Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

La Gambie

Le contexte

La Gambie est engluée dans la pauvreté et entravée par le manque de ressources naturelles. Le tourisme est une source de recettes majeure, générée essentiellement par les stations touristiques aménagées sur l'étroit littoral atlantique du pays. Le reste du pays s'allonge le long des rives nord et sud du fleuve Gambie qui prend sa source à l'est, dans l'intérieur des terres. La Gambie, le plus petit pays du continent africain, est quasiment enclavé à l'intérieur du Sénégal.

La Gambie tire aussi des bénéfices du commerce et des services liés à l'acheminement des marchandises entre la partie principale du territoire sénégalais, située au nord, et la région sénégalaise de la Casamance, située au sud, puisque son territoire sépare les deux zones.

Bien que l'agriculture constitue le principal moyen d'existence de 75% environ de la population, en particulier les femmes des zones rurales, depuis des décennies la production vivrière reste bien en deçà des besoins de consommation du pays. Le déficit vivrier s'est encore creusé ces deux dernières années en raison des mauvaises conditions météorologiques et de la réticence des bailleurs de fonds internationaux à appuyer un gouvernement accusé d'utiliser la manière forte contre l'opposition.

Une grande partie des sols est dégradée ou impropre à la culture avec seulement 20% du territoire considérés comme cultivables. En tant que pays de la zone sahélienne, la Gambie a une longue saison sèche mais l'agriculture dépend de précipitations en diminution. Seuls 6% des terres agricoles sont irrigués, principalement pour le riz dans la région Central River.

Traditionnellement, l'agriculture mise sur la culture de l'arachide, mais les agriculteurs sont aussi à la merci des fluctuations des cours internationaux. Les arachides sont produites quasi-exclusivement pour l'exportation et les prix se sont effondrés.

La réponse de la FAO

En octobre, la FAO a lancé un projet du Programme de coopération technique, dont le financement se chiffre à 250 000 USD, pour soutenir l'action du gouvernement, en assurant des distributions de semences de riz, d'engrais et d'autres intrants afin de dynamiser la production rizicole du pays. Le riz, importé le plus souvent, est consommé en particulier dans les villes.

La Gambie fait aussi partie des pays couverts par un projet régional du PCT, qui renforcera la capacité des gouvernements nationaux de suivre la situation engendrée par la crise des prix, d'évaluer l'efficacité des mesures qu'ils prennent et de coordonner leurs actions avec celles des autres gouvernements de la région.

Les principales céréales produites par la Gambie sont le millet, le riz, le sorgho et le maïs. La production de millet précoce a augmenté ces dernières années du fait de l'extension des surfaces consacrées à sa culture mais, pour les autres céréales, la production est restée stagnante au fil des ans alors que la population augmente.

Selon des observations récentes de la FAO et du PAM, en mai 2008, la production de céréales avait diminué de 35% par rapport à 2005. Jusqu'à 60% des céréales sont importés chaque année pour combler le déficit.

Dans une situation où les familles consacrent déjà 60% environ de leurs revenus à l'alimentation, la hausse des prix pourrait avoir des conséquences sur le régime alimentaire et nutritionnel d'un grand nombre de Gambiens.

La mission d'évaluation interinstitutions qui s'est déroulée en juillet, a constaté que le prix du riz importé avait augmenté de 24% à 28%, selon le type de riz, au cours des quatre mois précédents. Quant au maïs, il avait augmenté de 21% au cours des trois mois précédents et le millet de 15%.

La mission d'évaluation interinstitutions

La mission d'évaluation interinstitutions de juillet a aussi signalé les besoins suivants:

  • Fournir une aide immédiate aux agriculteurs, en leur distribuant les intrants agricoles nécessaires.
  • Etendre les surfaces irriguées, en particulier mais pas exclusivement pour la riziculture.
  • Améliorer la production des jardins familiaux dans les zones urbaines et périurbaines.
  • Encourager la mécanisation pour promouvoir l'agriculture à visée commerciale.
  • Renforcer les systèmes de recherche et de vulgarisation pour appuyer l'agriculture.
  • Améliorer les installations d'entreposage et, ainsi, le capital financier des producteurs.
  • Réformer les systèmes fonciers qui lèsent les femmes.

 

Une mission de suivi est planifiée pour parachever le Plan d'action national de la Gambie à court, moyen et long termes.

The Gambia's farmers are heavily reliant on peanuts, or groundnuts, but prices are low