Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Djibouti

Le contexte

Djibouti est un pays extrêmement pauvre, quasiment dénué de ressources, mais sa situation géographique lui a permis de devenir une plaque tournante du transport maritime pour les pays de l'intérieur des terres de la Corne de l'Afrique. Le pays s'est aussi autoproclamé zone de libre-échange afin de tirer parti de son port principal, d'un autre port en eau profonde en cours de construction et de la voie ferrée conduisant à Addis Abeba.

Les trois quarts environ des habitants du pays vivent dans la capitale, la ville de Djibouti. Seuls 3% des terres du pays sont arables et, dans les zones rurales, la plupart des populations vivent de l'élevage. Cette activité devient toutefois de plus en plus précaire parce que ce pays semi-aride perd du terrain face à la progression de la désertification et à la raréfaction des précipitations.

Les éleveurs nomades et semi-nomades ont perdu jusqu'à 70% de leurs animaux pendant les dernières années de sècheresse particulièrement intense. Bon nombre d'entre eux migrent vers les villes déjà surpeuplées.

De plus, quelque 30 000 réfugiés, provenant essentiellement de la Somalie et de l'Ethiopie, sont installés dans le pays avec peu de services à leur disposition.

L'irrigation est la seule solution

L'agriculture sédentaire est possible avec l'irrigation, elle est aussi possible dans les oasis et le long des cours d'eau saisonniers appelés wadis. Les produits agricoles sont les tomates, les courges, divers légumes et des graminées fourragères. Des céréales et des arbres fruitiers sont aussi cultivés mais à petite échelle faute d'eau.

Le pays est dépendant du monde extérieur pour la grande majorité des denrées alimentaires et du carburant dont il a besoin. Djibouti importe 80% environ de ses céréales et 85% de ses fruits et légumes.

En raison de pluies insuffisantes l'année dernière, on estime que 150 000 personnes sont touchées par la faim et que jusqu'à 100 000 d'entre elles ont besoin d'une aide alimentaire. Plus de 80% des habitants des zones rurales vivent en dessous du seuil de pauvreté.

La réponse de la FAO

La FAO apporte son soutien au gouvernement par le biais d'un projet de Programme de coopération technique, dont le financement s'élève à 250 000 USD, qui fournit des semences de légumes et de cultures fourragères à 7 000 ménages agricoles vulnérables. Le projet prévoit aussi la distribution de houes, de râteaux, d'arrosoirs et de pierres à lécher pour le bétail. La fourniture de pesticides est également prévue.

Les éleveurs auront ainsi les moyens d'améliorer la situation sanitaire de leurs troupeaux afin que ceux-ci prospèrent et résistent aux maladies.

Les pays de la région de la Corne de l'Afrique, y compris Djibouti, sont aussi couverts par un projet régional du PCT, qui aide les gouvernements à formuler des opérations d'urgence et des mesures politiques à long terme face à la crise de la flambée des prix des aliments. Le suivi et évaluation des projets nationaux et le renforcement des capacités qui s'y rattache font partie des activités prévues.

La Commission européenne finance une évaluation des besoins au niveau du pays aux fins de la formulation de stratégies à long terme pour faire face à l'envolée des prix des denrées alimentaires. La fourniture d'intrants agricoles est également assurée.

Enfin, le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies apporte un financement de plus de 250 000 USD pour aider 85 000 éleveurs des zones rurales et des zones périurbaines entourant la capitale. Des semences et des outils sont distribués, de même que des vitamines et des vaccins destinés aux ménages d'éleveurs. De plus, dans le cadre d'activités vivres-contre-travail, les familles participeront à la construction de citernes souterraines et d'autres dispositifs de stockage de l'eau pour étendre la surface des terres irriguées où l'on pourra produire des cultures vivrières et fourragères.

Le projet de l'OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires) s'inspire de programmes de la FAO en cours d'exécution, dans lesquels les précieuses ressources en eau des nappes phréatiques sont exploitées pour l'irrigation au moyen d'un système de pompes solaires.

La FAO conduit actuellement des projets de développement à Djibouti, dont l'objectif est d'optimiser les techniques de collecte et de stockage de l'eau afin que les éleveurs puissent continuer leur activité traditionnelle, tout en faisant front aux nouveaux défis du changement climatique.

Pastoralists' way of life is under threat due to increasing dryness