Domaines Multidisciplinaires

 

 

Bioénergies

Rappel: on devrait assister au cours des 30 prochaines années à un net recul de l’usage des combustibles fossiles, au profit d’une économie fondée sur les bioénergies. L’agriculture et les produits forestiers seraient alors les principales matières premières utilisées pour la production d’énergie. Un accès élargi aux combustibles bioénergétiques, en particulier à l’éthanol et au biodiesel, aurait une double fonction: fournir de l’énergie afin de satisfaire aux exigences de base en matière de bien-être et de développement et générer des effets environnementaux positifs, tels que la réduction des gaz à effet de serre.

Étant donné que, dans les zones rurales, quatre personnes sur cinq ne disposent pas d'un accès durable à l'énergie, la transition vers les bioénergies aurait une incidence très importante sur les secteurs de l'agriculture et de l'exploitation forestière au vu des opportunités qu’elle présente pour stimuler la croissance économique dans les zones rurales des pays en développement. Toutefois, cette transition pourrait dans certains cas affecter la sécurité alimentaire et générer des impacts environnementaux négatifs en accentuant les rivalités qui existent pour accéder aux terres, aux cultures et aux matières premières. Il apparaît donc que, dans ces pays où les bioénergies présentent un fort potentiel, ces opportunités ne pourront être exploitées que si les dispositifs de sécurité nécessaires sont mis en place dans les domaines social et environnemental.

La FAO est active dans le domaine des bioénergies depuis la Conférence des Nations Unies sur les sources d'énergie nouvelles et renouvelables (Nairobi, 1981) et ce thème a été abordé lors du Sommet mondial de l’alimentation ainsi que lors de son suivi. En 2002, l’Organisation a été à l’origine d’une série d’actions visant à renforcer son engagement dans le domaine et à sensibiliser ses Membres à ces questions. Les réunions des comités de l’agriculture, des forêts, de la sécurité alimentaire mondiale ainsi que celles du Conseil et de la Conférence ont confirmé l’importance de ce sujet et ont appelé à la mise en oeuvre d’un programme élargi.

L’objectif général est de promouvoir un accès plus équitable aux bioénergies pour les parties prenantes nationales en prenant en compte des aspects tels que la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, la parité hommes-femmes, la durabilité de l’environnement et l’atténuation du changement climatique. La Plateforme internationale sur la bioénergie a été développée sous la houlette de la FAO et lancée en 2006 pour appuyer les travaux menés sur ce sujet. Dans ses opérations générales et de terrain, mais également dans le cadre de son programme de développement international, la FAO sera appelée à promouvoir un développement durable de la bioénergie. Il conviendra de tenir compte des aspects suivants:

  • Mis en oeuvre de manière cohérente, les systèmes de production et d’utilisation des bioénergies peuvent contribuer à faire reculer la faim et à stimuler le développement rural en participant à la diversification des activités agricoles.
  • L’utilisation de la biomasse à des fins énergétiques, en particulier lorsque les stocks vivriers ou les produits forestiers sont utilisés ou remplacés par d’autres cultures, a des implications en terme de sécurité alimentaire. Il convient de bien les comprendre et d’en tenir compte dans les politiques et pratiques nationales dans le domaine de la bioénergie.
  • Les conséquences environnementales du développement des bioénergies, en particulier en termes de changement d’affectation des terres et de gestion des ressources naturelles, doivent faire l’objet d’un contrôle attentif en vue d’assurer des résultats positifs.
  • Le développement durable des bioénergies peut contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’atténuation des effets du changement climatique mais également, en diversifiant les systèmes de production agricole, à l’adaptation à ce phénomène.
  • Plusieurs pays participent déjà à des activités dans ce domaine et les échanges mondiaux vont croissant. Des insuffisances importantes existent cependant en matière de connaissances, de technologies et de compétences.
  • Les demandes d’aide des pays augmentent rapidement. Elles portent notamment sur l’évaluation des potentiels bioénergétiques et sur leur développement à long terme ainsi que sur l’examen des cadres législatifs et des politiques possibles. Les pays sollicitent également des conseils sur la sécurité alimentaire et la gestion des ressources.

Objectifs et plans pour 2008-09: durant cet exercice biennal, la Plateforme internationale sur la bioénergie facilitera la collaboration entre la FAO et ses partenaires en vue d’aider les pays à évaluer et à développer leurs capacités dans le domaine de la bioénergie durable. Le Groupe de travail interdépartemental sur les bioénergies et la Division de l’environnement, des changements climatiques et de la bioénergie exploiteront les compétences multidisciplinaires afin de parvenir aux résultats suivants dans le cadre de l’entité 2KP06 et des entités de programme connexes:

  • Un cadre institutionnel performant pour les bioénergies, système sur lequel s’appuiera la mise en oeuvre du programme. Il sera complété par un mécanisme de mobilisation visant à s’assurer que les ressources du programme ordinaire et extrabudgétaires soient utilisées de manière coordonnée pour engager aux niveaux régional, national et mondial des activités favorisant le développement d’une bioénergie durable.
  • Un encadrement actif fondé sur des mécanismes de collaboration tels que le Partenariat mondial sur les bioénergies, dont le Secrétariat est accueilli par la FAO et ONUÉnergie, dont l’Organisation est vice-président. Ces partenariats permettront de s’assurer que l’ensemble des tribunes relevant du mandat de la FAO prend en considération la sécurité alimentaire, la gestion durable des ressources naturelles ainsi que les opportunités de développement rural. La collaboration avec les centres d’excellence technique sera également renforcée.
  • Un système d’information international sur les bioénergies facilitant l’évaluation et l’analyse des bioénergies aux niveaux régional, national et mondial et servant de référence pour obtenir des données fiables sur les liens entre bioénergie, sécurité alimentaire et durabilité environnementale.
  • Un accès facilité aux informations sur les bioénergies; un renforcement des ressources humaines; une bonne gestion des réponses apportées par la FAO aux demandes des pays et aux besoins nationaux, principalement par le biais de ses bureaux décentralisés. Ces actions bénéficieront de l’appui apporté aux groupes de travail régionaux et nationaux chargés de la bioénergie pour développer des stratégies adaptées aux besoins particuliers.
  • Réalisation d’études de cas basées sur les zones agroécologiques en vue de comprendre les questions politiques et techniques liées au développement des bioénergies dans plusieurs pays. Les enseignements tirés de l’expérience de certains d’entre eux serviront également de référence.
  • Des outils et des orientations utiles sur les pratiques optimales dans le domaine des bioénergies, notamment les processus d’évaluation, de planification et de développement axés sur la sécurité alimentaire, l’environnement et le développement rural. Il conviendra de tenir compte des services bioénergétiques intégrant la question de la parité et destinés aux communautés locales et populations vulnérables.
  • Renforcement des capacités et formation à l’intention des parties prenantes locales, régionales et nationales en vue de mobiliser et de gérer des systèmes de bioénergie durable.

[extrait du PTB 2008-09