Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Libéria

Le contexte

La guerre civile de 14 ans au Libéria, qui s'est achevée en 2003, a fait de très nombreuses victimes et provoqué des déplacements de population dans tout le pays. Elle a aussi ravagé les infrastructures sociales et économiques du pays, rendant l'accès des habitants aux intrants productifs, aux services et aux marchés particulièrement difficile.

La situation politique s'est stabilisée depuis lors, permettant aux réfugiés et aux personnes déplacées de regagner leurs foyers, tandis que la croissance économique a redémarré. Pourtant, le Libéria reste l'un des pays les plus pauvres du monde, avec près des deux tiers de sa population survivant avec moins d'un dollar par jour.

Le lent redressement du secteur agricole

La majorité de la population active du Libéria vit de l'agriculture. La plupart des agriculteurs pratiquent une agriculture de subsistance, cultivant du riz et du manioc sur de petits lopins familiaux. Les années de guerre, l’incurie et la négligence ont entraîné la dégradation du secteur agricole national. La productivité s'est effondrée, notamment parce que les habitants ont fui leurs villages, et les filières agricoles sont restées embryonnaires. La production de riz – le principal aliment de base – a diminué de 76% entre 1987 et 2005.

La production agricole a augmenté ces dernières années, accompagnant le lent redressement du secteur, mais les rendements sont encore bien inférieurs à la moyenne régionale et l'insécurité alimentaire est omniprésente. La productivité est limitée par le manque d'intrants de qualité, les infestations de ravageurs des récoltes, le mauvais état des systèmes d'irrigation et de drainage et les capacités limitées de transformation des produits agricoles, en particulier chez les petits agriculteurs.

La dépendance à l'égard des importations de produits alimentaires

Le Libéria ne produit que 40% environ du riz dont il a besoin pour nourrir sa population et il est tributaire d'importations onéreuses pour couvrir le déficit. Le pays devra probablement importer davantage de riz en 2009 pour répondre aux besoins de consommation croissants. C'est précisément sa dépendance à l'égard des importations de produits alimentaires qui a rendu le Libéria particulièrement vulnérable face à l'envolée des prix des aliments et aux fluctuations des prix sur le marché mondial.

La réponse de la FAO

Facilité alimentaire de l'Union européenne

Avec le financement de près de 4,5 millions d'euros fourni par l'Union européenne (UE), la FAO a lancé en mai 2009 un projet, d’une durée de 20 mois, dans le cadre de la Facilité alimentaire de l'UE, visant à aider le gouvernement libérien à relancer son secteur agricole et à donner aux populations rurales et urbaines un accès durable et suffisant à des aliments nutritifs. 

Cette initiative fait partie intégrante du programme conjoint Gouvernement/Nations Unies pour la sécurité alimentaire et la nutrition, au titre duquel l'Union européenne apporte également son appui aux activités connexes exécutées par le PNUD, l’UNICEF et le PAM.

Le projet vise à stimuler la production vivrière, moyennant la distribution de semences de riz certifiées, engrais et intrants de lutte intégrée contre les ravageurs à 10 000 ménages ruraux touchés par l'insécurité alimentaire, et la fourniture de semences de légumes et d'engrais à 6 000 ménages des zones urbaines et périurbaines également touchés par l'insécurité alimentaire. Des activités de formation sont prévues.

Vingt groupements de production et de transformation des produits agricoles après la récolte, comptant chacun 12 à 20 membres, hommes et femmes, recevront du matériel permettant d'économiser de la main-d'œuvre et bénéficieront d'une formation pour améliorer la production, promouvoir la première transformation des produits et renforcer la capacité de créer de la valeur ajoutée.

Un des objectifs du gouvernement libérien est d'étendre la surface de terres cultivées sans empiéter sur les forêts. La FAO fournira une assistance technique aux partenaires du développement pour la mise en culture des zones marécageuses de bas-fonds étant donné que les rendements y sont approximativement de 80% à 90% plus élevés que sur les hautes terres.

Grâce à la liaison avec les programmes d'alimentation scolaire bénéficiant d'un appui du PAM, quelque 110 projets de jardins scolaires recevront des intrants et une assistance technique. Le but est de parvenir à la production durable d'aliments nutritifs.

Le projet fournira aussi un soutien substantiel au système national de production de semences, qui a été dévasté pendant la guerre, et contribuera à renforcer la capacité du ministère de l'agriculture d'évaluer et suivre la croissance dans le secteur agricole. 

Autres activités de la FAO

Depuis 2008, la FAO apporte son soutien à plusieurs projets exécutés au Libéria pour atténuer les retombées de l'envolée des prix des denrées alimentaires sur les familles vulnérables, notamment:

  • Deux projets, évalués à 3 millions d'USD environ, qui visent à stimuler la production de riz des petits agriculteurs, moyennant la distribution d'engrais et d'intrants de lutte contre les ravageurs. Ils améliorent ainsi le régime alimentaire et réduisent le risque de malnutrition 
  • Un projet, évalué à 250 000 USD, dont l’objectif est d’éviter la pénurie aiguë de semences, imputable à l'influx de rapatriés revenant des pays voisins

Le Libéria fait aussi partie des pays couverts par un projet régional du Programme de coopération technique, conçu pour aider les gouvernements à renforcer leur capacité de suivre et analyser la situation de la sécurité alimentaire. 

 

A woman harvests rice in Liberia.