Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Côte d’Ivoire

Le contexte

La Côte d’Ivoire subit encore le contrecoup des quatre ans et demi de guerre civile qui ne se sont achevés qu'en mars 2007.

A la fin de 2006, on comptait plus de 700 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays en raison du conflit et, aujourd'hui, avec le retour de la paix, ces personnes regagnent leurs foyers et doivent recommencer à vivre de la terre.
La stabilité dans le pays tient à la possibilité pour chacun de renouer le fil de sa vie normale, ce qui est plus difficile avec la hausse du coût des denrées alimentaires.

Approximativement 20% des familles rurales de Côte d’Ivoire sont touchées par l'insécurité alimentaire directement imputable à l'envolée des prix des aliments. Le riz est le principal aliment de base dans le pays, comme dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, mais le pays n'en produit que 700 000 tonnes et doit en importer 800 000 tonnes pour couvrir ses besoins de consommation. En avril, le prix du riz importé avait augmenté de 52% par rapport à septembre 2007. Le maïs, un autre aliment de base important produit dans les régions plus arides du nord et de l'est, a aussi vu son prix faire un bond: plus 75% entre juillet 2007 et début 2008.

La réponse de la FAO

La FAO a lancé un projet du Programme de coopération technique et reçu un financement du Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies afin de fournir à quelque 8 900 ménages agricoles des outils et des intrants agricoles pour la campagne agricole de la saison sèche de cette année. Ces deux projets ont mobilisé près d'un million d'USD en faveur de la Côte d’Ivoire pour la phase de secours d'urgence.

Des fonds de la Belgique et de la Suède contribueront aussi au financement du programme d'urgence, permettant d'atteindre plus de 14 000 autres familles.
Les personnes fraîchement rapatriées, les personnes encore déplacées, les familles ayant fait de mauvaises récoltes les saisons précédentes en raison des conditions météorologiques hostiles et celles qui ne cultivent que peu de cultures de rente seront les principales bénéficiaires de ces programmes. Des semences et des engrais destinés à la culture du riz aquatique seront distribués aux agriculteurs qui ont sur leurs terres une maîtrise de l'eau leur permettant de produire du riz de contre-saison, tandis que dans d'autres zones on distribuera de quatre à six variétés différentes de légumes, notamment gombo, piment, aubergine, tomate, choux, oignon et carotte. Des semences de riz de montagne seront aussi fournies dans les zones où les précipitations sont suffisantes.

On distribuera, en outre, des houes, des arrosoirs, des atomiseurs et des bottes. La FAO cible les agriculteurs qui disposent déjà d'un accès à la terre et aux systèmes de commercialisation et de production de manière à ce que, s'ils produisent des surplus, ils soient en mesure de les vendre pour en tirer des bénéfices.

De plus, pour accroître la valeur du produit rizicole final, la FAO installera 12 moulins collectifs à l'intention de communautés villageoises n'ayant habituellement  pas accès aux technologies de transformation, ce qui aura également pour effet de limiter les pertes post-récolte. En outre, les installations peuvent être utilisées pour le maïs et le café, une culture de rente.

Fish farming in Côte d’Ivoire