Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Ethiopie

Le contexte

Dans les années 1980, l'image de l'Ethiopie en Occident était synonyme de famine. Ces vingt-cinq dernières années et, notamment, pendant la dernière décennie, le pays a affiché une croissance économique exceptionnelle. Néanmoins, la sécurité alimentaire continue à poser un problème sérieux et l'envolée des prix des aliments menace de saper les récents progrès accomplis par le pays en matière de développement.

Les frontières de l'Ethiopie ceignent certaines des zones agro-écologiques les plus variées du monde. Les cultures vivrières de base telles que le blé, le teff (utilisé pour le plat national, l'injera), l'orge, le maïs et le sorgho sont cultivées sur 13 millions d'hectares. L'économie nationale est dépendante de l'agriculture mais le secteur est à la merci de la fluctuation des précipitations annuelles.

En janvier et mai 2008, une sècheresse a frappé une grande partie du sud, du centre, de l'ouest et du nord-est de l'Ethiopie. Ses conséquences néfastes sur les récoltes ont fait que 4,6 millions de personnes ont eu besoin d'une aide alimentaire d'urgence et 7,5 millions, dans les zones touchées par la sècheresse, ont eu besoin d'autres appuis tels que des transferts additionnels de fonds ou de produits alimentaires.

La région Somali (à la frontière de l'Ethiopie et de la Somalie) est particulièrement vulnérable. Elle est caractérisée par des terrains de parcours pauvres, des pénuries d'eau extrêmes et des pertes de récolte régulières, que viennent aggraver les tensions entre les deux pays.

Dans toutes les régions d'Ethiopie, les prix des aliments et des articles non alimentaires affichent une tendance à la hausse depuis 2005. Entre juin 2007 et juin 2008, le prix nominal du maïs a grimpé en flèche de 202% en moyenne, et le blé et le sorgho de 83%.

Les intrants agricoles aussi sont plus chers, avec le prix des engrais qui a doublé en un an. Si l'on n'intervient pas immédiatement, les repas tronqués et la malnutrition deviendront une réalité de plus en plus envahissante pour un nombre croissant d'Ethiopiens. 

La réponse de la FAO

La FAO dispose d'une unité de coordination pour les situations d'urgence, ayant un bureau dans chaque Etat régional du pays. Elle met en œuvre un Programme d'urgence en étroite collaboration avec le ministère de l'agriculture et du développement rural. Une mission d'évaluation des cultures et de la sécurité alimentaire FAO/PAM a été dépêchée en Ethiopie au début de 2008 pour prendre la mesure de la situation et évaluer les besoins d'aide alimentaire. Dans le contexte de la crise alimentaire mondiale, un projet du Programme de coopération technique (PCT) visant l'amélioration des capacités techniques dans le secteur agricole vulnérable est en cours d'élaboration.

Le groupe spécial de l'équipe de pays des Nations Unies a émis les recommandations suivantes au sujet de l'intervention humanitaire requise pour faire face à la situation crée par la flambée des prix des aliments en Ethiopie:

  • Réviser les programmes de protection sociale du gouvernement dans les zones rurales et urbaines pour amortir les effets des hausses de prix.
  • Reconstituer la réserve stratégique de céréales pour les situations d'urgence.
  • Introduire et promouvoir les systèmes d'assurance agricole et le microcrédit.
  • Améliorer l'accès aux intrants agricoles pour les systèmes productifs diversifiés de culture et d'élevage, par exemple les engrais, les semences améliorées, les technologies et les innovations.
Agriculture in Ethiopia is dependant on extremely variable rain patterns.