Plus de deux décennies de guerre civile cumulées à la pire sécheresse connue depuis au moins 40 ans ont provoqué la destruction de la plupart des moyens de production et des infrastructures (il existe aussi une sévère pénurie en matériels d'industrialisation qui limite le développement (figure 9)).
Figure 9 : la faible mécanisation de l'agriculture Afghane (FAO, 9)

De plus l'épuisement progressif des stocks de graines ne permet plus le renouvellement nécessaire (figure 10).
Figure 10 : provenance des graines utilisées en agriculture (FAO, 9)

Cette situation laisse la population sous la forte dépendance de l'aide alimentaire provenant de donneurs internationaux. (ICARDA, 6)
Les infrastructures en Afghanistan sont dans un état de détérioration importante. Les fermiers afghans ont besoin d'apport en eau mais aussi d'apport financier, d'engrais et de graines de qualité. Par manque de moyens, la production d'opium reste pour de nombreux fermiers la seule manière de procurer de la nourriture à leur famille.
La culture d'opium a lieu en grande partie dans le sud-ouest et plus particulièrement dans la province d'Helmand, mais aussi à Nangahar et Badakhstan. Un rapport récent du Centre International pour la Recherche Agricole dans les Zones Arides (ICARDA, 6) a démontré que la production d'opium s'élève à 3.4 tonnes et apporte 8 fois plus de bénéfices par hectare que le blé, tout en nécessitant moins d'eau et des apports d'engrais moins importants (figure 11).
Figure 11 : Influence économique de la culture de pavot sur le revenu des agriculteurs
La production de pavot a augmenté de 20 % l'année
dernière. Face aux profits substantiels dégagés, aucune
autre culture ne peut concurrencer le pavot. Seule la reconstruction des infrastructures
agricoles pourra apporter une alternative économique au pavot.
Se déplacer en Afghanistan est très difficile. Le terrain est accidenté et cela limite fortement les déplacements. Le pays a moins de 25 Km de voie de chemin de fer.
L'Amou Darya est l'unique fleuve navigable (24). Il permet la navigation de bateaux d'environ 500 tonnes. Les autres cours d'eau se limitent à des rivières ou fleuves trop étroits ou à des rapides presque tous impraticables et principalement utilisés pour le transport de bois de construction.
Les déplacements de la population s'effectuent généralement par bus ou par camion. Les gens y sont compressés et à proximité d'animaux dans un espace très restreint ou même sur le toit. Dans les zones à l'écart, la population se déplace principalement à pied, en âne, à cheval et occasionnellement en chameau.
Les chameaux et d'autres animaux de transport sont utilisés pour le transport de biens. Ces biens proviennent surtout de pays voisins et sont acheminés à travers ces frontières. De fréquentes phases d'hostilités entre l'Afghanistan et le Pakistan bloquent d'ailleurs souvent les approvisionnements en ces biens
Le blé est la principale culture céréalière. En 2003, les agriculteurs afghans ont récolté la plus grande moisson jamais produite depuis deux décennies. Une récolte totale de 5.37 millions de tonnes a été prévue par l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et le Programme Alimentaire Mondial, ce qui représente une moisson exceptionnelle. La zone de culture a augmenté de près de 80 % depuis l'an dernier (FAO,3).
Ce résultat est en partie dû à la réussite de la
lutte antiacridienne coordonnée par la FAO dans le nord du pays. En effet
123 000 hectares infectés par le criquet migrateur ont été
traités avec des pesticides conventionnels. Ainsi une des menaces majeure
de la production céréalière a été éradiquée.
Les agriculteurs ont aussi planté davantage de blé et utilisé
plus d'engrais.
Concernant cette céréale tous les besoins en importation devraient
être couverts pour l'année commerciale juillet 2003-juin 2004.
Cependant cette abondance a fait chuté le prix de marché du blé,
ce qui a réduit les profits des agriculteurs qui pourraient être
amenés à diminuer leur surface de culture pour l'année
prochaine.
Malgré cette récolte record, la famine touchera encore une grande
partie de la population. L'aide alimentaire internationale est encore nécessaire
afin de faire face à des pénuries alimentaires.
