Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord
©FAO/John Isaac

Les pertes et gaspillage de nourriture dans la région Proche-Orient–Afrique du Nord sont estimés à plus de 250 kg par personne, soit plus de 60 milliards d’USD par an. Ils ont des répercussions sociales, économiques et environnementales sérieuses sur la région, qui est fortement tributaire des importations alimentaires, a peu de possibilités d’accroître sa production vivrière et est confrontée au manque d’eau et de terres arables. La réduction des pertes et du gaspillage est vitale pour des systèmes alimentaires durables et pour la sécurité alimentaire de la région.

Lutter contre les pertes et le gaspillage alimentaires au Proche-Orient et en Afrique du Nord

Selon la FAO, environ 1,3 milliard de tonnes, soit près d’un tiers de toutes les denrées alimentaires produites dans le monde, sont perdues ou gaspillées chaque année. Dans un monde où près de 800 millions de personnes souffrent encore de la faim (L’État de l’insécurité alimentaire dans le monde 2014), la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires est essentielle pour garantir la sécurité alimentaire mondiale et la durabilité des systèmes alimentaires durables.

Que se passe-t-il dans la région?

Les pertes et gaspillage alimentaires sont aussi importants dans la région Proche-Orient–Afrique du Nord que dans le reste du monde. Les pertes de nourriture sont officiellement estimées à 250 kg de nourriture par personne et par an, dans la région. Les répercussions économiques, sociales et environnementales de ce gaspillage illustrent la gravité du problème. A chaque fois que des denrées alimentaires sont perdues, toutes les ressources naturelles utilisées pour les cultiver, les transformer, les emballer et les transporter l’ont été inutilement. Par exemple, dans la région Proche-Orient–Afrique du Nord, 42 km3 d’eau partent en fumée chaque année à cause des pertes et du gaspillage alimentaires; c’est d’autant plus grave que cette région est une de celles qui souffrent le plus du manque d’eau.

Les pertes et gaspillage alimentaires surviennent tout au long des chaînes de valeur alimentaires, de la production à la consommation. Environ 68% des pertes se produisent durant la production, la manutention, la transformation et la distribution. Cela signifie qu’avant même que les denrées ne parviennent aux consommateurs, des pertes significatives sont enregistrées, tant en quantité qu’en qualité, en raison de mauvaises techniques de récolte, du manque de chambres froides et de moyens de transport adaptés, des mauvaises pratiques de manutention, de l’exposition à la chaleur et aux rayons du soleil; de l’inefficacité des systèmes de commercialisation, et de défaillances dans les cadres politiques et réglementaires.

Dans la région, les gaspillages de nourriture au stade de la consommation sont estimés à 34 pour cent, principalement dans les zones urbaines. Les gaspillages sont particulièrement importants durant les fêtes religieuses, les cérémonies de mariage et les réunions de famille, et dans les entreprises hôtelières (restaurants et hôtels).

La nécessité d’une coordination élargie

Pour la FAO, il est crucial de réduire l’ampleur de ce problème pour améliorer la sécurité alimentaire et atténuer les pressions sur les ressources naturelles déjà rares dans la région.

Durant la dernière session de la Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient, les gouvernements ont approuvé un plan visant à réduire de 50 pour cent en 10 ans les pertes et  gaspillage alimentaires dans la région. Cela devrait avoir pour effet de réduire le gaspillage de ressources naturelles rares (eau et terres en particulier), en améliorant la rentabilité économique des agro-entreprises et les revenus des agriculteurs et d’alléger les factures d’importations vivrières.

La production et la collecte de données et de connaissances fiables; la sensibilisation et la promotion de bonnes pratiques; l’élaboration de politiques et de régulations appropriées; la coordination et le réseautage; la promotion d’investissements pour le secteur privé sont des domaines prioritaires du «Cadre stratégique régional pour la réduction des pertes et du gaspillage de produits alimentaires dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord» qui servira de guide aux États Membres de la FAO pour atteindre cet objectif fondamental.

Cette activité, menée sous l’égide de l'Initiative mondiale «Save Food», est un pilier de l’Initiative régionale «Favoriser la résilience pour renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition au Proche-Orient et en Afrique du Nord».

Faits et chiffres

  • La région Proche-Orient–Afrique du Nord importe 36 millions de tonnes de blé par an, mais en gaspille plus de 16 millions chaque année.
  • La région Proche-Orient–Afrique du Nord, qui est une de celles qui souffrent le plus du manque d’eau, gaspille jusqu’à 30 pour cent de ses ressources naturelles et énergétiques rares, lorsque des aliments sont perdus ou gaspillés.
  • Bien que la région soit importatrice nette de produits alimentaires, les pertes et les gaspillages vont jusqu’à 20 pour cent pour les céréales, 50 pour cent pour les fruits et légumes, 16 pour cent pour la viande et 27 pour cent pour le poisson et les fruits de mer.