Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

République Démocratique du Congo

Le contexte

Malgré l’abondance de ses ressources naturelles, la République démocratique du Congo (RDC) fait partie des pays les plus pauvres du monde et des décennies de guerre civile ont prélevé un lourd tribut. Plus de 75 % de la population vit avec seulement un dollar par jour.

Dopé par le conflit, le nombre de personnes souffrant de la faim en RDC a augmenté, passant de 11 millions en 1990-1992 à 43 millions en 2003-2005. La situation sécuritaire s'est améliorée ces dernières années malgré des flambées de violence, en particulier dans le nord-est du pays.

Dans l'est de la RDC, l'insécurité permanente et de graves sècheresses ont compromis les activités agricoles, entraînant des pertes de récolte et de nouveaux déplacements de population. Dans les régions du Centre et du Sud, des cultures vivrières importantes, telles que le sorgho et le millet, ont aussi pâti des épisodes de sècheresse relative de 2008.

Le Programme alimentaire mondial estime que jusqu'à 1,6 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays et de membres d'autres groupes vulnérables ont besoin d'une aide alimentaire. La pression exercée sur les ressources alimentaires déjà maigres des zones accueillant un grand nombre de personnes déplacées est très forte et les ressources ont été épuisées. Comme si cela ne suffisait pas, entre janvier et juin 2008, le prix de la farine de manioc au marché central de Kinshasa a doublé tandis que le prix du riz importé a grimpé en flèche de 75% environ.

La réponse de la FAO

Facilité alimentaire de l’Union européenne

La médiocrité des infrastructures et la dislocation des filières de production agricole ont bloqué la croissance économique de la RDC, la production alimentaire locale tombant bien en dessous de la demande de la population croissante du pays.

En conformité avec les stratégies de réduction de la pauvreté du gouvernement congolais, la FAO a lancé en mai 2009 un projet de deux ans, dans le cadre de la Facilité alimentaire de l'UE, pour relancer la production agricole et tenter d'améliorer l'accès des agriculteurs aux marchés.

Grâce à un financement équivalent à un peu plus de 9 millions d'euros, quelque 36 000 ménages vulnérables (approximativement 180 000 personnes) bénéficieront d'une série d'activités, notamment l'amélioration de l'accès aux intrants de qualité mais aussi aux moyens de transport et aux installations d'entreposage.

L'objectif est d’améliorer l’approvisionnement en produits alimentaires des principaux marchés urbains de Kisangani, Kindu, Kananga, Mbuji-Mayi et Tanganyika, tout en permettant aux petits agriculteurs d'arrondir leurs revenus.  

À cette fin, la FAO s'attachera plus particulièrement à renforcer les connaissances techniques en matière de production, entreposage, transformation et commercialisation des produits agricoles, tout en améliorant le réseau de routes rurales pour permettre aux agriculteurs de porter leurs produits jusqu'aux marchés. La FAO appuiera également les activités de renforcement des capacités destinées aux associations d'agriculteurs.

Une autre composante importante du projet vise à faire en sorte que les acteurs clés – le Gouvernement, les bailleurs de fond, les organisations humanitaires et les médias - aient accès à une information régulière et actualisée sur la situation de l'insécurité alimentaire dans le pays, par exemple les prix des aliments, les réserves alimentaires, la consommation des ménages et d'autres données importantes. La FAO participera par ailleurs à l'analyse de la situation aux échelons national et provincial par le biais du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un outil normalisé permettant de classer les situations de sécurité alimentaire et de repérer les zones où une intervention s'impose.

Autres activités de la FAO

La FAO a mis sur pied en RDC un programme d'intervention d'urgence d’un montant de près de 50 millions d'USD, ce qui en fait l'un des plus gros portefeuilles de l'Organisation.

Pour atténuer les effets de la flambée des prix des aliments, la FAO intervient dans le cadre du programme d'urgence existant et exécute des projets du Programme de coopération technique (PCT) ciblant spécifiquement la crise de la hausse des prix.

Au titre de l'un des projets PCT, mobilisant un financement de 500 000 USD, des semences et des outils ont été achetés localement (130 tonnes de riz, 20 000 houes, 20 000 machettes, 20 000 limes) et ont été distribués à temps pour les plantations de septembre, les intrants restants étant distribués avant le démarrage de la campagne de janvier 2009.

La RDC est aussi couverte par deux autres projets PCT portant sur le renforcement des capacités et la coordination dans la région Afrique centrale.

Par l’intermédiaire de son unité chargée de la coordination en situation d’urgence et du redressement, la FAO a aussi lancé un programme de réserves stratégiques dont l’objectif est de mettre des intrants agricoles de base à la disposition des populations vulnérables vivant dans des zones de conflit, au début des campagnes agricoles.

 

Conflict and displacement have had their effects on farm production in DR Congo.