Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Bénin

Le contexte

La pauvreté est omniprésente au Bénin. Bien que l'économie ait progressé annuellement à un rythme satisfaisant, la croissance a essentiellement profité au secteur des services tandis que les habitants pratiquant une agriculture de subsistance continuent à  mener une lutte acharnée pour survivre. L'agriculture de subsistance reste le principal moyen d'existence et la source de revenus essentielle de la moitié de la population environ.

La culture traditionnelle du coton a récemment bénéficié d'une envolée des cours mais ceux-ci sont volatils et encore relativement bas. Les bénéfices tirés de cette culture de rente dépendent en outre largement du commerce avec le Nigeria, à qui il arrive de limiter ses importations de coton.

Le Bénin importe la plus grande partie de son énergie du Nigeria mais il n'est pas rare non plus que l'approvisionnement en pétrole soit interrompu.

Le Bénin produit du maïs, du sorgho, du millet, du riz, du manioc, de l'igname et des haricots et aussi de l'huile de palme, des noix de cajou et des arachides, en tant que cultures de rente. Mais une grande partie de la production, y compris des secteurs de la pêche et de l'élevage, est consommée localement. C'est pourquoi, le Bénin est encore un importateur net de produits alimentaires de l'étranger.

Le gouvernement est parvenu à amortir temporairement les effets de la flambée des prix des aliments et de l'énergie, en supprimant les tarifs douaniers à l'importation et en mettant en place un système de subvention et d'autres mesures de contrôle des prix. Mais les prix des aliments et du carburant importés continuent à monter. Selon la Banque mondiale, le coût cumulé des importations de blé, de riz, de maïs et d'engrais a doublé, passant de 120 millions d'USD environ en 2007 à quelque 328 millions d'USD en avril 2008.

La réponse de la FAO

La FAO apporte son soutien au gouvernement du Bénin par le biais d'un projet du Programme de coopération technique, dont le financement s'élève à 500 000 USD, qui prévoit la fourniture de semences de cultures maraîchères et d'engrais pour la saison de plantation d'octobre-novembre. Le projet aide 5 000 des ménages agricoles les plus vulnérables, en particulier ceux qui ont plus particulièrement souffert des inondations en 2007 et 2008. Les cultures ont subi des dégâts et les petits systèmes d'irrigation ont été gravement endommagés.

Le Bénin est également concerné par un projet régional du PCT qui vise à renforcer les mécanismes de surveillance des fluctuations des prix et de l'approvisionnement en produits alimentaires dans la sous-région. Le projet régional, mobilisant un financement de 500 000 USD, appuie le renforcement des capacités au sein de la principale institution régionale, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Surveillance des données et échange d'information

Un échange amélioré de l'information permettra aux gouvernements d'harmoniser les mesures qu'ils prennent pour faire face à l'envolée des prix des produits alimentaires. Le projet œuvre aussi à la création à terme d'une zone agricole commune.

Dans le cadre de l'Initiative sur la flambée des prix des aliments, une mission d'évaluation interinstitutions a été réalisée au Bénin au mois d'août, avec la participation de la Banque mondiale, du Programme alimentaire mondial, du gouvernement national et des partenaires du développement bilatéraux. Les principaux besoins identifiés ont été les suivants:

  • Faciliter l'accès des agriculteurs pauvres aux semences des variétés améliorées et aux engrais, un accès limité non seulement par les prix mais aussi par le dysfonctionnement de la commercialisation et de la distribution.
  • Remettre en état et étendre les périmètres irrigués, en réparant les canaux d'irrigation et les systèmes de drainage hors d'usage.
  • Vacciner les animaux d'élevage contre les maladies mortelles qui déciment chaque année les troupeaux et la volaille.
  • Mettre à contribution les programmes déjà lancés par le gouvernement et les partenaires du développement pour recenser les ménages les plus vulnérables et les aider au moyen de mécanismes de protection sociale (aide alimentaire, interventions en matière de nutrition) et de soutien de la production (accès aux outils et aux intrants agricoles).
  • Accroître les financements des bailleurs de fonds pour promouvoir le relèvement durable de l'agriculture au Bénin
La semence n'est que le début