Harison Fidelis Andriamasintseheno*
La culture des légumineuses occupe la première place dans les baiboho du Nord-Ouest malagasy. Ne maîtrisant pas la protection de la récolte, les paysans bradent leur production. Le Projet GTZ a été alors amené à étudier le complexe parasitaire qui infeste les stocks dans différentes régions de la côte Ouest de Madagascar. Quelques points saillants ont été observés, à savoir la famille des Bruchidae, les autres espèces et enfin l’importance des pertes post récoltes. Les parasites dominants sont:
Legumes are the main crop grown in the Baiboho in the northwestern part of Madagascar. However, not knowing how to protect their produce after harvest, farmers sell cut-rate their produce. This is why the GTZ project studied the pest complex that infests stores in the various regions of the western coast of Madagascar. A few salient points have been observed, including the Bruchidae family, other species and finally the extent of post harvest losses. Prevailing pests are:
Ce travail a été tiré du rapport de stage d’un étudiant allemand, M. Reinhard Bischoff, qui a effectué une étude sur la conservation des grains de légumineuses sur la côte Ouest de Madagascar, avec une considération particulière de l’état phytosanitaire. Ceci a eu lieu en septembre 1992.
Ainsi, nous allons présenter en premier lieu les légumineuses cultivées dans le Nord-Ouest de Madagascar, puis en second lieu les insectes, en particulier, les bruches et, enfin, en dernier lieu, les dégâts provoqués par ces bruches sur les principales légumineuses chez les paysans et aussi dans les grands magasins des exportateurs ou des revendeurs.
Le plus important est tout d’abord le pois du Cap, puis le haricot de variétés confondues (haricot rouge, marbré, blanc, rouge tout court, onix, prune), le vohème (black eyes, rouge), voampemba ou voandzeia subterranea, les lentilles, la dolique ou l’antaka, les embériques (voatsoroko et tsiasisa). Il y a également quelques cultures d’ambrevades (Tab. 1).
| Tableau 1. Espèces de légumineuses cultivées par 63 petits exploitants enquêtés sur la côte Ouest |
|
Espèces |
Total en % |
|
Haricot blanc |
16 |
|
Haricot rouge marbré |
15 |
|
Haricot rouge |
12 |
|
Pois du Cap |
39 |
|
Tsiasisa |
5 |
|
Vohème |
4 |
|
Lentille |
4 |
|
Ambérique |
2 |
|
Dolique d’Egypte |
3 |
Les derniers résultats disponibles sur les statistiques agricoles de 1992 pour le haricot blanc donnent, pour la province de Mahajanga, une superficie cultivée de l’ordre de 1.200 ha donnant une production d’environ 1.000 t. Pour la province de Toliara, nous avons une production de 2.400 t de haricot pour une surface de 3.000 ha et pour le pois du Cap une production de 6.500 t pour une superficie moyenne de 5.900 ha (Tabl. 2).
| Tableau 2. Production de haricot blanc et de pois du Cap |
| Province | Produit |
Superficie |
Production (en t) |
||||
|
1986 |
1987 |
1988 |
1986 |
1987 |
1988 |
||
|
Mahajanga |
Haricot |
1.335 |
1.290 |
1.260 |
1.195 |
1.055 |
990 |
|
Pois du Cap |
40 |
40 |
55 |
35 |
45 |
40 |
|
|
Toliara |
Haricot |
3.330 |
2.925 |
3.290 |
2.455 |
2.190 |
2.498 |
|
Pois du Cap |
5.500 |
5.820 |
6.175 |
6.315 |
6.555 |
6.960 |
|
En premier lieu, il y a la consommation locale qui absorbe la plus grande partie de la production. Ensuite, il y a l’exportation surtout vers les Iles Maurice, La Réunion et les Comores et un peu vers la France et l’Afrique du Sud (Tabl. 3).
| Tableau 3. Exportation des légumineuses |
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Produit |
Destination |
Quantité (en t) |
|
|
1990 |
1991 |
||
|
Haricot |
Maurice |
36.586 |
36.305 |
|
France |
31.750 |
59.405 |
|
|
Réunion |
39.459 |
164.607 |
|
|
TOTAL |
107.795 |
260.317 |
|
|
Pois du Cap |
Maurice |
1.180.859 |
916.238 |
|
France |
45.000 |
12.186 |
|
|
Réunion |
909.715 |
623.547 |
|
|
Afrique du Sud |
0 |
400.520 |
|
|
TOTAL |
2.135.574 |
1.952.491 |
|
D’après ces chiffres, à titre d’exemple, en 1990, pour une production de haricot de l’ordre de 3.000 t, il n’y a que 337 t de produit exporté et pour le pois du Cap, 2.000 t d’exportation pour une quantité produite d’environ 6.000 t.
