Tonneau

Le perroquet ou Jeba est un piquet de bois avec une branche en forme de Y sur laquelle sont suspendus les épis de maïs reliés par des spathes ou les panicules de sorgho pour une durée indéterminée. Ce type de stockage est particulièrement rencontré au Sud de Madagascar.

Figure 15. "Jeba" ou Perroquet

L’échafaudage ou la perche est constitué de plusieurs piquets de bois reliés par des traverses sur lesquelles sont placés les épis de maïs ou de millet.

L’arbre vivant ou mort est une sorte de perroquets situés près des champs pour les céréales ou les ignames liés en tresse.

La charpente des cases sur laquelle les maïs ou les sorgho sont accrochés en attendant la cuisson ou la prochaine campagne.

Le toit des maisons sur lequel les maïs despathés ou les sorgho sont placés, donnant à la case un aspect coloré.

Le sol des cases dans lequel les panicules sont stockées sans soin particulier.

Le sol rocailleux dans lequel les maïs non despathés sont stockés pendant l’Harmattan en Afrique subsaharienne, pour être protégés contre les termites. Il est surtout pratiqué en République Populaire du Bénin.

Comme dans le chapitre du stockage fermé, ces installations du type ouvert ont également leurs avantages et leurs inconvénients :

Avantages:

Inconvénients:

Observations et perfectionnement

Les greniers à système fermé

  1. Les bancos ou installations similaires résistent mal à la pluie, si bien que des lézardes se forment sur les parois en saison sèche. De plus, des infiltrations d’eau sont constatées au moment des averses même si la toiture est bien faite. Les parois doivent être enduites d’une couche d’argile des termitières aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. La toiture en paille doit être épaisse et dépasser de plusieurs décimètres les parois des murs afin d’éviter l’écoulement des eaux de pluie.

Le Mali, par l’intermédiaire de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), a amélioré les bancos même si c’est construit avec le système traditionnel. Ces bancos sont appelés greniers améliorés.

Des ouvertures y sont pratiquées pour faciliter les techniques de protection, et une chambre d’air est respectée au-dessus des denrées pour éviter tout risque d’éclatement de l’édifice. Ces greniers sont hermétiques et permettent d’effectuer des traitements par fumigation (Goita, 1992).

Ces améliorations n’étaient pas adoptées par les paysans. Dans le milieu rural, il n’y a pas de fumigants (manque de produits, danger pour les paysans).

  1. Les fosses souterraines, qui sont présentées comme une méthode d’avenir pour la conservation des céréales, peuvent facilement être humidifiées par l’infiltration d’eau de pluie ou de la nappe phréatique (Fig. 9). Un dôme de dimension plus grande que celle de la base de la fosse doit être aménagée au-dessus de l’ouverture pour faciliter l’écoulement des eaux. Les parois et la base doivent être couvertes d’une couche d’argile des termitières pour étancher le grenier.

Les greniers à système ouvert

Le Togo a érigé les cribs sur une surface bien débroussaillée. Ils sont bien orientés selon le sens du vent et dotés de système anti-rat

 

Locaux et récipients de stockage traditionnels à Madagascar

Les paysans malgaches ont conçu quatre méthodes principales et distinctes pour conserver les produits de récolte.

Sur les Hauts-Plateaux et dans la région du Nord-Ouest, habituellement la maison d’habitation se trouve à l’étage, et l’emplacement des denrées au rez-de-chaussée avec une seule ouverture à partir du plancher de l’étage supérieur. Quelquefois, un escalier en terre généralement en deux volées, recouvertes de dalles de pierre, permet d’accéder à l’étage et cache sous le palier intermédiaire le silo à riz construit au-dessus du poulailler. Et, dans certains cas, le grenier est aménagé sous l’échelle ou l’escalier dans la pièce d’entrée de la maison au rez-de-chaussée.

Figure 16. Vue éclatée d’une maison traditionnelle sur les Hauts-Plateaux malgaches
(d’après J-L. Acquier / H. Ranaivo, "Architectures de Madagascar")

Les différents types d’installation de stockage

Les greniers montés sur pilotis

C’est une case montée sur pilotis de 2 à 5 m de hauteur, fabriquée exclusivement avec des matériaux locaux. Ce type de grenier est observé un peu partout dans l’Ile, et la dénomination varie suivant les régions.

  1. Dans le nord, il est dénommé Riha. Le mur est en bambous tressés ou en tolanala, issu de ravinala, la toiture en feuilles de ravinala et le plancher en rapaka; (stipes aplatis de " ravinala ou de cocotier). L’accès à l’intérieur se fait par une échelle amovible.

Figure 17. "Riha"

  1. Sur toute la côte Est allant de Maroantsetra à Taolagnaro, il est dénommé Tohatra ou Tranoambo. Les murs sont en bambous tressés ou en feuilles de raphia ou en madriers alternés de planchettes, la toiture en feuilles de ravinala ou en chaume ou en bambou et le plancher en rapaka. Il n’existe qu’une seule ouverture, et l’accès à l’intérieur se fait par une courte échelle (tohatra).

