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Maroc

Entretien avec M. Nabil Assaf, Représentant de la FAO en Algérie

Rencontre entre la Représentante de la FAO au Maroc, Madame Florence Rolle, et le Représentant de la FAO en Algérie, Monsieur Nabil Assaf en marge du Premier Séminaire Scientifique International sur l’ingénierie forestière organisé par l’ALENFI (Lieu : Bureau de la Représentation de la FAO au Maroc)
10/07/2019

Portrait : M. Nabil Assaf, de nationalité libanaise, occupe les fonctions de fonctionnaire technique (Forestier) au Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique du Nord à Tunis, Tunisie et de Représentant de la FAO en Algérie depuis 2011. M. Assaf possède une connaissance accrue en gestion forestière et une solide expertise dans le déploiement de projet de développement. Il est titulaire d’une Maîtrise en systèmes et produits forestiers de l’Université de Lérida en Espagne, d’une Maîtrise en écologie et gestion des ressources naturelles, ainsi que d’un diplôme d’Ingénieur des eaux et forêts de l’Ecole nationale forestière d’ingénieurs de Salé, Maroc.

Entretien :

Avant d’occuper le poste de Fonctionnaire technique –Forestier - au Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique du Nord à Tunis et de Représentant de la FAO en Algérie, quel a été votre parcours professionnel et académique ?

Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur des eaux et forêts de l’Ecole nationale forestière d’ingénieurs (ENFI) de Salé, Maroc, j’ai décroché mon premier poste au Liban en tant que gestionnaire de site pour l’Office national des forêts de France, l’Union européenne et le Ministère de l’agriculture du Liban dans le cadre d’un projet ayant trait à la protection de la couverture végétale au Liban.

Cette première expérience enrichissante qui a duré 3 ans m’a permis de compléter ma formation de base, et d’approfondir mes connaissances sur la végétation en Méditerranée occidentale mais également orientale. Par la suite, j’ai travaillé en tant que consultant sur différents projets notamment sur la réhabilitation du secteur agricole au sud Liban de l’Union européenne et de l’Institut pour la coopération universitaire (ICU). Suite à cela, j’ai rejoint l’Institut de recherches agronomiques de Beyrouth au Liban en tant que responsable du département des eaux et forêts.

De 2003 à octobre 2010, j’ai rejoint le Ministère de l’environnement à Beyrouth en tant que team leader du programme de reboisement national et point focal de la convention Ramsar puis j’ai été élu membre du comité permanent de cette convention par les pays de l’Asie centrale et de l’Ouest tout en enseignant les écosystèmes forestiers et l’aménagement forestier à la Faculté des sciences de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth au Liban. Et de 2007 à 2010, j’étais Coordinateur technique du projet « développement des compétences et des outils pour la gestion durable et la préservation des ressources forestières » au Centre technologique forestier de Catalogne/Agence espagnole de coopération internationale pour le développement, Liban.

S’agissant de ma carrière sur le plan international, la fonction qui a le plus retenu mon attention a été celle de Fonctionnaire technique chargé des forêts au bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique du nord à Tunis et de représentant de la FAO en Algérie qui m’a été proposé quelques mois après.

Vous avez évoqué précédemment votre passage à l’Ecole nationale forestière d’ingénieurs (ENFI) de Salé, Maroc, quels souvenirs en gardez-vous ?

Notre visite ce matin à l’Ecole en compagnie des lauréats internationaux ayant participé au premier séminaire Scientifique International d’Ingénierie Forestière, a été pour moi à la fois un moment fort en émotion et une occasion inespérée qui nous a permis de redécouvrir l’établissement, qui a su gardé son identité d’antan mais qui a fort évolué.

Je dois vous avouer que mon passage à l’ENFI a été en tous points bénéfiques pour moi, dans la mesure où la formation qui nous a été dispensée nous a permis de forger notre personnalité ; nous a appris la discipline, et à devenir forestier qui accepte et relève les défis.

Si bien même qu’à mon retour au Liban, j’ai remarqué que le bagage qui nous a été enseigné n’existait pas ailleurs, surtout dans la rive sud de la méditerranée, où régnait une méconnaissance du contexte forestier de nos milieux.

Vous avez pris part aux travaux du Premier séminaire Scientifique International d’Ingénierie Forestière organisé par l’ALENFI le 27 juin, qu’avez-vous pensé de cette rencontre scientifique ? Et dans quels panels avez-vous participé ?

Tout d’abord, j’ai accepté avec beaucoup de plaisir de participer à cette rencontre scientifique oh combien importante ayant réuni d’éminents experts du secteur et qui vise à mettre en exergue le rôle de l’ingénieur forestier en sa qualité de planificateur territorial et acteur socioéconomique, dans l’harmonisation des différents usages des écosystèmes naturels

Pour ma part, j’ai participé au panel n°2 « L’ingénieur forestier acteur principal dans le développement socioéconomique » Tout le monde s’accorde à dire que nous vivons actuellement dans un monde où le rythme de vie s’est accéléré et demande inéluctablement une surconsommation des ressources naturelles, y compris le milieu forestier qui subit de plus en plus de pression.

Un espace, qu’il faudrait dynamiser davantage au vu de la situation actuelle en augmentant la productivité des écosystèmes tout en relevant les défis auxquels le forestier fait face, à savoir le changement climatique ; le défi de réussir son aménagement ou son reboisement.

A ce titre, pourriez-vous nous décrire d’une manière succincte le mandat du bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique du Nord ? Ainsi que les projets/programmes déployés traitant les questions forestières.

Le Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique du Nord a été établi en 1996 pour fournir un appui aux cinq pays du Maghreb: Maroc, Algérie, Tunisie, Libye et Mauritanie. Sa mission est de promouvoir le développement du secteur agricole et le renforcement de la sécurité alimentaire dans la sous-région, à travers notamment, un apport de soutien et de conseils sur les politiques générales et le renforcement de capacités institutionnelles et des ressources humaines.

Le bureau a créé plusieurs commissions régionales qui forment des forums de discussion au sein desquels les pays membres échangent des idées, débattent de questions d'actualité et partagent des ressources pour améliorer leur action dans des secteurs spécifiques tel que l’agriculture, les forêts, la pêche et l’Aquaculture.

Ainsi le bureau dispose d’une équipe multidisciplinaire spécialisée en politiques agricoles, production et santé animale, terre et eaux, protection et production végétale, forêts et puis pêche et aquaculture. Ceci étant, dans la région, la FAO fournit un accompagnement technique dans plusieurs domaines, dont le secteur forestier à travers :

  • La valorisation des produits forestiers, en passant par des techniques de greffage spécifiques, de pin pignons par exemple ;
  • La valorisation des plantes médicinales ou aromatiques ;
  • L’Assistance technique en matière de gestion des incendies des forets ;
  • L’Assistance technique en matière de développement des microentreprises forestières;
  • L’Assistance technique en matière d’inventaire forestier (Tunisie);
  • La Réhabilitation des écosystèmes de chêne de liège (Algérie);
  • La gestion des ressources Naturelles (Mauritanie)
  • L’aménagement des bassins versants (Maroc).