Aussi, rien que pour le pois du Cap, il y a alors un problème de stockage de 4.000 t, soit un problème par l’absence de local adéquat pour le paysan, soit un problème de contrôle des dégâts dus aux insectes des denrées stockées. Ainsi, pour éviter ces différents inconvénients, le paysan producteur se débarrasse rapidement de sa production et, ce, au moment où les cours sont les plus bas car il y a abondance sur le marché.
Le Callosobruchus maculatus, ou bruche à quatre taches, a été trouvé dans sept différentes espèces de légumineuses, à savoir vohème, pois du cap, ambérique, haricot, dolique, lentille et voandzo bory. Il est le plus répandu. A mentionner qu’il y a une nette préférence alimentaire pour les petits grains d’ambérique que pour le pois du cap.
Le Zabrotes subfasciatus, ou bruche brésilienne, a également été décelé sur toute la côte Ouest, à savoir Toliara, Morombe, Morondava et Mahajanga. Il est aussi très polyphage et a été observé dans l’embérique, les lentilles, le pois du Cap, le haricot et le voandzo bory. Toutefois, contrairement au Callosobruchus maculatus, il est principalement nuisible au haricot blanc.
Le Callosobruchus chinensis, ou bruche chinoise, a été rencontré à Belo sur Tsiribihina uniquement sur la lentille (Lens esculenta). Ce fait pourrait être expliqué par une expérience d’UTIDA en 1956 qui montre que lorsque C. maculatus et C. chinensis sont mis en compétition, C. maculatus élimine totalement C. chinensis en quatre générations. Ainsi, cette expérience et la forte dominance de la bruche à quatre taches sur la côte Ouest de Madagascar pourrait expliquer la faible fréquence de la bruche chinoise.
La durée de l’étude n’a pas pu permettre de faire des expérimentations sur les différentes phases d’évaluation. Ce sont ces trois insectes qu’on rencontre seulement le plus souvent sur les légumineuses. Enfin, C. maculatus est intensivement parasité par un microhémiptère qui n’a pas été identifié. Toutefois, cet auxiliaire arrive trop tardivement pour pouvoir avoir une action palpable pour limiter les dégâts des bruches.
Un autre insecte a été détecté sur le haricot blanc, le vohème, le tsiasisa, le pois du Cap et le dolique d’Egypte à Manja, à Morombe et à Morondava. C’est le capucin des grains ou Rhizopertha dominica.
Enfin, un ravageur secondaire a été détecté après une attaque préalable par les bruches: Tribolium sur vohème et dolique à Manja, à Toliara, et sur haricot blanc à Anjiajia, Mahajanga.
Les dégâts des bruches sont très caractéristiques:
Le stock est souillé par les excréments et les corps des adultes morts.
Le tout entraînant une perte de poids, une diminution de la qualité visuelle (présentation) d’où dépréciation de la valeur marchande et perte du pouvoir germinatif si l’attaque est très grave. Aussi, les légumineuses ne peuvent plus être vendues comme aliments ou comme semences.
Les premières infestations au moment des récoltes sont en dessous de 2 %. Ainsi, l’infestation se fait surtout dans les lieux de stockage.
Aucune estimation sur les pertes en poids des légumineuses après récolte au niveau du paysan n’est disponible à l’heure actuelle à Madagascar.
L’obstacle le plus important, pour le stockage des légumineuses sèches par les paysans, est la présence d’insectes qui se nourrissent des graines et se développent à l’intérieur. Des trois espèces de bruches, à savoir Zabrotes subfasciatus, Callosobruchus maculatus, Callosobruchus chinensis, les deux premières sont les plus nocives car elles sont responsables de la plupart des dégâts.
En général, après trois ou quatre mois de stockage, les denrées sont détruites par ces ravageurs et comme, d’une part, les paysans ne savent pas comment lutter contre eux et, d’autre part, les produits agropharmaceutiques ne sont généralement pas disponibles, les cultivateurs préfèrent vendre leurs produits à bas prix juste après la récolte.
Les stockeurs ont l’habitude de procéder à des traitements insecticides systématiques de telle sorte qu’il est difficile, voire impossible, de trouver du haricot non traité quelques mois après la récolte. La vulgarisation des méthodes simples, comme l’utilisation des produits naturels (emploi de matières inertes: sable, terre fine, ...) ou chimiques (Pyréthrinoïde) pour le traitement des denrées stockées, devrait être envisagée pour augmenter les revenus des paysans-cultivateurs.
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* Service Provincial de la Protection des Végétaux de Mahajanga –Direction de la Protection des Végétaux