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Journée internationale de la montagne: Note d'information
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Les montagnes et la crise alimentaire mondiale
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La FAO a recensé 22 pays particulièrement touchés par l’envolée des prix alimentaires due à des niveaux élevés de faim chronique et à la dépendance vis-à-vis des importations de céréales et des produits du pétrole. Beaucoup de ces pays comptent d’importantes populations de montagne, notamment la République populaire démocratique de Corée, Haïti et le Tadjikistan, et les pays d’Afrique orientale et australe (Botswana, Burundi, Éthiopie, Kenya, Malawi, Rwanda, République-Unie de Tanzanie, Zambie et Zimbabwe).
Dans les pays andins, qui sont des exportateurs nets de nourriture (à l’exception du Venezuela), la crise a aggravé les difficultés des communautés les plus défavorisées. En Colombie, en Équateur et au Pérou, le pourcentage d’habitants vivant dans une pauvreté extrême a augmenté de 3 à 6 pour cent, et même de 10 pour cent en Bolivie.
Au Pakistan, les différences de prix constatées sur les marchés alimentaires illustrent le handicap des communautés de montagne. Dans la province montagneuse de la frontière du Nord- Ouest, le blé était 20 pour cent plus cher que les prix constatés dans les zones de plaine, le maïs, plus de 30 pour cent, et la farine de blé deux fois plus coûteuse.
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Aggravation d’un problème ancien
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Pour des millions de montagnards, la faim et la menace de la faim n’ont rien de nouveau. Les rudes climats et les terrains accidentés, souvent inaccessibles, associés à la marginalité politique et sociale, rendent les populations de montagne vulnérables aux pénuries alimentaires. Une étude de la FAO de 2002 indique que 90 pour cent des populations de montagne de la planète (près de 325 millions) vivent dans les pays en développement ou en transition, et que 245 millions d’entre eux (plus de 75 pour cent) sont déjà victimes de la faim ou à risque.
Les études sur la nutrition indiquent également que les populations de montagne souffrent de taux élevés de carences en oligo-éléments. Par exemple, les habitants des Andes, de l’Himalaya et des chaînes montagneuses de Chine sont considérés plus vulnérables aux carences en iode, comportant un plus grand risque de mortalité infantile, de lésions cérébrales et de nodules thyroïdiens (goitre). Le problème est dû en partie aux fortes précipitations et à la fonte des neiges, pouvant lessiver le sol de sa teneur en iode.
Les données recueillies dans l’Himalaya et les Andes indiquent en outre une forte prévalence de carence en Vitamine A, qui peut porter à des problèmes d’héméralopie, à des lésions oculaires et, dans les cas les plus graves, à la cécité, ainsi qu’à une augmentation des risques d’infections mortelles.
La faim et les carences en oligo-éléments sont des facteurs qui contribuent aux taux de mortalité infantile nettement plus élevé dans les régions de montagne. Sans compter le niveau de mortalité maternelle.
Il est important de comprendre que la faim et les carences en oligo-éléments ne sont pas simplement un symptôme de pauvreté chez les communautés de montagne – mais qu’elles perpétuent la pauvreté.
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Apprendre à manger sainement
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La vie en montagne n’a jamais été facile. Mais au fil des générations, les communautés montagnardes ont acquis un bagage de connaissances et d’expertise pour affronter les rudes conditions et vivre de la terre.
Et pourtant, de nombreuses communautés de montagne ont modifié leurs pratiques agricoles pour répondre aux demandes d’une économie de marché plus vaste, finissant souvent par dépendre d’une seule culture de rente. Ce qui a eu pour conséquence l’érosion des savoirs autochtones liés aux aliments locaux et aux pratiques agricoles traditionnelles, et la réduction de la diversité agricole, contribuant à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition dans les zones montagneuses. De nombreux aliments de montagne traditionnels deviennent stigmatisés comme “aliments du pauvre” au profit de produits relativement bon marché, riches en matières grasses et en sucres, comme les boissons sucrées, les viandes transformées et le pain blanc, jugés plus attrayants en dépit de leur très faible valeur nutritionnelle.
Il est fondamental d’offrir une éducation et une formation sur la valeur nutritionnelle d’aliments cultivés ou cueillis à l’échelle locale aux familles de la montagne ainsi qu’aux agents de santé et aux vulgarisateurs dans les communautés de montagne. Et ce, pour contribuer à la bonne santé des hommes et les femmes, des garçons et des filles de ces zones et veiller à ce qu’ils soient en mesure de prendre une part active au développement économique et social de leurs communautés.
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| Rendre la production animale en montagne plus durable |
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Près de 70 pour cent des terres de montagne servent au pacage et plus de 300 millions de personnes vivent de l’élevage. Cependant, avec l’augmentation des populations de montagne et l’essor des marchés de la viande et des produits laitiers, l’expansion des terres d’alpage et le pâturage à outrance ont contribué à la déforestation, à la dégradation des bassins versants, à l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre et à l’érosion de la biodiversité. De tous les types de forêts, ce sont les forêts tropicales de montagne qui disparaissent le plus vite.
Une façon d’aborder le problème a été d’encourager les producteurs à adopter des pratiques durables d’élevage par le biais des paiements des services environnementaux. Le Projet régional de gestion intégrée de l’écosystème sylvopastoral a élaboré et testé une méthodologie pour la rémunération des services environnementaux dans les pâturages dégradés des montagnes de Colombie, du Costa Rica et du Nicaragua.
