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Culture de bananes: un nouveau manuel vise à améliorer la sécurité des ouvriers du secteur

Lancé par la FAO et l’Equateur, l’ouvrage comprend des recommandations pour bien stocker, manipuler et utiliser les pesticides

Photo: ©L. de Lapeyre de Bellaire / CIRAD
Fumigation aérienne sur une plantation de bananes. L’utilisation massive de pesticides fait partie des problématiques abordées par le manuel.

8 novembre 2017, Genève / Rome - Les ouvriers exerçant dans le secteur de la banane - le fruit frais le plus exporté au monde, au niveau de son volume et de sa valeur économique - peuvent maintenant compter sur un guide pratique pour rendre leurs conditions de travail plus sûres et plus saines.

La FAO et le gouvernement de l'Equateur ont présenté aujourd'hui, à Genève, le manuel de la Troisième conférence du forum mondial de la banane. Le secteur de la banane représente une source de travail et de revenus essentiels pour des milliers de ménages ruraux dans les pays en développement et bien qu'initialement destiné aux ouvriers équatoriens, le manuel peut s'adapter à d'autres régions du monde.

La publication contient une série de recommandations adressées à l'intention des formateurs et des ouvriers travaillant dans le secteur, portant sur la meilleure manière de gérer les risques au sein des exploitations bananières et de travailler en toute sécurité.

L'ouvrage comprend une vaste gamme de recommandations pour mieux manipuler, stocker et utiliser les pesticides et produits agrochimiques et propose des mesures pour mieux se protéger, avec notamment les gestes de premiers secours à suivre en cas de situations d'urgence. Il est également question de normes d'hygiène, d'informations sur les risques ergonomiques et des différentes manières de mettre un terme aux violences liées au genre et aux autres violations des droits de l'homme.

"Ce manuel représente un grand pas en avant en matière de défense des droits des ouvriers. Cette initiative pionnière devrait être reproduite dans d'autres pays producteurs de banane," a déclaré M. Raúl Clemente Ledesma Huerta, Ministre équatorien du travail, alors qu'il s'exprimait au cours de la Conférence qui se tenait à Genève. L'événement a rassemblé plus de 300 représentants du secteur de la banane, ainsi que d'autres protagonistes dont des détaillants, des importateurs, des producteurs, des exportateurs, des associations de consommateurs, des gouvernements, des institutions universitaires, des organisations des Nations Unies, des syndicats ou encore des organisations de la société civile.

Des risques sociaux, environnementaux, mais aussi de santé liés à la production bananière

La banane, après les céréales, le sucre, le café et le cacao, est le produit agricole le plus commercialisé au monde et les menaces d'une baisse de son coût de production conduisent souvent à des conséquences désastreuses pour les droits des ouvriers et pour l'environnement.

Par exemple, les plantations de bananes requièrent 10 fois plus de pesticides que les plantations conventionnelles dans les pays développés. En outre, comme cela est évoqué dans le manuel, une longue exposition à ces produits agrochimiques peut causer de sérieux problèmes de santé pour les travailleurs et les communautés environnantes.

Le manuel sert aussi de guide afin d'identifier les risques et représente une source d'information pour ceux qui souhaiteraient se renseigner sur la législation actuelle pour reporter un accident de travail.

Le fruit d'un partenariat intersectoriel

Parmi les 100 millions de tonnes de bananes consommées chaque année dans le monde, près de 20 millions sont exportées. Six millions de ces bananes viennent de l'Equateur, le plus grand exportateur au monde et le pays choisi par l'Initiative bananière pour la sécurité et la santé professionnelle (BOHESI) - coordonnée par le Forum mondial de la banane de la FAO et par les organisations non gouvernementales Solidaridad et Bananalink - comme pays prioritaire pour le développement du manuel.

Le guide, conçu à l' intention des formateurs et des ouvriers, est le résultat d'un consensus extraordinaire entre les secteurs privés et publics et la société civile et comprend toutes les lois actuelles applicables au secteur en Equateur. 250 000 ouvriers travaillant de manière directe dans la production bananière devraient pouvoir bénéficier de ce guide, ainsi que 2 à 2,5 millions d'ouvriers liés au secteur de l'exportation bananière dans le pays.

Etant donné que la culture de la banane est la même partout dans le monde, de l'Amérique latine à l'Asie, l'initiative peut être adaptée et reproduite dans de nombreux pays producteurs de bananes à travers le monde, en y incorporant leur propre législation.

Le Secrétariat du forum mondial de la banane de la FAO est le facilitateur neutre en charge de la coordination des membres de cette énorme industrie, dont l'objectif est de promouvoir activement l'adoption du manuel à l'échelle mondiale.

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