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1. UN PAYS EN VOIE DE RECONSTRUCTION

1.1. Le contexte général Afghan

Riche d'un patrimoine millénaire et carrefour de civilisations, l'Afghanistan a connu de très glorieuses périodes au cours de son histoire. Depuis 1978, il a connu des heures effroyables de guerres qui ont fait peu àpeu reculer le pays de plusieurs siècles, que ce soit au niveau technologique ou du point de vue des esprits.

Après plus de 20 années de guerres, le temps est maintenant à la reconstruction. C'est par l'élaboration de projets permettant le redémarrage progressif de l'économie rurale que le pays pourra devenir indépendant du point de vu de son autosuffisance.

Cependant toute action dans ce pays doit prendre en compte la complexité et la fragmentation de la société et des communautés qui le composent. De plus, la prise en compte de l'histoire du peuple est une exigence absolue pour viser un développement durable.

1.1.1. Histoire d'un pays (18, 19, 20, 21)

Avant 1980, l'Afghanistan n'était qu'un mystérieux royaume d'Asie centrale, étape de la route des Indes. Depuis 20 ans, pour le malheur des Afghans, ce pays est devenu ce que l'on appelle un " point chaud " de la planète : dix ans de guerre avec l'URSS, plusieurs années de guerre civile et d'anarchie suivie du régime des talibans. (J.P. Turpin, 4)

L'Afghanistan semble avoir cumulé toutes les malédictions du tiers-monde : guerres, misère, délinquance…auxquelles doit s'ajouter les trois dernières années de sécheresse qui ont dévasté la plupart des récoltes.

Des actions comme la mise en place d'un atelier de transformation de fruits en Afghanistan pourraient permettre le retour des réfugiés et la réhabilitation des économies rurales détruites par la guerre. Ses activités visent un développement participatif et une remise en route de la société civile par les communautés rurales.

1.1.2. Les différentes ethnies Afghanes

Au cœur de l'Asie Centrale, la position de carrefour de l'Afghanistan a facilité l'implantation de populations diverses. La population est estimée à 23 millions d'habitants. Il faut néanmoins y inclure le nombre des réfugiés qui est d'autant plus difficile à évaluer que les vagues de départs et de retour se succèdent au fil des conflits.

Plusieurs ethnies composent le tissu social du pays, ce qui a compliqué la vie politique depuis plusieurs années. En effet chaque ethnie essaye de se mettre en avant pour obtenir un morceau de pouvoir et recherche une certaine autonomie dans la province où elle réside. La population est souvent sous le contrôle de chefs de tribus.

Figure 1 : carte schématique des ethnies afghanes

L'Afghanistan est divisée en 4 groupes principaux

Plus de 80 % de la population vit et travaille en milieu rural. Le nomadisme est en voie de disparition : il ne concerne plus qu'environ 400 000 personnes qui constituent néanmoins un des groupes les plus exposés á l'insécurité alimentaire en Afghanistan (tribu Kuchi). La mobilité sociale est devenue un peu plus grande à partir des années 1950.

Le poids de l'organisation sociale traditionnelle en tribus et en clans selon les communautés, comme chez les Pachtounes qui s'organisent autour des gawn (réseaux de solidarité) et des jirga (conseil tribal), l'autorité du père dans la famille et la sujétion des femmes constituent encore toutefois les traits dominants de la société afghane.

1.1.3. Géographie (21, 22, 23)

L'Afghanistan est un pays essentiellement montagneux, il possède une surface de 652 000 km2 environ (à titre comparatif, c'est 1,2 fois plus grand que la France). Les basses terres ne dépassent pas 10% de sa superficie ; elles correspondent aux vallées fluviales du Nord et à plusieurs plaines désertiques du Sud et du Sud-Ouest. Le reste du pays est formé par la montagne, 40% des terres étant situées entre 1 500 et 2 000 m d'altitude.

L'Afghanistan est une région de convergence entre les chaînes turques, iraniennes et d'Asie centrale. Le principal massif montagneux du pays est " l'Hindou Koush ". L'altitude moyenne de l'Hindou Koush, qui atteint 7 690 m au Tirich Mir, est d'environ 4 270 m. Ce relief tourmenté et compartimenté rend les communications intérieures et les liaisons avec les pays voisins difficiles.

À partir de Kaboul, pour gagner le Harazajat, au centre du pays, le voyageur doit franchir une quinzaine de cols, tous situés à plus de 3 000 m d'altitude. Les voies de communication empruntent les passages naturels à travers les montagnes, comme le col du Shibar (3 000 m) ou le tunnel du col de Salang, creusé en 1964 (l'autre voie pour franchir l'Hindou Koush).

Le pays s'étend sur une zone tectonique encore instable, où l'activité sismique est importante. Les plaines et les piémonts sont tous formés par des glacis d'érosion et d'accumulation. Les hautes plaines du Nord sont les plus fertiles, car recouvertes de lœss, tandis que le sud du pays est le domaine du dacht, une plaine steppique semi-aride ou aride.

Il est important de noter que le bassin Est voit passer la rivière Kunar originaire du Pakistan qui rejoint la rivière de Kabul à Jalàlàbàd : c'est le seul système de rivière qui permette de rejoindre la mer par le biais de l'Indus en passant par le Pakistan.


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