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L’USAID et la FAO travaillent côte à côte afin d’éviter la prochaine épidémie mondiale

Plus de 4700 vétérinaires professionnels formés en l’espace de moins d’un an dans 25 pays

9 mars 2018, Rome - Un partenariat entre les Etats-Unis et la FAO, visant à renforcer la capacité des pays en développement à faire face aux apparitions de maladies chez les animaux de la ferme, a réussi, en seulement 12 mois, à former plus de 4700 vétérinaires professionnels à dans 25 pays en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.

Les formations techniques fournies par la FAO ont couvert une vaste gamme de compétences, à savoir les prévisions et la surveillance des maladies, les travaux de laboratoire, la biosécurité, les méthodes de prévention et de contrôle et les stratégies à adopter en cas d'épidémies.

En tout, 3266 vétérinaires en Asie, 619 en Afrique de l'Ouest, 459 en Afrique de l'est et 363 au Moyen-Orient ont bénéficié de ces formations (liste complète à suivre). Ces derniers seront en ligne de front dans le cadre de la lutte contre l'émergence de nouvelles maladies, en s'attaquant directement à la source.

«Près de 75 des nouvelles maladies infectieuses qui ont fait leur apparition ces dernières décennies trouvent leurs origines chez les animaux avant de nous contaminer, nous Homo sapiens, mammifères terrestres. C'est pourquoi améliorer l'identification des risques de maladies animales et s'attaquer directement à la source pour les combattre représentent des étapes stratégiques en vue d'éviter de futures pandémies», a déclaré M. Juan Lubroth, Chef vétérinaire à la FAO.

«Avoir une approche proactive est essentiel et, pour cela, le monde a besoin de professionnels bien formés et opérationnels - des biologistes, des écologistes, des microbiologistes, des modélisateurs, des médecins et des vétérinaires - voilà, pourquoi le soutien continu des Etats-Unis dans le but de renforcer ce type de capacité a été inestimable», a-t-il ajouté.

« A travers ce partenariat, nous avons appris qu'il existait de nombreux centres d'intérêts mutuellement bénéfiques entre la communauté liée à l'alimentation et à l'agriculture et a la communauté liée à la santé humaine, » a déclaré M. Dennis Carroll, Directeur de l'Unité Sécurité sanitaire mondiale et développement à l'USAID.

« Ce partenariat avec la FAO nous permettra non seulement de protéger les populations humaines des futures menaces virales mais aussi de protéger les populations animales des virus capables de réduire à néant les stocks alimentaires. Il n'est pas seulement question de santé mondiale, de maladie infectieuse, il est également question de sécurité alimentaire, de salubrité alimentaire et de croissance économique, » a ajouté M. Carroll.

Des risques viraux

Plusieurs études ont démontré que la croissance démographique, l'expansion agricole, l'ingérence environnementale et l'augmentation des chaînes d'approvisionnement alimentaire intercontinentales, ces dernières décennies, avaient grandement altéré la manière dont les maladies émergent, passent d'une espèce animale à l'autre et se propagent.

Une nouvelle étude publiée récemment par Dennis Carroll de l'USAID et par plusieurs experts de diverses institutions, dont la FAO, suggère que seul 0,01 pour cent des virus derrière les épidémies de maladies zoonotiques sont scientifiquement connus.

Les auteurs ont proposé la mise en œuvre d'un partenariat international, le Projet mondial Virome, dont l'objectif serait d'identifier les virus les plus menaçants. Agir de la sorte permettrait de mettre en œuvre des interventions plus proactives face aux menaces de maladies, avec des avantages non seulement pour la santé publique mais aussi pour les moyens d'existence des communautés agricoles pauvres et dépendantes du bétail.

Collaborer pour le bien de la sécurité sanitaire au niveau mondial

Le partenariat entre la FAO et l'USAID sur la santé animale date de plus d'une décennie.

Des experts issus des deux organisations se rencontrent à Rome cette semaine afin de passer en revue les progrès accomplis l'année dernière et de faire face aux menaces telles que les maladies zoonotiques qui passent d'une espèce à l'autre et de réfléchir aux meilleurs moyens d'inverser la tendance à la hausse des cas de résistance aux antimicrobiens, sans oublier d'analyser les options disponibles lorsqu'il s'agit d'intervenir dans le secteur de la production alimentaire et de la protection de la santé publique.

En plus des formations, la FAO mène des recherches, via le Programme USAID contre les risques de pandémies (EPT), et offre des conseils politiques afin d'aider les pays à renforcer leur résilience face à l'émergence de maladies et de protéger la santé humaine et animale.

La FAO a également pleinement exploité Le soutien de l'USAID et a collaboré avec l'Entrepôt de fourniture humanitaire des Nations Unies en vue de préparer des équipements d'urgence et de positionner des stocks dans 15 pays, ce qui devrait permettre aux gouvernements d'accélérer la mise en œuvre d'interventions visant à faire face à l'émergence de maladies.

La FAO conseille et est également un acteur clé du Programme mondial de sécurité sanitaire (GHSA), un partenariat regroupant plus de 60 pays, ONG et organisations internationales qui œuvrent à améliorer la détection précoce des risques de maladies infectieuses et les interventions visant à y faire face. Dans le cadre du GHSA, l'aide de l'USAID permettra de soutenir la FAO et son travail aux côtés de 17 pays en Afrique et en Asie, destiné à renforcer les capacités de ces derniers à détecter et à faire face aux maladies zoonotiques.

Grâce au soutien de l'USAID, notamment au niveau de l'EPT et du GSHA, la FAO travaille activement à lutter contre les maladies et à renforcer les capacités nationales dans plus de 30 pays.

Des impacts économiques et des conséquences pour la santé

Au-delà des risques pour la santé humaine, les maladies animales peuvent coûter des milliards de dollars et paralyser la croissance économique.

Les épidémies de maladies ayant fait le plus de dégâts ces dernières décennies avaient toutes une origine animale, par exemple la grippe aviaire hautement pathogène H5N1, la pandémie de grippe H1N1, le virus Ebola, le Syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus (SARS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS).

Apparue au milieu des années 2000, l'épidémie H5N1, par exemple, a entraîné près de 30 milliards de pertes économiques à l'échelle mondiale. Quelques années plus tard, la grippe H1N1 a cumulé 55 milliards de dégâts.

Sans oublier que pour plusieurs millions des personnes les plus pauvres au monde, les animaux représentent leur bien le plus important - autrement dit «une action sur quatre pattes». Les perdre reviendrait à enlever à ces familles leur autonomie et à les laisser complétement démunis.    

Les pays où les formations ont eu lieu sont les suivants: : le Bangladesh, le Burkina Faso, le Cambodge, le Cameroun, la Chine, la République démocratique du Congo, la Côte D'Ivoire, l’Egypte, L'Ethiopie, le Ghana, la Guinée, l'Indonésie, la Jordanie, le Kenya, la République démocratique populaire du Laos, le Liberia, le Mali, la Birmanie, le Népal, le Sénégal, la Sierra Leone, la Thaïlande, la Tanzanie, l’Ouganda et le Vietnam. 

Photo: ©FAO/Giulio Napolitano
75 % des nouvelles maladies infectieuses à avoir fait leur apparition ces dernières décennies sont d’origine animale.

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