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Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

Échange de connaissances concernant les Pouilles pour les intervenants Marocains et Tunisiens dans le secteur de l’huile d’olive

@fao/Mohamed Mansouri - Des Olives fraiches

07/12/2016

 

La production oléicole au Maroc et en Tunisie, tout comme en Italie, est une tradition ancienne. Bien que le Maroc soit un grand producteur et exportateur d’olives de table, la Tunisie est le troisième exportateur mondial d’huile d’olive, après l’Espagne et l’Italie. Néanmoins, rester parmi les premiers dans le marché mondial compétitif désigne une amélioration constante des normes de qualité, de l’efficacité et du marketing.

En octobre, la FAO et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ont organisé un échange de connaissances qui s’est étalé sur quatre jours en Italie pour un groupe tunisien et marocain d’oléiculteurs, producteurs d’huile d’olive, commerçants, représentants gouvernementaux et d’autres intervenants de l’industrie.

L’échange de connaissance, organisé en collaboration avec le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), a fait partie d’une plus large initiative régionale établie par la FAO et la BERD visant à améliorer les normes de qualité alimentaire dans les deux pays de l’Afrique du Nord.

Le groupe a visité les Pouilles, l’une des principales régions oléicoles de l’Italie, et rencontra des agriculteurs, des experts techniques et scientifiques, des autorités locales, des associations de producteurs d’huile d’olive et des coopératives.

Le groupe a observé de près comment fonctionne le secteur oléicole en Italie, de l’utilisation de technologies de pointe aux méthodes de production efficaces. Les membres du groupe ont discuté comment, à travers le dialogue avec les parties prenantes, le pays œuvre à contrôler la Xylella fastidiosa, une bactérie mortelle affectant sérieusement la province méridionale de la région.

Ils ont également appris comment les producteurs italiens sont bien organisés pour promouvoir leur production oléicole, tant en Italie qu’à l’étranger, et comment la région a pu développer avec succès le tourisme autour de son patrimoine oliveraies important et des produits issus de l’oléiculture.

 

Une chaîne de valeur bien organisée

En Italie, des techniques sophistiquées de production et de traitement, et une chaîne d’approvisionnement bien organisée, ont permis à l’industrie de l’huile d’olive de devenir compétitive et rentable et d’être reconnue mondialement pour sa haute qualité.

En effet, de grandes coopératives ont amélioré le profil de l’huile d’olive italienne extra vierge dans le monde entier, en produisant et commercialisant des produits de haute qualité adaptés aux goûts des consommateurs.

AssoPrOli, l’une des plus grandes organisations italiennes de producteurs d’huile d’olive, fournit une formation technique à ses membres sur des pratiques agronomiques améliorées et la durabilité de l’environnement ; elle promeut les normes de qualité et de sécurité par la traçabilité et la certification. Elle aide aussi les professionnels à mieux s’organiser dans le secteur.

En voyant ce niveau d’organisation, la coopération et l’orientation du marché en Italie a donné au groupe des leçons précieuses. Le groupe est reparti avec une meilleure compréhension de l’importance des organisations interprofessionnelles efficaces, telles qu’AssoPrOli.

Ahmed Khannoufi, directeur d’INTERPROLIVE, organisation interprofessionnelle marocaine de l’huile d’olive, a déclaré : « Nous voulons travailler comme AssoPrOli, c.-à-d. offrir des services utiles à nos membres, impliquer tous les intervenants dans les décisions importantes et devenir une voix de valeur dans les discussions politiques dans notre pays ».

Pour Giovanni Martellini, responsable de la qualité chez Oliveti d’Italia, l’un des plus grands et plus importants consortiums italiens d’oléiculteurs, les coopératives, les huileries, les associations de producteurs et d’entreprises et des chaînes de valeur oléicoles tunisienne et marocaine plus fortes renforceront la concurrence sur le marché.

Il ajouta : « Je me réjouis de voir l’huile d’olive Marocain et Tunisien sur les marchés italiens, entièrement fabriqués, embouteillés et étiquetés dans ces pays. Nous pouvons travailler ensemble dans la région pour un marché plus efficace et plus équitable ».

 

Maintenir les arbres

Le voyage a également mis le point sur l’importance des systèmes phytosanitaires plus avancés pour combattre la propagation des maladies des végétaux dans toute la région.

Les premières souches de la bactérie mortelle Xylella fastidiosa ont été détectées dans les Pouilles en 2013. Selon les données de 2015 du Ministère italien des Politiques agricoles, alimentaires et forestières, plus de 500 000 hectares de terres ont été affectés.

Franco Valentini, expert au CIHEAM sur la Xylella fastidiosa a déclaré : « Pour préserver la santé des oliviers et protéger cette importante source de revenus ruraux, les pays doivent renforcer leurs systèmes de prévention, de détection précoce et d’intervention rapide ».

« Il est extrêmement important pour les pays méditerranéens de travailler ensemble et d’échanger régulièrement les connaissances et les informations » a-t-il ajouté.

Les moteurs du développement rural

Une autre leçon très importante tirée de cette expérience fut la façon dont les Pouilles ont construit une industrie touristique robuste autour de leurs vastes étendues d’anciennes oliveraies – quelques-unes datant de plus de deux mille ans. Les touristes voyagent en masse vers des lieux appelés « Masserie » - fermes du 16ème siècle transformées en structures agro-touristiques – pour profiter de leur beauté naturelle, savoir plus sur l’histoire de la production d’olives, échantillonner et acheter des huiles d’olive certifiées de haute qualité qui sont distinctives et incontestablement de la région.

Chokri Bayoudh, Directeur général du Bureau National de l’Huile en Tunisie a dit que « c’est quelque chose que nous n’avons pas vraiment développé en Tunisie, mais je suis inspiré par ce que l’Italie est entrain de faire. Il y a beaucoup de possibilités intéressantes pour promouvoir notre patrimoine culturel et naturel. La création d’un parc national ou le développement d’une industrie agro-touristique pourrait vraiment stimuler la croissance économique rurale. »

Des efforts supplémentaires devraient être fournis en Tunisie et au Maroc afin de promouvoir les initiatives visant à accroître l’intégration de la chaîne de valeur afin d’améliorer les normes de qualité, la valeur ajoutée et le développement des exportations dans le secteur agro-industriel et d’autre secteurs stratégiques concernant le développement rural.

Fort de cette expérience, la FAO et la BERD continueront à travailler avec toutes les parties prenantes dans les deux pays, en favorisant le dialogue public et privé et la coopération pour des chaînes de valeur oléicoles plus efficaces, inclusives et rentables.

 

 

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07/12/2016

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