Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Madagascar

Le contexte

Ces 15 dernières années, Madagascar a subi des cycles annuels exceptionnels de sècheresses, cyclones et inondations. L'année 2008 à elle seule a donné lieu à trois cyclones qui ont provoqué le déplacement de plus de 330 000 personnes et, au lendemain de ces catastrophes, les réserves de vivres et de semences épargnées avaient été en grande partie consommées.

Le prix du riz, l'aliment de base principal du pays, a jusqu'ici été protégé de l'envolée internationale des prix, grâce à une production locale relativement stable. Mais l'on craint que la production rizicole de cette année, une fois les cultures de saison et de contre-saison récoltées d'ici à octobre, ne suffise pas pour permettre à la population de passer la saison de soudure. S'il veut couvrir les besoins alimentaires jusqu'à la prochaine récolte, en mars, Madagascar devra importer du riz à un prix probablement encore très élevé, puisque de 70% supérieur au prix local actuel. On estime à 270 000 tonnes la quantité de riz à importer pour couvrir les besoins alimentaires.

La réponse de la FAO

En juillet, la FAO a lancé un projet du Programme de coopération technique, mobilisant un financement de 500 000 USD, qui a été immédiatement mis en œuvre pour fournir à quelque 5 000 agriculteurs et à leurs familles des semences de haricot et de riz destinées à la plantation des cultures de contre-saison. L'objectif est double: faire augmenter la production agricole de cette année et favoriser le rétablissement du système de production de semences du pays, en formant les agriculteurs à la multiplication de semences de bonne qualité.

La FAO cible seize régions dans le sud-est du pays, une zone frappée de plein fouet par les cyclones les plus récents. La FAO distribue aussi des engrais et des outils, tels que fraiseuses et pelles, aux familles d'agriculteurs.

La FAO entend aussi lancer une analyse générale du système commercial malgache, caractérisé par des déséquilibres surprenants qui font que les hausses de prix, contrairement d'ailleurs aux baisses de prix, ne se répercutent pas dans les zones productrices de riz alors que, dans le reste du pays, les consommateurs sont contraints de payer le prix fort.

Dans un futur plus lointain, Madagascar pourrait devenir non seulement autosuffisante en riz, la culture vivrière de base, mais aussi devenir exportatrice pour les îles de l'Océan indien et les pays d'Afrique de l'Est. La FAO soutient les propositions qui vont en ce sens, au moyen de mesures efficaces de maîtrise de l'eau tandis que dans le sud, d'autres cultures résistantes à la sècheresse, telles que le maïs à cycle court et le sorgho, pourraient contribuer à diversifier le régime alimentaire national et alléger la dépendance à l'égard du riz.

Jusqu'à récemment, le sud était gros producteur de maïs. Mais avec la diminution des précipitations déjà peu abondantes, la FAO et son partenaire l'ICRISAT, l'institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides, ont réintroduit le sorgho, une culture résistante à la sécheresse et nourrissante, adaptée aux rudes climats arides. Le maïs à cycle court, moins vulnérable aux épisodes de sècheresse, est aussi en cours d'introduction.

Sorghum takes root again
Sorghum takes root again
Rice seed distribution, Fenerive-Est
Rice seed distribution, Fenerive-Est