4. Directives pour l'Analyse des Systèmes de Post-productionTable of Contents6. Magasins de stockage de taille moyenne. Principes de construction d’hygiène et de gestion

5. Les greniers de la côte Est dans le passé et le présent

Mamitiana Juscelyno Jaonina*

 

Résumé

Les différents types de greniers à riz varient d’une région ethnique à l’autre. Ainsi, cet exposé donnera des informations sur:

 

Summary

Granaries of the East Coast in the past and at present

The different types of rice granaries vary from one ethnic area to another. Information will be given in this paper about:

 

Introduction

Les greniers à riz sur la côte Est diversifient d’une région à l’autre suivant la région ethnique et le mode de production agricole. Autrefois, la grande famille avait joué un grand rôle dans la production agricole. Par exemple, la répartition des tâches est en fonction de l’âge, d’où le proverbe malgache: Manana zandry afaka olana entana, manana zoky afaka olan-teny(traduction libre qui ont des cadets n’ont pas de problèmes pour porter les bagages et ceux qui ont des aînés (adultes) n’ont pas de problèmes pour faire le discours).

Actuellement, cette grande famille disparaît petit à petit à cause de l’évolution de la structure sociale, du changement de mode de production et surtout du changement de l’économie de subsistance en économie de marché.

Successivement, les types de greniers à riz dans le passé, ceux qui existent actuellement suivant les régions et quelques possibilités d’amélioration seront donnés ci-dessous.

Dans le passé, dans la région d’Ambatondrazaka, le grenier à riz commençait après la mise en meule. Celle-ci avait pour but de diminuer le taux d’humidité et de regrouper la récolte. Suivant les cas, les meules étaient cylindriques pour la région d’Ambatondrazaka, parallélipédiques pour les régions de Moramanga et d’Amboasary.

Il existe trois types de greniers à riz dans ces régions, appelés Tranombary, sihimbaryuot; et Lavabary où les paysans stockent leur paddy déjà séparé de l’épi (battu).

Pour la région littorale Est, le grenier est d’une construction rapide avec des matériaux de la région. On les appelle Tohitra (ce qui veut dire grenier, stock, ruches pour les abeilles) ou Tranoambo. C’est une case montée sur pilotis (d’où le nom Tranoambo) de 2 à 3 m de hauteur, protégée par des cercles de bois contre les rongeurs. La toiture est en feuilles de ravinala (Ravenala madagascarensis) ou en bozaka ou en bambou ou en chaumes de riz.. Les murs sont en baobaoquot; (nervures principales de feuilles de raphia) ou en falafa (pétioles séchés de feuilles de vinalaquot;). Le plancher est en apaka (stipes aplatis de avinala ou en bambou aplati). Une petite fenêtre sert de porte d’entrée faite encore en alafaou en bambou. Une petite échelle est nécessaire pour accéder à l’ouverture.

La récolte du riz se fait épi par épi au fur et à mesure de la maturité des grains dans les cultures de brûlis ou tavyquot; (Fig. 1).

Figure 1. Récolte du riz épi par épi

La récolte est transportée dans des soubiques de forme originale pour chaque région, séchée puis stockée dans le grenier. Normalement, les paysans épuisent leur stock dans trois à six mois après la récolte pour entamer la nouvelle campagne agricole. La jachère est obligatoire pour le tavy. Les paysans sont obligés de changer de parcelle, et ils délaissent complètement le grenier et leurs petites cases, d’où la justification d’utilisation des matériaux de construction simple qui ne durent pas. L’emplacement du grenier se trouve dans la parcelle de culture ou hameau construit pas loin de la parcelle ou source d’eau (Fig. 2).

Figure 2. Traditionnellement, les greniers du riz se trouvaient dans ou près des champs

C’est à peu près les types de grenier dans lesquels tous les produits stockés sont destinés à être consommés mais non à être commercialisés.

Maintenant, nous allons voir les types de grenier utilisés actuellement par les paysans répondant à l’économie de marché.

Sur les régions du Lac Alaotra et de Moramanga, il y a une augmentation de rendement à cause de l’intensification de la riziculture. La quantité de paddy à stocker avait augmenté par rapport au temps passé, mais l’insécurité ne le permet pas de garder trop longtemps en meules dans le champ, d’où la tendance des paysans à transporter la récolte le plus vite possible au village ou près du village dans une aire de battage. Mais cela nécessite des moyens de transport, comme l’utilisation des charrettes. Lorsque les paysans trouvent des collecteurs qui achètent à un prix acceptable, ils liquident immédiatement leur stock pour ne pas se heurter au problème de stockage. Pour l’autoconsommation, le paddy est mis en sac plastique ou en jute:

La capacité de stockage est réduite par rapport au temps passé du fait de la disparition de la grande famille et de la mise en vente directe de la production.

Récemment, du coté de Manakambahiny Est, il y avait apparition de greniers communautaires villageois (GCV) encadré par les organismes de développement rural où les normes de condition de stockage sont plus ou moins suivies.

Sur le littoral Est, l’apparition de culture de rente (café, girofle, vanille, etc.) et la destruction de la couverture végétale naturelle apte aux cultures itinérantes avait diminué la pratique du tavy.

Par contre, dans les cinq dernières années avec le désordre du marché de la culture de rente, accentué par la fluctuation de prix, les paysans s’orientaient vers la riziculture avec les contraintes d’aménagement hydroagricoles des vallées et les petites plaines côtières.

Tout cela c’est pour expliquer le déplacement de l’installation du grenier de la parcelle du tavy au village.

Le Tranoambo ou le Tohitra est aujourd’hui construit au village à côté des maisons d’habitation, avec les matériaux plus ou moins durs et avec quelques améliorations: utilisation des tôles pour la protection contre les rongeurs, des planches, des cadenas et serrures pour l’ouverture.

Souvent la toiture du grenier est rallongée pour abriter le mortier pour le pilonnage (décorticage) (Fig. 3). Le dessous du grenier sert quelquefois aussi de poulailler. Le paddy est mis en soubique ou en sac dans le grenier. Normalement le battage et le pilonnage (décorticage) se fait petit à petit suivant les besoins.

Avec l’amélioration de la construction et l’utilisation des serrures, les paysans y mettent quelquefois aussi leurs objets de valeur susceptibles d’être volés pendant leur absence (machine à coudre, vêtements etc.) (Fig. 4).

Figure 3. Type de grenier

Figure 4. L’intérieur d’un autre type de grenier

Le grenier sert aussi de mûrisserie pour la banane pour éviter les rats (Fig. 5).

Figure 5. Un grenier servant de mûrisserie pour la banane

En général, le Tranoambo est cloisonné en deux une partie pour stocker le riz de tanety et l’autre pour le riz irrigué de bas fond. Les paysans marquent chaque année la hauteur de leur paddy d’où la possibilité d’évaluer la récolte de quelques années précédentes (Fig. 6).

Il existe deux possibilités d’amélioration:

L’idée de Grenier Commun Villageois (GCV) s’avère intéressant en quelques endroits mais l’instauration de la confiance mutuelle entre les membres et une bonne gestion seraient les conditions exigées par les adhérents.

Figure 6. Un autre type de ranoambo

Pour conclure, les types de grenier existant sur la côte Est reflètent la richesse, le niveau de connaissance et le mode de production adoptés par chaque paysan.

* Service Provincial de la Protection des Végétaux de Toamasina – Direction de la Protection des Végétaux

4. Directives pour l'Analyse des Systèmes de Post-productionTop of PageTable of Contents6. Magasins de stockage de taille moyenne. Principes de construction d’hygiène et de gestion