Initiative sur la flambée des prix des aliments
 

Europe et Asie centrale

Bien que les cours des céréales sur les marchés internationaux soient récemment descendus de sommets record, ils restent perchés à des niveaux historiques: ainsi, le prix du maïs en septembre 2008 est de 45% supérieur au prix de septembre 2007 tandis que le riz a plus que doublé pendant l'année.

Seuls les pays riches ont été en mesure d'augmenter leur production

La production céréalière mondiale exceptionnelle de cette année est à attribuer principalement à une augmentation de 10% de la production de blé des pays développés. En revanche, les pays en développement ont affiché une hausse de moins de un pour cent  de la production céréalière. Nombre d'entre eux n'ont pas les moyens d'acquérir les intrants qui leur permettraient de produire davantage: les engrais, par exemple, ont triplé de prix en un an.

Dans les pays en transition d'Asie centrale, l'envolée des prix des aliments et plusieurs années consécutives de mauvaises récoltes ont sapé le pouvoir d'achat de nombreuses familles.

Des prix plus élevés dans les pays importateurs de produits alimentaires et de carburant
Au Kirghizistan, les prix des aliments de base se sont envolés entre décembre 2007 et mai 2008, par exemple: la farine a augmenté de 81%, le beurre de 100%, les œufs de 59%, la viande de 22% et l'huile végétale de 20%.

Le gouvernement a conclu un accord avec le Kazakhstan pour importer du blé, bien que ce pays ait décrété une interdiction d'exporter qui a été levée en septembre. Mais le Kirghizistan dépend aussi du Kazakhstan pour couvrir plus des deux tiers de ses besoins en tournesol et huile végétale, dont l'exportation a été interdite jusqu'en octobre.
 
Au Tadjikistan, la situation est assez semblable. Les récoltes de blé devraient être inférieures de 21% à la moyenne des cinq dernières années, en raison de l'insuffisance des précipitations, du froid intense et d'invasions de criquets au printemps. Le pays est aussi tributaire du Kazakhstan pour l'importation de grandes quantités de blé.

Le Tadjikistan, en particulier, peine à se procurer du blé aux conditions du marché et les Nations Unies ont lancé un appel pour le financement d'une aide alimentaire et d'autres types d'assistance.

Les familles les plus vulnérables consacrent jusqu'à 80% de leurs revenus à l'alimentation, tant au Tadjikistan qu'au Kirghizistan.

Des récoltes exceptionnelles pour les gros exportateurs de céréales
En attendant, des récoltes record en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan devraient faire baisser les prix dans la région dès l'automne. Mais cette baisse ne se répercutera pas entièrement dans les pays d'Asie centrale parce que les prix des carburants restent élevés et que les intrants coûteux alourdissent l'addition totale. Les produits alimentaires sont encore hors de prix.

Dynamiser localement la production de blé
L'initiative sur la flambée des prix des aliments a des activités en cours dans trois pays de la région Europe et Asie centrale: l'Arménie, la République Kirghize et le Tadjikistan, où la FAO exécute un programme, d'un montant de 5 millions d'USD, avec la Banque mondiale. Les activités consistent à fournir des semences de blé d'hiver, des engrais et un appui en matière d'élaboration des politiques.

L'Arménie est dans une situation particulièrement difficile parce que le conflit en Géorgie a réduit les flux d'importation transitant par la principale voie ferrée qui traverse ce pays à partir de la mer Noire.


Une mission de la FAO chargée d'évaluer les besoins s'est rendue au Tadjikistan d'avril à mai tandis qu'une autre mission est planifiée pour l'Azerbaïdjan.

Analyse des politiques par la FAO et les banques régionales de développement
La FAO finance également des ateliers régionaux et des études pour évaluer la hausse des prix des aliments et ses retombées, dans le but d'aider ensuite les gouvernements à formuler des politiques efficaces à l'échelon national, qui soient coordonnées avec celles des pays voisins.

La FAO et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement se sont aussi alliées pour trouver des solutions à la crise des prix des aliments. Une série de tables rondes a permis de dégager des conclusions importantes, notamment qu'il existe en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan, quelque 13 millions d'hectares de terre arable susceptibles d'être remis en production. Des investissements massifs dans l'entreposage, la manutention et le transport seraient toutefois indispensables pour rentabiliser l'augmentation de la production.

Femme vannant le riz pour séparer les grains de la paille et de la balle
Femme vannant le riz pour séparer les grains de la paille et de la balle
Costly fertilizers are key to increasing yields

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