Figure 18. "Tohatra"

  1. Sur la côte Ouest, ils sont appelés Rihambary. Les murs sont en planches de bois ou en côtes de raphia ou en feuilles de satrana (Iphoenea satrana), la toiture également en feuilles de satrana ou en bozaka.

Les Rihambary sont parfois compartimentés en deux : le premier pour les semences et le second pour le stock d’autosubsistance familiale.

Figure 19. "Rihambary"

Les quatre pilotis munis chacun de garnitures métalliques, des cercles de bois ou des lianes fines aux épines acérées, qui empêchent les rongeurs d’accéder aux grains, servent de piliers d’angles.

Plan d’un village de la côte Est - Remarquer l’emplacement des greniers sur pilotis.(d’après J-L. Acquier / H. Ranaivo, "Architectures de Madagascar")

Figure A

  1. Sur les Hauts-Plateaux, les greniers sont dénommés Tranoavo dans la région de l’Imerina et ompitra ou Tobimbary dans la région du Betsileo. Là, les murs sont en briques crues ou cuites ou en terre battue ou en bambous tapissés de terre, le plancher en bois et nattes, et la toiture souvent en bozaka ou en chaume. Quelquefois, le dessous du Tranoavo est aménagé en poulailler ou en porcherie, et des systèmes anti-rongeurs constitués par des plaques ou des cercles en fer blanc ou des cercles de bois sont installés à mi-hauteur des piliers.

Paddy, haricot, maïs, arachide, vouandzou et manioc sec sont les principaux produits stockés dans ce premier type de grenier.

Le grenier de type Riana dans le Nord-Ouest ou Tranombary ou Sompitra sur les Hauts-Plateaux et dans la région d’Ambatondrazaka.

Il s’agit de construction de taille plus grande que les greniers sur pilotis. Le plancher, surélevé de 20 à 30 cm du sol, est en bois ou en roseaux. Les murs sont en briques ou en bambous enduits de terre battue. Les toits sont en bozaka ou en satrana ou en chaume suivant les régions.

Ce type de grenier peut avoir une ou deux ouvertures à deux niveaux différents. L’accès à l’intérieur se fait également par des escaliers amovibles.

Figure 20. "Riana tany"

Figure 21. "Tranombary"

Figure 22. "Tranombary" en coupe

Riz, maïs, arachide et manioc sont conservés principalement dans les Tranombary.

Le grenier souterrain dénommé Lavabary ou Adimbary pratiqué surtout sur les Hauts-Plateaux

Ce type de grenier est visible dans presque tous les villages merina et betsileo. C’est une fosse de 2 à 2,5 m de profondeur à l’intérieur même de la maison ou bien à l’extérieur. Le diamètre à la base est de l’ordre de 2,5 m. L’ouverture circulaire a un diamètre pouvant laisser passer une personne (voir Figure 9).

Après remplissage, on ferme l’ouverture avec une plaque de pierre. Des herbes sèches ou de la paille servent de joint d’étanchéité. Le contour de la pierre est scellé avec de la bouse de vache. Puis, on couvre le tout de terre en dôme. Comme son nom l’indique, le paddy est le seul produit conservé dans les lavabary.

Actuellement, on utilise de moins en moins ces greniers souterrains, et le paddy est stocké à l’intérieur de la maison, en général sous l’escalier.

 

Récipients de stockage

Des récipients de stockage de formes et de tailles très variées sont utilisées ou confectionnées par les paysans suivant leur conception et suivant les régions. Sept types de récipients sont les plus utilisés:

  1. Le Lotsatsaquot;, utilisé couramment pour la conservation de manioc sec découpé ou non dans la région du Nord-Ouest, est un récipient en forme de demi-tonneau, fabriqué avec les nervures principales de raphia attachées les unes aux autres à l’aide des fibres de la même plante. Le produit conservé dans les lotsatsa est le manioc sec découpé ou non.
  2. Figure 23. "Lotsatsa"

  3. Le Volovary, qui est spécifique de la côte Est, est un récipient circulaire en joncs assemblés par des lianes et renforcés extérieurement par des ceintures de cordage tous les 30 ou 40 cm. Le tout est posé sur un tapis de paille doublé de natte.En cas de mauvaise finition qui laisse passer les graines, on tapisse de bouse de vache la face interne du récipient. Le paddy est le principal produit conservé dans ce type de récipient.
  4. Figure 24. "Volovary"

  5. Le Taboara, dans la région Sud, est une sorte de calebasse dont la partie supérieure est découpée, et la calotte est conservée comme bouchon de fermeture. Il est utilisé pour conserver les semences.
  6. Figure 25. "Taboara"

  7. La Dame Jeanneest un récipient en verre enfoui généralement dans le sable pour le stockage de longue durée de semences. Il est à remarquer que ce type de récipient est importé pendant la colonisation (vin, huile et autres liquides).
  8. Figure 26. Dame Jeanne