La sous-alimentation chronique et les carences en micronutriments, comme les
vitamines, touchent de nombreuses personnes, principalement les enfants, les
femmes, les réfugiés et les habitants des zones isolées
des montagnes.
Le régime alimentaire est très déséquilibré,
peu énergétique et surtout peu varié. Les principaux aliments
consommés sont le pain, le thé, de petites quantités de
yaourt et quelques légumes. Une telle alimentation provoque des carences
en vitamines C ou A, mais aussi en fer et en iode. Dans les régions montagneuses
du nord, certaines personnes sont d'ailleurs victimes du scorbut durant l'hiver
(FAO,3).
Ainsi, les gens ne meurent pas de faim mais ils connaissent une sévère
malnutrition. Seule l'incorporation de légumes, de fruits et de viande
dans leur régime alimentaire pourrait résoudre ce problème
de famine.
En juin 2002 l'Organisation des Nations Unis pour l'alimentation et l'agriculture (F.A.O) a mis en place 16 centres de collecte du lait afin de lutter contre la pauvreté et améliorer la nutrition chez les personnes vivants en milieu rural.
Un centre de collecte du lait permet le contrôle de la qualité du lait, de plus chaque agriculteur peut vendre son lait sans avoir de grandes distances à parcourir. Auparavant, les uniques marchés se trouvaient dans les grandes villes comme les marchés de Kaboul.
Désormais les agriculteurs gardent une grande partie de leur production pour la famille et vendent le reste au centre de collecte où ils sont payés directement en espèce.
Les perspectives pour la reconstruction de l'agriculture en Afghanistan se situent dans l'établissement de trois principaux centres de contrôle de qualité des graines et six centres satellites répartis à des endroits stratégiques du pays.
Le centre de Badam Bagh à Kaboul par exemple a été reconstruit et rééquipé (ICARDA,6). C'est un laboratoire de contrôle de la qualité des graines. Le personnel de l'assurance qualité a pu suivre une formation, proposée par I.C.A.R.D.A (Centre International pour la Recherche Agricole dans les Zones Arides), en juin 2003 afin d'améliorer les techniques de travail.
Ce laboratoire de recherche montre bien l'introduction de nouvelles technologies
et moyens pour le développement agricole à venir en Afghanistan.
Ces centres permettent une amélioration des cultures, des technologies
mais ils représentent aussi des possibilités de formation et d'éducation
pour les fermiers afghans.
La F.A.O a aussi décidé de participer au développement
de la production avicole contrôlé par les femmes à 90 %.
La production d'ufs contribue pour environ 40 % aux revenus des familles
pauvres. Cette production a un énorme potentiel en Afghanistan.
La F.A.O a fourni un ensemble de matériaux de construction pour une basse-cour,
des aliments pour les volailles, des vaccins et une formation. Cela a ainsi
permis à un grand nombre de femmes de se reconstituer des revenus et
trouver de nouvelles opportunités commerciales.
Ces deux dernières années, l'Agence des USA pour le Développement International (U.S.A.I.D.) est venue à l'aide des fermiers afghans afin d'adapter la production pour qu'elle soit plus efficace et donc plus profitable. Son champ d'action est relativement large.
Elle a remis en place une partie du système d'irrigation, fourni des outils, des équipements agricoles, des engrais et des graines (ICARDA, 6).
Les résultats furent encourageants :
Dans cette partie, nous avons exposé les objectifs de notre projet vis-à-vis de la population rural Afghans et ce qu'il pourrait apporter. En collaboration avec Raja Ehsan Aziz (Aziz, 11) qui en 2000 avait réalisé une étude similaire à la notre concernant l'ouverture d'une petite unité de transformation de fruits et légumes, nous avons axé notre projet sur Kandahar.
Cette ville est, comme nous l'avons expliqué, le siège d'un potentiel industriel exploitable dans la filière fruits et légumes. Après avoir étudié les différentes possibilités nous avons décidé d'axer nos recherches sur la transformation de l'abricot.
Une récente étude de la FAO estime que l'abricot est un des fruits les plus prometteurs : son potentiel de développement est important. Nous avons alors validé nos hypothèses en accord avec Raja Aziz, et commencé nos recherches sur le procédé de séchage de l'abricot.