Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Bangladesh

Le contexte

La situation géographique du Bangladesh, à l'embouchure de trois gigantesques bassins fluviaux dans la baie du Bengale, expose tout particulièrement ce pays aux inondations. Il est densément peuplé, ce qui fait que la surpopulation, le manque de terres et les pratiques agricoles irraisonnées ont entraîné la destruction des forêts tandis que l'érosion des sols a fait monter les lits des fleuves. Les inondations de la mousson sont quasiment un phénomène annuel, de même que les cyclones saisonniers.

L'agriculture est le principal moyen d'existence de la majorité des Bangladais mais la plupart d'entre eux peinent à assurer un niveau de production satisfaisant. Approximativement 60% des paysans ne possèdent pas de terre et sont métayers pour de grands propriétaires. D'autres, 20% environ, considérés comme marginaux cultivent péniblement des lopins de moins d'un hectare sans arriver pour autant à nourrir leur famille sur toute l'année.

En novembre 2007, des dizaines de milliers d'habitations ont été détruites par le cyclone Sidr et deux inondations majeures ont aussi tout dévasté et auraient entraîné la perte de 1,4 million de tonnes de riz. En outre, l'envolée des prix du riz et d'autres aliments fait peser une pression intolérable sur les ménages urbains et ruraux pauvres, les contraignant à renoncer à la consommation des aliments riches en protéines et provoquant une recrudescence de la malnutrition.

Cette année, la récolte de riz pourrait être réduite en raison d'invasions de ravageurs. Normalement, les engrais potassiques sont censés limiter ces infestations mais, dans de nombreux cas, ils n'étaient tout simplement pas disponibles ou étaient trop chers.

En septembre 2008, le prix du riz, l'aliment de base, était de 41% supérieur au prix de septembre 2007. En conséquence, la plupart des ménages ont encore moins de liquidité "de côté" pour acheter des intrants agricoles tels que semences et engrais. Au cours de l'année dernière, le prix des semences de bonne qualité a aussi augmenté de 15% environ, les rendant inabordables pour un grand nombre de petits agriculteurs et agriculteurs marginaux.

La réponse de la FAO

La FAO conduit déjà un programme d'urgence qui aide les agriculteurs à surmonter les crises climatiques frappant régulièrement le Bangladesh. Suite à la flambée des prix des aliments, y est venu s'ajouter un projet du Programme de coopération technique en faveur des petits agriculteurs et agriculteurs marginaux des districts frappés par les cyclones. Le projet mobilise un financement de 500 000 USD pour couvrir la distribution de 680 tonnes de semences de variétés à haut rendement à 140 000 bénéficiaires.

Le Bangladesh fait également partie des pays couverts par un projet régional du Programme de coopération technique, qui vise à renforcer la capacité des pays d'établir des mécanismes de protection sociale et de soutien de la production, tels que la fourniture d'outils et d'intrants agricoles, pour aider les populations vulnérables. Le projet a pour autres objectifs de renforcer les systèmes de suivi et évaluation et d'améliorer l'élaboration des politiques par l'entremise des institutions nationales et régionales.

Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires au Bangladesh - Août 2008

La mission a estimé que la hausse des prix des aliments avait fait augmenter de 9 millions le nombre de personnes vivant dans une situation de “pauvreté absolue”, qui atteint maintenant 80 millions, et fait passer la prévalence de la sous-alimentation à plus de 55%.

La mission a émis plusieurs recommandations pour améliorer la production agricole au Bangladesh, par exemple:

  • Accroître l'investissement dans les variétés de riz de qualité supérieure spécifiques des zones du Bangladesh
    Améliorer l'accès aux engrais et veiller à l'efficacité et l'efficience de leur utilisation
  • Assurer la fourniture d'électricité nécessaire pour alimenter les installations d'irrigation
  • Renforcer les organisations paysannes
  • Faciliter l'accès au crédit des agriculteurs vulnérables afin qu'ils puissent acheter des intrants
  • Augmenter les incitations à la production de légumineuses
  • Etudier les moyens de lutter contre les carences en micronutriments