  9. Le bidon de pétrole vide ou daba est utilisé pour conserver les semences et le maïs grain (Voir Figure 6).
  10. Le fût dont l’une des extrémités ouverte, recouverte par un sac de jute tendu puis teinturé (Voir Figure 5).
  11. Les nattes ou Tsihibe ou Tsihimbary ou Haronana suivant les régions sont larges, enroulées et cousues aux deux extrémités. Le fond rond est également en nattes. L’ensemble prend une forme cylindrique.
  12. Figure 27."Tsihibe"

    Figure 28."Tsihimbary"

Le riz, le maïs, le manioc, découpé ou non, et tous les grains secs sont les principaux produits conservés dans les nattes cousues.

 

Les meules

Ce sont des installations observées particulièrement dans les régions d’Ambatondrazaka, de Moramanga-Amboasary et dans les plaines de l’Ankaizina.

Dans le pays Sihanaka, les meules sont cylindriques. Et chez les Bezanozano (Moramanga-Amboasary), elles sont parallélépipédiques.

Un matelas de paille sèche, épais et d’une superficie plus grande que la base de la meule à édifier évite le contact direct des graines avec le sol.

Les bottes sont placées les unes sur les autres, les épis à l’intérieur. La meule cylindrique se termine en cône pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie.

Observations sur les différents systèmes de stockage

A travers la description des différentes méthodes de stockage traditionnelles à Madagascar, nous avons pu constater que les paysans malgaches arrivent à conserver tant bien que mal leurs produits en ayant recours à des procédés très simples et en utilisant les matériaux qu’ils trouvent sur place. Cependant, il faut avouer qu’il y a quand même quelques imperfections, lesquelles demandent une certaine amélioration de la part des paysans même.

Voici quelques observations sur les différents types d’installation:

L’unique ouverture de l’édifice n’est pas suffisante pour provoquer des courants d’air, capables d’évacuer l’excès d’humidité dans le local.

Ce type de grenier, du fait de sa structure même, est sujet à des dégâts importants des rats. Et même si les paysans mettent des systèmes anti-rongeurs sur les quatre coins de la maison, les rats parviennent toujours à s’introduire en creusant des galeries sous les murs.

Comme mentionné dans le cas du grenier Tranombary, l’unique ouverture favorise le manque d’aération qui permet le maintien, voire l’augmentation de l’humidité dans le grenier.

L’aménagement d’un poulailler ou d’une porcherie au-dessous du Tranoavo facilite l’accès des rongeurs dans le grenier. De plus, le dégagement d’une mauvaise odeur ainsi que l’humidité engendrée par cet élevage nuisent beaucoup à la conservation des grains.

 

Conclusion

Les systèmes de conservation traditionnels des denrées en Afrique et à Madagascar présentent beaucoup de similarités. Des échanges de méthodes sont envisageables pour les deux pays. Elles devront être renforcées par l’apport des techniques modernes pour améliorer de façon uniforme les types de greniers aussi bien ouverts que fermés.

Figure 29. Meule type Sihanaka

Figure 30. Meule type Bezanozano

L’exemple du Mali, pour les bancos, ou du Togo, pour les cribs, demande une vulgarisation stricte de la part des techniciens pour tout le continent africain, même dans les zones tropicales, et pourquoi pas à Madagascar.

Tout cela requiert du personnel qualifié pour mener à bien la sensibilisation, la formation des groupements de paysans, l’application des techniques modernes en matière de protection des denrées.

Il va sans dire que de telles actions ne pourraient être réalisées à bon escient tant qu’il n’y ait pas de collaboration étroite entre les différents partenaires, à savoir les différentes directions du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MADR), les opérateurs économiques, les Organisations Non gouvernementales (ONG), la Recherche, sans oublier les paysans qui sont les premiers concernés. L’objectif principal est "non seulement de pouvoir produire, mais également de savoir conserver."

 

Bibliographie

Acquier, J.-L., Ranaivo, H. 1992. Architectures de Madagascar; 185 p. Ed. Berger-Levrault Arthaud, Nancy, France.

Andriantsileferintsoa, V. D., 1992. Rapport d’enquêtes dans tout Madagascar. Projet DPV/GTZ, Ministère de l’Agriculture.

Goïta, B., 1992. Communiqué de stage. Septembre 1992, Niamey, Niger; 12 p.

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Knoth, J., 1993. Stockage traditionnel de l’igname et du manioc et son amélioration.

MADR, DPV/GTZ, MRAD, PLI. Calendrier de la Protection des Cultures.

Ouessou, L., 1992. Communiqué de stage. Septembre 1992, Niamey, Niger; 18 p.

Raniriharinosy, D., 1974. Le stockage des récoltes chez les paysans à Madagascar.


1Service de la Surveillance Phytosanitaire du Territoire National (SSPTN)
2Section denrées stockées au SSPTN

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