Le contexte
La Zambie est un pays enclavé à la population clairsemée du sud-est de l'Afrique. Sujette aux sècheresses et aux inondations, elle affiche aussi un des taux de prévalence du VIH/sida les plus élevés au monde. Les agriculteurs, dépouillés de leurs actifs par ces épreuves, sont aujourd'hui confrontés à la faim.
Les ménages ruraux produisent essentiellement de quoi se nourrir et l'agriculture compte pour 72% environ de tous les emplois en Zambie. Ces dernières années, l'augmentation des prix des carburants et des coûts de transport a rendu la production vivrière locale plus coûteuse. Depuis janvier 2007, les prix du maïs et des autres aliments de base ont grimpé de plus de 25% et le carburant de plus de 37%. La situation crée de gros problèmes aux Zambiens déjà touchés par l'insécurité alimentaire, tant dans les zones urbaines que dans les zones rurales isolées à déficit vivrier.
Selon le bureau central des statistiques, le taux d'inflation annuel du coût des aliments en Zambie atteignait 15,6% en juin 2008, une situation bien différente de celle de l'année précédente, quand ce taux n'était que de 4,8%.
L'aggravation de cette inflation est essentiellement imputable au coût de la farine de maïs, des autres céréales et produits céréaliers, de la viande, du lait, du sel, du sucre et d'autres produits alimentaires transformés.
La réponse de la FAO
Dans le but de prémunir la Zambie contre de futures crises des prix et de garantir sa sécurité alimentaire, le pays doit améliorer la productivité et la production de son secteur agricole. En mai 2008, le Président de Zambie a créé un comité interministériel, où siègent la FAO et le PAM, chargé de traiter le problème des prix des aliments, des engrais et des carburants. Le comité a pour tâches de:
- surveiller la situation de la hausse des prix des produits alimentaires;
examiner les facteurs liés à la situation; - élaborer un plan d'action visant à garantir une production vivrière durable à court, moyen et long termes; et
- promouvoir le développement de l'irrigation.
La FAO dispose déjà d'une unité de coordination pour les situations d'urgence en Zambie, qui conduit un programme dont l'objectif est d'améliorer la capacité d'adaptation du secteur agricole du pays. Face à la crise des prix des aliments, un projet du Programme de coopération technique mobilise un financement de 500 000 USD pour stimuler la productivité et la production des petits agriculteurs, moyennant la distribution de semences de maïs, d'engrais et de légumineuses.
Un autre projet du Programme de coopération technique, dont le financement s'élève à 372 000 USD, cible plusieurs pays de la sous-région de l'Afrique australe, dont la Zambie. Le projet s'attaque aux problèmes du suivi et de la coordination et à l'amélioration de l'efficacité des activités de distribution, dans le souci de faire parvenir à ceux qui en ont le plus besoin des intrants de bonne qualité.