Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Sierra Leone

Le contexte

Alors que la Sierra Leone se relève d'une guerre civile traumatisante de 10 ans qui s'est achevée en 2002, la faim et la malnutrition continuent à menacer la stabilité de la paix. Ce pays d'Afrique de l'Ouest regorge de ressources naturelles, telles que les diamants et le rutile, un minerai du titane; pourtant, on estime que 65% à 75% des habitants vivent dans la pauvreté.

L'agriculture est considérée comme le pilier de l'économie, constituant le moyen d'existence de 60% à 70% de la population active (environ 400 000 ménages agricoles). Les outils et les pratiques de la plupart des agriculteurs du pays sont très rudimentaires - moins de 5% des ménages ont accès aux engrais, aux insecticides, aux herbicides, aux tracteurs et aux motoculteurs.

Le réseau routier dégradé dans l'ensemble du pays empêche la distribution des intrants si bien qu'il n'a guère été possible d'améliorer la production agricole d'une manière tangible. En outre, le conflit a laissé derrière lui un grand nombre d'orphelins, de familles monoparentales et de travailleurs agricoles handicapés.  

La hausse des prix des aliments et la crise financière favorisent la recrudescence de l'insécurité alimentaire

La Sierra Leone a besoin chaque année de quelque 500 000 tonnes de riz usiné, l'aliment de base, pour nourrir sa population. La production nationale couvre environ 70% à 75% des besoins, le reste étant importé. Le coût du riz en Sierra Leone a augmenté de plus de 50% entre janvier et juillet 2008.

Alors que les cours internationaux sont en net recul, les prix locaux sont encore élevés et la crise qui secoue l'économie mondiale est source de nouveaux problèmes pour les plus vulnérables. De nombreux habitants comptent sur l'argent envoyé par leurs proches travaillant à l'étranger pour surmonter les difficultés créées par la hausse des prix des aliments et des carburants mais, avec la crise économique, les envois de fonds et les investissements ne cessent de s'amenuiser.

Les plus touchés sont les ménages à faible revenu résidant dans les villes et les centres urbains ou leur périphérie. Les petits agriculteurs ne produisant pas suffisamment de vivres sont également confrontés à l'insécurité alimentaire pendant la difficile saison de soudure qui s'étend de juin à octobre chaque année.

La stabilisation des progrès accomplis par la Sierra Leone ces dernières années en matière de paix, de sécurité nationale, de redressement économique et de gouvernance est conditionnée par la sécurité alimentaire et la croissance économique.

La réponse de la FAO

Facilité alimentaire de l'Union européenne

En mai 2009, la FAO a lancé un projet dans le cadre de la Facilité alimentaire de l'UE, visant à aider le Gouvernement de la Sierra Leone à stimuler la productivité des petits agriculteurs et améliorer leur accès aux services d'appui agricole (marché des intrants, conditionnement de la production après la récolte, vulgarisation et appui technique) et aux marchés ruraux.

Les fonds, dont le montant total dépasse 10 millions d'euros, seront utilisés pour appuyer la création de 105 centres d'appui au développement des entreprises agricoles, qui seront confiés à des organisations paysannes existantes et seront gérés par elles.

En moyenne, chaque centre offrira à quelque 400 petits agriculteurs des services tels que: microcrédit, vente d'intrants, location de matériel permettant d'économiser de la main-d'œuvre, entreposage des semences et des produits pour réduire les pertes post-récolte et transport de la production vers les marchés. Ces activités visent à améliorer la sécurité alimentaire de 42 000 ménages.

Le projet concoure à la réalisation du Programme national d'intervention agricole élaboré par le ministère de l'agriculture, des forêts et de la sécurité alimentaire, en étroite collaboration avec la FAO, le Programme alimentaire mondial, la Banque africaine de développement et le Fonds international de développement agricole, pour faire face à la crise des prix des denrées alimentaires.

Les activités du projet sont également articulées sur les programmes communautaires exécutés dans le cadre du Programme national pour la sécurité alimentaire intitulé: “Operation Feed the Nation”.

Le projet de la FAO sera exécuté dans sept districts où les projets du Programme national d'intervention agricole ne fournissent pas tout ce qui est nécessaire au démarrage des centres d'appui au développement des entreprises agricoles. Les gérants, les magasiniers et les machinistes recevront également une formation dans des sites régionaux, tandis que le ministère de l'agriculture, des forêts et de la sécurité alimentaire bénéficiera d’un soutien dans tout le pays pour être en mesure d'encadrer et de contrôler l'ensemble du réseau des 195 centres d'appui au développement des entreprises agricoles.

Les autres projets de la FAO

L'année dernière, la FAO a lancé au titre du Programme de coopération technique (PCT) un projet, d'une valeur de 500 000 USD, pour appuyer la production vivrière nationale, moyennant la distribution d'intrants agricoles à 5 000 ménages. Un autre projet PCT de portée régionale, couvrant des pays d'Afrique de l'Ouest, dont la Sierra Leone, aide les gouvernements à renforcer leur capacité institutionnelle de se prémunir contre la hausse des prix des denrées alimentaires grâce à la surveillance et l'analyse de la situation de la sécurité alimentaire.

Irish Aid, le fonds de l'OPEP pour le développement international et la coopération italienne ont contribué au Programme national d'intervention agricole à hauteur de plus de 4 millions d'USD, par le biais d'un accord de fonds fiduciaire de la FAO.

 

Agriculture is regarded as the backbone of Sierra Leone's recovering economy.