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La FAO encourage les nouveaux systèmes alimentaires à combattre la malnutrition sous toutes ses formes

La session plénière du Comité de la sécurité alimentaire mondiale démarre en se focalisant sur la nutrition, la foresterie et l’urbanisation

Photo: ©FAO/IFAD/WFP/Petterik Wiggers
Des efforts coordonnés contribuent à améliorer les moyens d’existence et la nutrition en Ethiopie.

9 octobre 2017, Rome - «Les sociétés et les consommateurs doivent intensifier leurs efforts afin de réorganiser les systèmes alimentaires à travers le monde, et ce, alors que les souffrances liées à la faim et le taux d'obésité sont en hausse», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, devant les participants au Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA).

«Près de 815 millions de personnes ont souffert de la faim en 2016, tandis que, d'un autre côté, de plus en plus d'adultes et d'enfants deviennent obèses dans les pays développés et en développement», a-t-il indiqué. «Cela peut compromettre les générations futures», a-t-il dit, appelant à ce que des «politiques plus actives» soient menées afin de contribuer à la création de systèmes alimentaires durables. «Il s'agit d'une tâche titanesque que les gouvernements, à eux seuls, ne peuvent accomplir», a-t-il ajouté.

La 44ème  session plénière du CSA a débuté aujourd'hui. L'organisme offre une plateforme inclusive pour que tous les protagonistes du secteur, y compris les gouvernements, la société civile et le secteur privé, puissent travailler ensemble en vue de développer des recommandations politiques et des conseils sur des thèmes liés à la sécurité alimentaire et à la nutrition. Le CSA a promulgué des directives phares liées aux droits fonciers, aux investissements responsables dans l'agriculture, ainsi que des directives sur la sécurité alimentaire et la nutrition dans un contexte de crises prolongées.

Les politiques de cette année se focaliseront sur la foresterie et l'urbanisation durable, tandis que le Panel d'experts de haut niveau publiera un nouveau rapport sur la nutrition et les systèmes alimentaires.«Associer le secteur privé aux efforts du CSA est très important car il joue un rôle spécial en s'assurant que les produits alimentaires soient plus sains, que des règles claires entourent les publicités des produits alimentaires et que les consommateurs comprennent pleinement ce qu'ils mangent», a expliqué M. José Graziano da Silva.

Il a également annoncé que la FAO et l'Organisation mondiale de la santé co-organiseront une Conférence internationale sur la sécurité alimentaire au début de l'année 2019, s'appuyant sur les discussions tenues lors de la Deuxième conférence internationale sur la nutrition (CIN2) qui s'est tenue en 2014.

«Mettre un terme à la faim, parvenir à la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition requiert une certaine cohérence et une coordination politique entre les différents acteurs et secteurs - c'est ce que nous faisons ici au CSA. J'espère que nous sommes tous d'accord sur cela», a déclaré l'Ambassadrice soudanaise Mme Amira Gornass, Présidente du CSA.

«Les souffrances liées à la faim peuvent réapparaitre et revenir plus fortes qu'avant. Seuls les stratégies et les investissements sur le long terme peuvent mettre un terme à la faim et à la pauvreté et empêcher leur retour. C'est de durabilité dont on parle», a souligné M. Gilbert F. Houngbo, Président du Fonds international de développement agricole.

«Nous devons intensifier nos efforts», a précisé M. David Beasley, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, ajoutant que les donneurs partageaient la responsabilité du développement d'interventions effectives et efficaces avec les organisations onusiennes. «La plus importante des tâches pour les chefs d'Etats du monde est de mettre fin aux conflits et aux violences», a-t-il indiqué, soulignant que 80 pour cent des 155 millions d'enfants au monde affichant un retard de croissance et âgés de moins de cinq ans vivaient dans des zones de conflit.

Pleins feux sur le Ghana

M. John Agyekum Kufuor, ancien Président du Ghana de 2001 à 2009, a réussi à réduire de manière très significative le taux de pauvreté et les souffrances liées à la faim dans son pays. L'ex chef d'Etat a prononcé un discours liminaire à l'occasion de la 1ère séance plénière de la 44ème session du CSA. Un leadership national et une gouvernance mondiale sont tous les deux nécessaires pour parvenir à des systèmes alimentaires durables et réaliser les engagements pris par rapport au changement climatique.

«Ce qui affecte un pays dans le monde, affecte toutes les autres régions. Lutter contre les  défis existentiels imminents de la planète requerra de fournir une aide technique et institutionnelle aux pays en développement - en particulier en Afrique qui s'attend à une croissance rapide de sa population dans les décennies à venir - afin d'intensifier leur rôle dans les stratégies collectives», a-t-il dit.

M. Kufuor a également évoqué les mesures nationales qui ont été  prises dans le secteur agricole au Ghana et leur efficacité. Cela a commencé il y a 15 ans avec la refonte complète du régime fiscal pour les cultivateurs de cacao. Ces mesures ont notamment permis de mettre en place des systèmes de pollinisation innovants, en mesure d'augmenter les rendements.

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