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«Au Yémen, 7 millions de personnes risquent de sombrer dans la famine» avertit le Directeur général de la FAO

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, M. Graziano da Silva insiste sur la nécessité de sauver des vies en sauvant des moyens d’existence ruraux au Yémen

Photo: ©FAO/
M. José Graziano da Silva de la FAO et M. Tedros Adhanom Ghebreyesus font le point sur la situation devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

12 juillet 2017, Genève - «L'ampleur de la crise alimentaire au Yémen, un pays ravagé par les conflits, est stupéfiante. 17 millions de personnes (soit deux tiers de la population) sont en situation de grave insécurité alimentaire et sept millions d'entre eux risquent de sombrer dans la famine», a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, lors d'un briefing au Conseil de sécurité de l'ONU.

Lors d'une conférence vidéo en direct de Genève, il a souligné la manière dont le conflit et les violences au Yémen - «la plus importante crise humanitaire actuelle» - ont perturbé les moyens d'existence agricoles et ont tendance à s'aggraver dans certaines des régions les plus exposées à l'insécurité alimentaire et à la famine.

La dernière évaluation du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, menée en mars dernier, a enregistré une hausse de 20 pour cent du nombre de personnes en situation de grave insécurité alimentaire (phase 3 de l'IPC et au-dessus). Sept millions de personnes sont entrées en phase 4 de l'IPC, ce qui signifie qu'ils s'approchent à grands pas de ce que l'on classifie comme une situation de famine (phase 5 de l'IPC).

Au Yémen, «la production agricole de l'année dernière a déjà chuté de 40 pour cent par rapport au niveau de pré-conflit. Cette année, à cause des faibles pluies, les récoltes seront encore plus faibles», a indiqué le Directeur général de la FAO.

Le quasi-effondrement des services vétérinaires et de ceux de santé publique a accentué le risque de maladies et de décès. De plus, il existe de nombreux risques liés à l'utilisation d'une eau de mauvaise qualité pour irriguer et préparer la nourriture.

«Les programmes de vaccination et de contrôle des maladies du bétail ont été interrompus, aggravant ainsi le risque d'épidémies et de maladies. Le risque de voir apparaître de nouvelles zoonoses endémiques (maladies animales) est réel à travers le pays», a déploré le Directeur général de la FAO.

Sauvez des vies en sauvant des moyens d'existence

«Le besoin d'une solution politique à long terme afin d'instaurer une paix durable au Yémen ne fait aucun doute, mais il y a tant d'autres choses que nous pouvons faire dès maintenant afin de lutter contre la faim, la malnutrition et de sauver des vies et des moyens d'existence. Nous sauvons des vies en sauvant des moyens d'existence», a souligné M. Graziano da Silva.

« Si nous ne répondons pas, de manière urgente, aux besoins des populations rurales - qui constituent 70 pour cent de la population yéménite - nous n'aurons pas l'espoir d'un meilleur avenir »

M.Graziano da Silva s'exprimait devant le Conseil de sécurité de l'ONU aux côtés de M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé.

La réponse de la FAO

La FAO fait de son mieux pour répondre à la crise en étant sur plusieurs fronts malgré un financement limité. A ce jour, la FAO a distribué de la nourriture animale, des produits pour la santé animale, des produits laitiers et des intrants pour les cultures agricoles à 450 000 personnes.

 Au Yémen, pour un coût de 220 dollars par famille, un kit agricole peut produire assez de nourriture pour environ 3 mois. Un kit destiné à la culture de légumes, au prix de 80 dollars par famille, peut produire assez de légumes pour que les familles puissent les manger et même les vendre à leurs communautés tout au long de l'année.

La FAO travaille en étroite collaboration avec la Banque mondiale, le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et d'autres organismes afin d'augmenter la production alimentaire, de maintenir et d'améliorer les moyens d'existence, de protéger la santé publique et de mener des analyses IPC.

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