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Un don du Pape aide les familles victimes de la faim au Soudan du Sud

Le don du Pape François leur permet d’obtenir des semences pour cultiver de la nourriture

Photo: ©FAO/Lieke Visser
Culture de légumes à Yei, au Soudan du Sud.

13 novembre 2017, Yei, Soudan du Sud - Plusieurs familles souffrant de la faim au Soudan du Sud seront en mesure de joindre les deux bouts grâce à des kits de culture légumière financés par le Pape François. Ce don intervient alors que la sécurité alimentaire dans le pays est appelée à s'aggraver d'ici les prochains mois.

Près de 5000 familles, soit plus de 30 000 personnes vivant dans la ville de Yei, dans l'Etat d'Équatorial Central, ont bénéficié du don que le Pape avait fait récemment à la FAO et qui s'élève à 25 000 euros.

Cette somme sera utilisée pour fournir des kits et des outils agricoles dans une région où les moyens d'existence tels que l'agriculture ont été réduits à néant par les combats.

«Avant la guerre, j'avais une belle vie et nous pouvions manger de manière suffisante, mais maintenant nous ne pouvons nous permettre qu'un déjeuner ou un dîner. Mon enfant pleure encore car il a faim», témoigne Suzan Night. Âgée de 22 ans, elle fait partie des nombreux bénéficiaires à avoir bénéficié des  kits de la FAO à Yei. «Les oignons et les tomates rapportent beaucoup au marché, cela va vraiment m'aider», a-t-elle ajouté.

Une différence vitale 

«Ces kits destinés à la production de légumes peuvent jouer un rôle vital dans la vie de nombreuses personnes», a expliqué Serge Tissot, Représentant de la FAO au Soudan du Sud.   «Grâce à la contribution du Pape François, à Yei, de plus en plus de personnes seront en mesure de reprendre leur production agricole et d'échapper aux ravages de la faim», a-t-il souligné.  

Ces kits fourniront sept variétés de légumes à croissance rapide en vue d'améliorer l'accès des familles à des aliments nutritifs et de combler le déficit alimentaire qui existe entre les différentes récoltes céréalières.

«Je n'ai pas d'argent pour acheter de la nourriture au marché donc j'ai vraiment besoin de cela», a déclaré Candiru Lily. «J'ai dû fuir mon village pour survivre et maintenant je suis ici, à Yei, mais je ne possède pas beaucoup de terres. Avec les semences que j'ai reçues aujourd'hui, je vais juste semer autour de ma maison et cela va beaucoup m'aider», a-t-elle ajouté.

Dans l'Etat d Équatorial Central, près de 145 000 personnes seraient confrontées à une situation urgente d'insécurité alimentaire, soit l'étape précédant celle de la famine selon l'échelle internationale des crises alimentaires. Des souffrances liées à la faim, de grande ampleur, ont cours dans de nombreuses communautés à travers le Soudan du Sud, en raison des combats qui ont détruit les moyens d'existence et ont restreint l'accès des organisations humanitaires à certaines zones, mais aussi en raison de l'hyperinflation qui a eu pour effet de rendre la nourriture inabordable.

«Nous sommes si reconnaissants», a déclaré Jeremiah Taban, Pasteur à l'église épiscopale de Yei. «Les gens souffrent vraiment au Soudan du Sud et pleurent pour que la paix revienne. Si le Pape François pouvait nous voir, il serait vraiment peiné car aucun être humain ne devrait vivre ainsi», a-t-il regretté.

La saison de la faim débutera plus tôt 

Sur l'ensemble du territoire sud-soudanais, 4,8 millions de personnes font face à une grave insécurité alimentaire. La situation de la sécurité alimentaire devrait se détériorer au début de l'année 2018 et «la saison de la faim» - lorsque les ménages viennent à manquer de nourriture avant la prochaine récolte - devrait débuter trois mois plus tôt que prévu.

L'équipe de la FAO au Soudan du Sud travaille à renforcer la sécurité alimentaire en améliorant les moyens d'existence. La FAO a fourni des kits de production agricole et légumière et des kits de pêche à plus de 4,2 millions de personnes, dont beaucoup vivant dans des zones difficiles d'accès ou dans des zones de conflits, afin de les aider à cultiver ou encore à pêcher. La FAO a également vacciné et traité plus de 4,8 millions de têtes de bétail en vue de protéger les avoirs des familles vulnérables.

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