Le projet a payé les agriculteurs pour qu’ils adoptent des pratiques sylvopastorales durables, comme la plantation d’arbres, d’arbustes fourragers et de clôtures vivantes dans et autour de leurs pâturages. De 2003 à 2006, les éleveurs participants ont reçu entre 2 000 et 2 400 dollars par ferme, soit 10 à 15 pour cent de leurs revenus nets. Au Costa Rica, les superficies de pâturages dégradés ont été ainsi réduites de plus de 60 pour cent et celles de pâturages améliorés ont pratiquement quintuplé.
Depuis le début du projet, on estime que 25 000 tonnes de carbone ont été absorbées de l’atmosphère. Grâce aux nouvelles pratiques, on a pu observer plus de 500 espèces d’oiseaux dans les fermes, dont un quart sont considérées comme vulnérables ou menacées d’extinction.
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Des marchés pour les produits de la montagne
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La création de marchés pour des produits de niche est considérée comme un élément clé des stratégies d’amélioration de la sécurité alimentaire dans les zones de montagne. Les exemples suivants illustrent les différentes approches possibles pour renforcer ces marchés.
Par l’intermédiaire de la «Rawain Women’s Cooperative Federation», 2 800 femmes dans la région de l’Himalaya central en Inde sont employées par des micro-entreprises agricoles. Fortes de leurs savoirs agricoles traditionnels sans recours aux intrants chimiques, les femmes ont pu exploiter la demande croissante de produits biologiques. La fédération commercialise 18 types différents de plantes traditionnelles dans les villes indiennes, notamment le sarrasin, le haricot de kulthi et le millet des oiseaux. Récemment, une société japonaise a commencé à acheter du millet en vrac pour la préparation d’aliments pour nourrissons.
Dans la région de l’Anti-Atlas au Maroc, le safran, baptisé «or rouge», est un produit de montagne à haute valeur ajoutée. C’est une source fondamentale de revenus pour environ 3 000 petits exploitants qui le récoltent à la fin d’octobre, l’entreposent dans des coffres pour le vendre au marché tout au long de l’année à mesure que le besoin d’argent pour la famille se fait sentir. Le Programme des produits de la montagne, mis en oeuvre par la FAO dans le cadre du Partenariat de la montagne, a lancé un projet visant à améliorer la production, la transformation et la commercialisation du safran.

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| Améliorer les sols de montagne |
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La fine couche arable en montagne limite la production vivrière. Cependant, les engrais commerciaux sont désormais hors de portée d’un nombre croissant d’agriculteurs de montagne. La nécessité de trouver des variantes aux intrants chimiques dérive aussi de facteurs environnementaux. Dans de nombreuses zones montagneuses, la fertilité des sols a été compromise par la mauvaise gestion des engrais chimiques, qui sont en outre une source principale de gaz à effet de serre et de pollution des nappes phréatiques.
La sécurité alimentaire et la production agricole durable dans les montagnes dépendront des communautés agricoles qui utilisent des méthodes écologiques et peu coûteuses de conservation et de rétablissement de la fertilité du sol. Un exemple de coopération internationale dans ce domaine est le Projet d’aménagement durable des sols dans la région des collines moyennes du Népal. Grâce à une approche de vulgarisation «de fermier à fermier», le projet encourage les techniques de gestion des sols durables, telles que la préparation améliorée du fumier de ferme et l’intégration des légumineuses dans la succession des cultures.
Chaque année, le projet a introduit des techniques de gestion des sols durables auprès de 25 000 agriculteurs de colline, avec des taux d’adoption de 60 pour cent. La quasi-totalité de ces agriculteurs ont convenu que ces pratiques donnent des rendements plus élevés, des produits de meilleure qualité, de meilleures conditions du sol, des coûts moindres d’engrais chimiques et une augmentation des revenus. |
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La voie en avant
Dans leur déclaration finale à la récente Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale, les hauts dirigeants ont exhorté la «communauté internationale, y compris le secteur privé, à intensifier de façon décisive les investissements dans la science et la technologie pour l’alimentation et l’agriculture», processus essentiel pour répondre aux buts du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 et aux objectifs du Millénaire pour le développement.
Avec près de trois quarts des montagnards victimes d’insécurité alimentaire et une pression environnementale croissante exercée sur les écosystèmes agricoles de montagne, ces buts ne seront atteints qu’en ciblant une partie de ces investissements sur les zones de montagne. Citons parmi les priorités:
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La recherche et le développement dans l’agriculture doivent non seulement être axés sur les céréales de base échangées dans le monde entier, mais inclure également les cultures de subsistance des communautés de montagne depuis des générations.
• Les races d’élevage indigènes (souvent menacées d’extinction) adaptées aux systèmes de production de montagne doivent recevoir une plus grande attention dans les programmes de sélection.
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Il faut un soutien public et privé pour créer des chaînes d’approvisionnement durables et sûres reliant les producteurs de montagne aux marchés locaux, régionaux et mondiaux.
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Au lieu d’appliquer les politiques et lois créées pour les zones de plaine, les gouvernements doivent élaborer des politiques spécifiques aux montagnes tenant compte de la fragilité de leurs environnements et des besoins, intérêts et priorités de leurs habitants.
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Pour que ces politiques, lois et investissements améliorent les conditions de vie des habitants de la montagne, il faut que ceux-ci participent pleinement à leur mise en oeuvre.

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