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Les écoles syriennes et leurs aires de jeu comestibles

La FAO et l’Union européenne utilisent les jardins scolaires pour promouvoir une meilleure alimentation et nutrition auprès des enfants

Photo: ©FAO/Zaki Khouzam
Des élèves à l’œuvre, prenant soin des légumes dans un jardin scolaire de Tartous.

29 août 2017, Rome - Alors que l’école reprend la semaine prochaine en Syrie, des milliers d’enfants vont pouvoir bénéficier d’un programme d’éducation alimentaire et nutritionnel qui utilise les jardins scolaires pour enseigner aux élèves l’importance de consommer des fruits et des légumes dans le cadre d’un régime alimentaire sain et équilibré.

Avec environ la moitié de la population syrienne ayant besoin d’une aide alimentaire et près de 7 millions en situation d’insécurité alimentaire, les jeunes enfants sont souvent les plus vulnérables face à la malnutrition, ce qui pourrait avoir de graves répercussions sur leur croissance et leur développement à l’avenir.

«La crise actuelle en Syrie a un effet dévastateur sur la santé et la nutrition d’une génération entière d’enfants, mais grâce à ces jardins scolaires les enfants apprennent maintenant des concepts clés sur la nourriture et la nutrition tout en ayant accès à des fruits et légumes nutritifs », a déclaré M. Adam Yao, Représentant par intérim de la FAO en Syrie.

Les élèves et leurs enseignants plantent des laitues dans une école de Tartous, en Syrie. ©FAO/Zaki Khozam

Pour la première fois en Syrie, des jardins scolaires sont introduits dès l’école primaire avec 300 enseignants formés dans 17 écoles, dont certaines situées en zones de conflit comme à Alep, Hama, Homs, Idleb et Damas campagne.

Dans le cadre de ce programme, plus de 3400 enfants bénéficient de précieuses informations liées à l’alimentation et à la nutrition tout en augmentant leur consommation de fruits et légumes. L’initiative fait partie d’un programme de plus grande envergure, estimé à hauteur de 6,5 millions de dollars, visant à renforcer la sécurité alimentaire dans le pays déchiré par les conflits. Le programme est fondé par l’Union européenne.

«Les jardins scolaires se présentent comme des salles de classe en extérieur où les enfants apprennent en pratiquant», a indiqué M. Yao, ajoutant que les bienfaits d’une telle initiative dépassaient le cadre de la salle de classe et des aires de jeu, faisant également profiter les enfants des familles et les communautés.

«Pour les enfants, bien manger est essentiel face aux maladies courantes et importantes afin qu’ils puissent mener une vie saine et active. Souvent, les écoles sont le seul endroit où les enfants peuvent acquérir des compétences essentielles. Ces jardins scolaires sont  donc un outil puissant pour non seulement améliorer la nutrition des enfants mais aussi les aider à se développer et grandir», a-t-il souligné. 

Avec les intrants fournis, chaque école a mis en place un jardin scolaire d’environ 500 mètres carrés, équipés de tanks d’eau et d’un système d’irrigation goutte à goutte. Avec l’aide de la FAO et d’une ONG locale chargée de veiller au bon fonctionnement de la production journalière, les jardins scolaires ont réussi à produire près de 12 tonnes de fruits et légumes. 

L’éducation nutritionnelle est cruciale. Les élèves et le personnel de la FAO discutent de questions liées à la nutrition dans un jardin scolaire à Hama en Syrie. ©FAO/Wajdi Skaf

L’éducation alimentaire et nutritionnelle amplifie l’impact des programmes de sécurité alimentaire

«De plus en plus de preuves démontrent que la production alimentaire, à elle seule, a peu d’impact sur les pratiques alimentaires à moins d’être associée à un programme d’éducation nutritionnelle. L’expérience nous a montré que l’association de programmes d’éducation nutritionnelle à des activités de culture de potagers a, en revanche, eu un impact sur les régimes alimentaires», a indiqué M. Ahmed Raza, Fonctionnaire principal chargé des systèmes alimentaires et de la nutrition à la FAO.

Pour toutes ces raisons, les jardins scolaires (financés par l’Union européenne) contribuent, au sein  des écoles, à promouvoir une approche complètement orientée vers l’éducation alimentaire et nutritionnelle, à travers laquelle l’apprentissage en salle de classe sera associé à des activités pratiques. A cela s’ajoutera un environnement scolaire sain qui verra la participation de l’ensemble du personnel scolaire, des familles et de la communauté.

«A l’école, on apprend des choses sur les choux, les poivrons, les tomates, les aubergines, les laitues et sur beaucoup d’autres aliments. Ils nous ont aussi parlé de la pyramide alimentaire, des vitamines et de la manière dont on pouvait en tirer parti», a expliqué Bilasan, élève à l’école primaire de Bahaa Eddin Sajer, situé dans le gouvernorat de Damas campagne.

La mère de Bilasan commence, elle aussi, à voir les bienfaits des connaissances acquises par sa fille.

«A la maison, elle plante des fraises et chaque matin elle arrose les plantes en me disant «c’est ce que j’ai appris à l’école, maman».

Le projet est mis en œuvre grâce à l’aide de l’UNICEF et du programme de repas scolaires du PAM et sera développé dans 35 autres écoles à Alep et à Damas campagne, grâce à une nouvelle donation du gouvernement japonais.

Un jardin scolaire de Tartous. Les élèves font pousser de nombreux légumes: des poivrons, des tomates, des laitues et des aubergines.©FAO/Wajdi Skaf

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