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La FAO appelle à une coordination mondiale visant à mettre en place une bio-économie qui ne laisse personne pour compte

Les produits bio peuvent améliorer l’accès à la nourriture et, si conçus durablement, aider à lutter contre le changement climatique

20 avril 2018, Berlin -Si conçue correctement, c'est à dire en collaboration avec les agriculteurs familiaux et en pensant d'abord à eux, une bio-économie peut contribuer aux efforts visant à lutter contre des questions pressantes d'intérêt mondial telles que la faim, la pauvreté et le changement climatique. Tel était le message de Mme Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO chargée du climat et des ressources naturelles, lors du Sommet mondial sur la bio-économie qui s'est tenu aujourd'hui à Berlin.

«Une bio-économie durable se base d' abord sur la nature et sur les personnes qui prennent soin de la biomasse et la produise», a déclaré Mme Semedo. Cela signifie les agriculteurs familiaux, les peuples forestiers et les pêcheurs qui sont aussi «les garants d'un important savoir sur la manière de gérer les ressources naturelles de manière durable».

«Nous devons encourager les efforts coordonnés au niveau international et s'assurer de l'implication de plusieurs protagonistes au niveau local, national et mondial», a-t-elle indiqué notant que cela requérait des objectifs mesurables, des moyens de les atteindre et des solutions rentables qui permettront de mesurer les progrès réalisés.

«Ensemble, exploitons le développement d'une bio-économie durable pour tous et ne laissons personne pour compte, a souligné Mme Semedo, insistant sur la manière dont la FAO travaillait avec les Etats membres et d'autres partenaires dans les secteurs traditionnels liés à la bio-économie - l'agriculture, la foresterie et la pêche - mais également liés à d'autres technologies pertinentes, telles que la biotechnologie et la technologie informatique qui sont utiles au secteur agricole.

L'innovation joue un rôle primordial

La bio-économie se réfère à une économie qui utilise la biomasse - par opposition aux ressources fossiles - pour produire de la nourriture et des produits non alimentaires, tels que les bioplastiques et les biopharmaceutiques.

«Alors que l'innovation joue un rôle considérable dans le secteur bio, nous devrions nous assurer que tout le savoir traditionnel et nouveau devra être partagé et soutenu de manière égale», a expliqué Mme Semedo.

Sécurité alimentaire et le changement climatique

Les dernières estimations montrent que près de 815 millions de personnes à travers le monde souffrent de sous-nutrition chronique, mais alors que la nourriture produite est suffisante pour nourrir la planète, le problème se résume souvent à un manque d'accès.

«La bio-économie peut améliorer l'accès à la nourriture, notamment grâce à des revenus supplémentaires provenant de la vente de produits bio», a précisé Mme Semedo.

Elle a également souligné la potentielle contribution de la bio-économie aux efforts mondiaux visant à lutter contre le changement climatique, mais a mis en garde contre une tendance à trop simplifier le problème. «Juste parce qu'un produit est bio ne veut pas dire qu'il est bon pour lutter contre le changement climatique, cela dépend de la manière dont il est produit et en particulier de la quantité et du type d'énergie utilisée au cours du processus», a ajouté Mme Semedo.

La FAO et la bio-économie

Elle a souligné que la FAO avait une vaste expérience des interventions visant à soutenir les agriculteurs familiaux, ainsi que les entreprises et autres petits producteurs de biomasse.

Mme Semedo, qui s'est entretenue avec la ministre allemande de l'alimentation et de l'agriculture, Mme Julia Kloeckner, en marge du sommet, a décrit la manière dont la FAO, avec l'aide de l'Allemagne et en collaboration avec un groupe de travail international regroupant plusieurs acteurs du domaine de la bio-économie durable, développait des directives en vue de mettre en place une bio-économie durable.

Afin de contribuer à ces efforts, près de 25 cas du monde entier, faisant figure de bons exemples de bio-économies pour avoir réussi à développer de bonnes pratiques, ont déjà été identifiés.

Parmi ces exemples figurent : un groupe de pêcheuses à Zanzibar qui produit des cosmétiques à partir d'algues, ouvrant ainsi un tout nouveau marché pour ce type de produits de niche, une bio-économie communautaire soutenue par un programme du gouvernement malaysien et une communauté en Colombie qui a participé à un projet transformant les peaux d'ananas en emballage biodégradable et du miel en gelée royale.

Photo: ©FAO/Ezequiel Becerra
Des ananas- La peau du fruit peut être transformée en emballage biodégradable.

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