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De la saison des pluies à la saison sèche, un soutien durable profite aux agriculteurs du nord-est du Nigéria

La faim régresse pour la première fois depuis le début de la crise Boko Haram

18 décembre 2017, Rome/Abuja - Pour la première fois depuis le début de la crise Boko Haram, la faim a considérablement régressé dans le nord-est du Nigéria.

Dans les trois Etats ravagés par la violence, le nombre de personnes confrontées à la famine a diminué de moitié entre juin et août 2017, passant de 5,2 millions à 2,6 millions de personnes, selon le rapport Cadre harmonisé, analyse de la sécurité alimentaire.

Il s’agit là d’un grand pas en avant. On le doit à l’amélioration générale de la situation sécuritaire et à l'intensification de l'aide humanitaire doublée d’une assistance à long terme aux moyens de subsistance, prodiguées par le gouvernement et ses partenaires.

Toutefois, le rapport d’évaluation avertit que sans une assistance durable et opportune, tout le bon travail pourrait être rapidement torpillé et plus de 3,5 millions de personnes pourraient souffrir de faim aiguë et même de famine d'ici au mois d’août prochain.


 

La FAO a fourni du niébé, du maïs, du mil, du sorgho, des semences potagères et des fertilisants à 1 million de personnes (populations déplacées, réfugiés rapatriés et communautés d'accueil) pour les aider à se nourrir durant la dernière saison des pluies (juin-septembre), lorsque les stocks alimentaires étaient au plus bas.


 

A présent que la saison des récoltes tire à sa fin et que les communautés renouent avec la saison sèche et une nouvelle phase de plantation, la FAO s’emploie à intensifier la production locale en distribuant des semences de légumes, des kits agricoles, des engrais et du matériel d'irrigation à quelque 780 000 personnes dans les trois Etats du nord-est du Nigéria.


 

A Yobe, l'un des trois Etats touchés par la violence, les villages s’animent et se colorent en jaune, les paysans coupant les dernières moissons de mil et de sorgho et les empilant en paquets bien rangés. L'odeur des cultures fraîchement coupées flotte avec insistance dans l'air.


 

Tout le monde participe. Les enfants coupent les têtes des tiges de millet, les femmes les battent, les hommes les rassemblent, puis ils les transportent à l’intérieur.



Pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils ont assez à manger.



«Il y aura assez de nourriture pour la famille et avec l'argent de mon atelier de tricot je pourrais planifier l'éducation de mes enfants», dit Aïcha Ibrahim, 37 ans, qui a été forcée à abandonner son village il y a trois ans et a vécu en personne déplacée depuis.



«Chaque famille de mon village aide cinq à six personnes déplacées. Celles-ci dépendent entièrement de notre aide. Aussi une bonne récolte apporte-t-elle de la joie à tout le monde. Elle réduit la pression et nous rend plus forts», explique Malam Mohammed, un agriculteur du village de Ngalda qui soutient les personnes déplacées.



En aidant les communautés hôtes à planter pendant la saison des pluies, la FAO a également apporté une aide précieuse aux populations déplacées et sans terre qui ont pu ainsi travailler dans les champs et gagner un revenu.



«Les communautés locales m'ont aidé. J’ai pu travailler dans leurs fermes et être payée», explique Hajanuwe Suleiman, 40 ans, veuve et mère de huit enfants, tous déplacés par la violence il y a trois ans et ayant trouvé refuge dans une colonie informelle de Mainok Kaga.

C'est un soutien considérable pour Hajanuwe qui, parfois, a dû recourir à la mendicité pour joindre les deux bouts.


 

A travers le nord-est du Nigéria, outre la violence, les agriculteurs ont subi des coups durs ces derniers mois. Certains ont dû faire face à des périodes de sécheresse, d'autres à des inondations et d'autres encore ont vu leurs récoltes ravagées par des infections parasitaires.



Mais maintenant les champs sont secs et les paysannes et paysans, à l’instar de Malam et Hajanuwe, se préparent à replanter.

Un soutien durable - de la saison des pluies à la saison sèche - accroît la résilience des communautés vulnérables, renforce leur capacité à cultiver des cultures vivrières et de rente et réduit leur besoin d'aide alimentaire.

Photo: ©FAO/Divya Sama
Dans l’Etat de Yobe, des paysans devant leur récolte de mil.

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