Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Erythrée

Le contexte

En 1993, l'Erythrée a émergé d'une guerre d'indépendance de plus de trente ans pour retomber dans un conflit contre le Yémen puis, les années suivantes, contre le pays dont elle avait dû subir la domination, l'Ethiopie. Avec l'indépendance de l'Erythrée, l'Ethiopie a perdu son seul accès à la mer si bien que les frontières et les tarifs douaniers sont une source inépuisable de litiges.
Un nouveau conflit armé a éclaté en 1998 pour s'achever en 2000 après avoir fait des dizaines de milliers de morts. Une force internationale de maintien de la paix des Nations Unies a été déployée dans les zones frontalières mais, à la fin du mois de juillet 2008, l'opération de maintien de la paix a été clôturée parce que l'Erythrée n'adhérait pas à son mandat.

Un conflit sans fin

L'Erythrée compte un grand nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays, qui ont été chassées d'Ethiopie ou ont fui la région frontalière trop dangereuse. Quelques unes des zones frontalières sont parmi les plus fertiles du pays mais la plupart sont infestées de mines.

Les champs restent en friche et les troupeaux errent affamés

Bien que l'Erythrée ait été en mesure d'étendre un peu la culture du sorgho, une culture vivrière de base, le pays importe 88% des céréales destinées à sa consommation. Les hauts plateaux du centre, en particulier, sont suffisamment arrosés pour produire de l'orge, du blé, du millet et des haricots, ainsi que des graines oléagineuses telles que le sésame, une source essentielle de recettes tirées de l'exportation.

Moins de 5% des terres sont cultivables et l'irrigation est très limitée alors que fruits et légumes sont produits dans les zones irriguées même pendant les saisons sèches.

Malheureusement, les cultures comme les troupeaux ont durement pâti des décennies de guerre et des déplacements de populations, et les sècheresses récentes sont de plus en plus intenses. Pourtant, quelque 80% des habitants vivent de l'agriculture qui, par ailleurs, contribue au PIB pour un montant non négligeable.

Les prix ont plus que doublé

En mai 2008, le prix de la farine de blé dans la capitale, Asmara, avait plus que doublé par rapport à mai 2007, tandis que, sur la même période, le prix du maïs avait subi une augmentation encore plus vertigineuse de 145%. Jusqu'à 2 millions de personnes pourraient souffrir de la faim du fait de la flambée des prix.

La réponse de la FAO

Par le biais d'un projet du Programme de coopération technique, mobilisant un financement de 500 000 USD, la FAO aide le gouvernement, en distribuant des boutures de pommes de terre à 1 400 ménages agricoles vulnérables. Les pommes de terre seront cultivées sous irrigation dès novembre, après la moisson des cultures céréalières de la grande saison des pluies. Le pays se prête bien à la culture de la pomme de terre qui étoffera la consommation de légumes à racines.

Renforcer les capacités

Un projet régional du PCT fournit des fonds pour améliorer le ciblage des bénéficiaires les plus vulnérables des projets, l'efficacité de la distribution des intrants agricoles et le suivi et évaluation des programmes mis en œuvre suite à la crise des prix des produits alimentaires. Ce projet du PCT appuiera aussi le renforcement de  la capacité des institutions régionales de participer à ces tâches.

La Commission européenne met des fonds à disposition pour la réalisation de missions d'évaluation rapide interinstitutions, y compris en Erythrée, visant à mesurer les effets de la crise des prix et des actions éventuelles à leur opposer et l'insécurité alimentaire croissante imputable à la hausse des prix.

Tirer parti des différentes sources d'aliments et des saisons

Le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unie finance, à hauteur d'un peu moins de 800 000 USD, la distribution de semences (boutures de pommes de terre incluses), d'engrais et d'outils agricoles mais aussi la conduite d'une évaluation de la situation de sècheresse et la fourniture de géniteurs de souches de volaille pour l'élevage.

Aider les catégories les plus pauvres de la société

Ce programme bénéficiant d'un appui de l'OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires) profitera à 26 000 personnes vulnérables, notamment les rapatriés, les ménages dirigés par une femme et les personnes touchées par le VIH/sida.

A view of the Eritrean highlands