Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Guinée-Bissau

Le contexte

Depuis son accession à l'indépendance en 1974, cette ancienne colonie du Portugal a traversé des périodes d'instabilité politique et de violence. Un conflit militaire, de 1998 à 1999, a détruit une grande partie des infrastructures sociales et économiques du pays et torpillé la croissance économique. Aujourd'hui c'est l'un des pays les plus pauvres du monde, avec plus des deux tiers de ses 1,5 millions d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté.

La diminution des revenus menace la sécurité alimentaire

Près de 80 % de la population travaillent dans le secteur de l'agriculture, produisant essentiellement du riz, le principal aliment de base, et des noix de cajou. La Guinée-Bissau est l'un des plus gros exportateurs mondiaux de noix de cajou non transformées et la plupart des agriculteurs comptent sur cette culture pour se procurer des revenus.

La plupart des petits agriculteurs de Guinée-Bissau ne produisent pas suffisamment de riz pour nourrir leur famille pendant toute l'année. Pendant les périodes de soudure, ils utilisent les gains tirés de la vente des noix de cajou pour acheter du riz importé. Toutefois, en septembre 2008, les prix du riz importé étaient de 68 % supérieurs à ceux de l'année précédente. Cette augmentation, conjuguée à des revenus en chute libre, a fait plonger un grand nombre d'habitants dans l'insécurité alimentaire.  

En 2006, le gouvernement a fixé un prix élevé pour les noix de cajou, ce qui a entraîné une forte diminution des ventes parce que les acheteurs sont allés s'adresser ailleurs. Le gouvernement a baissé les prix en 2007, mais l'offre a surpassé la demande et les agriculteurs, dans l'incapacité d'obtenir un prix décent pour leur culture, ont vu leur pouvoir d'achat s'effondrer. Malgré les meilleurs résultats des récoltes de noix de cajou en 2008, les pertes de revenus cumulées ont entraîné une sérieuse dégradation des moyens d’existence des familles, les rendant encore plus vulnérables face à de futures crises.

La hausse des prix, une préoccupation malgré l'augmentation de la production  

Bien que le pays jouisse de sols fertiles, la production agricole est médiocre et les pénuries alimentaires fréquentes. Les principales raisons en sont le manque d'intrants et de compétences et la faiblesse des infrastructures. La météorologie erratique – précipitations insuffisantes, inondations, feux de brousse – a aussi joué un rôle.  

La production céréalière nationale a augmenté en 2008, avec une production globale de 15,5 % supérieure à la moyenne des cinq campagnes précédentes. Cet accroissement du rendement, imputable en partie à des pluies abondantes et régulières, a contribué à améliorer la situation alimentaire du pays en 2009, mais la hausse des prix et leur volatilité restent préoccupantes. Le prix du riz importé est descendu de son pic de 2008, mais il est encore supérieur au prix de janvier 2008.

La réponse de la FAO

Facilité alimentaire de l'Union européenne

En partenariat avec la Banque mondiale, la FAO a lancé en mai 2009, dans le cadre de la Facilité alimentaire de l'UE un programme visant à aider le gouvernement de Guinée-Bissau à atténuer les conséquences de l’envolée des prix des produits alimentaires sur sa population.

Grâce au financement de l'UE, représentant un montant total de 3 millions d'euros, 25 000 ménages agricoles vulnérables recevront des semences, des engrais et des outils et bénéficieront d'une formation pour améliorer leur production pendant la principale campagne agricole de 2010 et les contre-saisons de 2009 et 2010. Les fonds serviront également à la remise en état des infrastructures agricoles du pays, y compris les rizières et les parcelles consacrées au maraîchage commercial.

En coopération avec le ministère de l'agriculture et l'Institut national de recherche agronomique (INPA), la FAO appuiera l’initiation de 50 agriculteurs aux activités de multiplication des semences, pour les familiariser avec le cycle de production complet, depuis la fourniture des stocks de semences jusqu'à la commercialisation de semences certifiées. La FAO s'attachera aussi à renforcer la capacité de l’INPA de contrôler la qualité des semences produites.

Cinquante éleveurs de petits animaux (volailles, ovins, caprins, porcins) recevront une formation sur les nouvelles techniques d'élevage et une aide pour améliorer les conditions sanitaires des structures d'élevage, tandis que des services vétérinaires seront proposés avec des médicaments et d'autres fournitures essentielles. 

La FAO collabore aussi avec le PAM pour appuyer 300 jardins scolaires mobilisant quelque 24 000 écoliers bénéficiaires. L'objectif est d'enseigner le maraîchage aux élèves, tout en améliorant leur régime nutritionnel. Environ 40 % de la production sera vendue sur les marchés locaux.  

Autres activités de la FAO

En juillet 2008, la FAO a lancé un projet, d'une durée d'un an et d'une valeur de 500 000 USD, au titre du Programme de coopération technique, pour fournir des semences de qualité, des outils agricoles et une assistance technique à 5 000 agriculteurs vulnérables, en vue d'améliorer leur production vivrière de contre-saison. Avec l'aide de la FAO, et en collaboration avec le ministère de l'agriculture et des ONG, les agriculteurs ont planté du riz, du niébé, des arachides, du manioc et des patates douces. Les récoltes ont été bonnes si bien que la variété et la disponibilité des produits ont augmenté sur les marchés locaux tandis que les agriculteurs ont réussi à mettre de côté des semences pour la campagne suivante. 

Les fonds du projet ont permis la vaccination des animaux d'élevage, contribuant à améliorer les sources de revenus et la sécurité alimentaire des familles. Un appui a également été fourni aux associations de pêcheurs et à la division de protection des plantes du ministère de l'agriculture.  

La FAO exécute par ailleurs un projet d'urgence financé par l'Espagne, qui vise à améliorer la sécurité alimentaire des ménages touchés par la crise de la commercialisation des noix de cajou. L'objectif est d'accroître les revenus pour promouvoir une transformation plus efficace et sûre des noix de cajou et des fruits sur place et améliorer la situation nutritionnelle des femmes et des enfants qui consomment les sous-produits des noix de cajou, tels que le jus. 

Guinea-Bissau relies on imported rice to meet consumption needs.