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La Norvège et la FAO poursuivront leurs efforts en vue de développer des outils destinés à surveiller les forêts

L’accord a pour objectif d’améliorer l’accès aux technologies géospatiales utilisées pour surveiller les changements d’affectation de terres

27 juin 2018, Oslo - Grâce au renforcement de la collaboration entre la FAO et la Norvège, il sera maintenant plus facile d'accéder aux données satellite et aux technologies géospatiales dernier cri. L'Initiative internationale pour le climat et les forêts (NICFI) va par ailleurs développer une plateforme numérique de la FAO qui aide les pays à mesurer, à surveiller et à rendre compte de la situation de leurs forêts et de l'utilisation des terres.

Annoncé lors du Forum sur les forêts tropicales d'Oslo, le projet qui s'étalera sur une période de trois ans a été estimé à 6 millions de dollars et permettra d'améliorer la portée de SEPAL (Système d'accès aux données pour une observation terrestre, de traitement et d'analyse des données pour la surveillance terrestre), en d'autres termes la plateforme de la FAO dédiée à la surveillance des forêts. Facile à utiliser, la plateforme offre aux pays en développement un accès inégalé à des données satellite granulaires et à une super puissance informatique, les aidant ainsi à améliorer la précision et la transparence des plans nationaux, conçus spécialement pour atténuer les effets du changement climatique et perfectionner les politiques liées à l'utilisation des terres, sans oublier leur mise en œuvre.

«Les gouvernements, la société civile, les sociétés et les citoyens ont besoin d'informations fiables et complètes pour gérer nos forêts. C'est d'autant plus vrai lorsqu'il s'agit de lutter contre la déforestation. Les efforts déployés doivent pouvoir contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable ou être conformes à l'Accord de Paris sur le climat», a déclaré M. Per Pharo, Directeur de la NICFI.

«Les plateformes telles que SEPAL montrent comment les technologies de pointe peuvent faciliter et accélérer la fourniture d'informations forestières. SEPAL a permis d'amoindrir les coûts, a fait disparaître certains obstacles et a amélioré la surveillance des forêts de plus d'une douzaine de gouvernements. J'ai particulièrement hâte de voir ce que SEPAL peut faire avec ces nouvelles données satellitaires à haute résolution», a-t-il ajouté.

SEPAL permet aux usagers de manier rapidement et de manière efficace les données satellitaires, d'adapter leurs produits aux besoins locaux et de produire des analyses géospatiales pertinentes et sophistiquées. Doté de superordinateurs et d'infrastructures de données géospatiales (ex. Google Earth Engine), SEPAL permet d'analyser et d'accéder à des données satellitaires essentielles provenant de Landsat ou des données de plus haute résolution provenant du Programme européen Copernicus.

Une récente formation en Indonésie a démontré la manière dont la plateforme permettait de détecter rapidement les changements de lieux et l'ampleur des zones brûlées. De telles informations sont extrêmement utiles afin de surveiller les activités permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

«Ce projet souligne la manière dont la FAO aide les pays membres, en leur donnant les moyens de fournir des résultats durables dans le cadre de leurs plans nationaux de lutte contre le changement climatique et en faveur du développement», a précisé M. Hiroto Mitsugi, Sous-Directeur général du Département des forêts de la FAO.

Le nouvel accord entre la Norvège et la FAO permettra d'élargir la plateforme et la distribution d'imagerie satellite à  haute résolution.

Grâce à la collaboration avec des partenaires tels que le Fonds de partenariat pour le carbone forestier de la Banque Mondiale - SEPAL améliorera la surveillance des forêts et contribuera au programme REDD+  (Réduire les émissions de gaz induites par la déforestation et la dégradation des forêts) en utilisant notamment la stratégie MRV (mesure, notification et vérification), un aspect essentiel pour les pays qui travaillent à mettre en place des paiements basés sur les résultats et dont l'objectif est d'encourager les actions dans ce sens. Il s'agira également de promouvoir la conservation et la gestion durable des forêts.

«Dans le cadre de ce nouvel accord, SEPAL joue un rôle primordial en aidant les pays en développement partenaires à tirer pleinement profit de l'imagerie satellite à haute résolution pour surveiller, mesurer et rendre compte de la situation de leurs forêts. L'adoption et l'utilisation de SEPAL pour surveiller les forêts a été impressionnante: en juin 2018, SEPAL comptait déjà plus de 1000 usagers enregistrés et actifs, représentant ainsi 225 organisations dans 85 pays», a indiqué Mme Tiina Vähänen, Coordinatrice du programme REDD+ et de la surveillance des forêts à la FAO.

La FAO et ses atouts géospatiaux

SEPAL est la vitrine d'Open Foris, un ensemble d'outils techniques en libre accès, créés grâce à un partenariat avec Google et d'autres sociétés et développés par le Département des forêts de la FAO à destination des pays.

Le logiciel Open Foris permet à la FAO d'aider les pays à développer de solides systèmes nationaux de surveillance forestière, et ce, en élaborant des sondages, en collectant des données, en analysant et en produisant des rapports. SEPAL peut traiter les images de manière particulièrement détaillée et peut aussi être utilisé pour d'autres tâches, comme par exemple lorsqu'il s'agit de détecter de petits changements dans les forêts à l'image de ceux qui apparaissent en cas d'exploitation forestière illégale ou non viable.

Il est important d'améliorer les forêts nationales et les informations collectées sur l'utilisation des terres afin de pouvoir élaborer des politiques appropriées sur les forêts, l'utilisation des terres, les moyens d'existence ruraux et la production alimentaire.

SEPAL peut également contribuer à améliorer la précision et la transparence des rapports des programmes et processus internationaux, notamment la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les Objectifs de développement durable, ou encore les évaluations des ressources forestières mondiales de la FAO.

«La disponibilité des plateformes telles que SEPAL contribue aux progrès remarquables que les pays ont réalisé à travers le programme REDD+, notamment au niveau de l'élaboration de rapports à destination du CCNUCC. A ce jour, 34 pays ont fait état de 38 niveaux d'émissions de référence des forêts (FREL) et quatre pays ont, à travers le programme REDD+, communiqué leurs résultats au CCNUCC. Tous réunis, ils ont réussi à réduire l'équivalent de 6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone en émissions de gaz à effet de serre», a souligné M. Julian Fox, Chef d'équipe intérimaire de la surveillance nationale des forêts à la FAO.

Lancée lors du Forum sur les forêts tropicales d'Oslo, une nouvelle publication de la FAO intitulée «Des niveaux de référence à la communication des résultats: le programme REDD+ dans le cadre du CCNUCC, mise à jour 2018», revient sur les progrès considérables accomplis grâce au programme REDD+ et la stratégie MRV.

«Ce qui est particulièrement frappant, c'est la multiplication par cinq du nombre de pays à rendre compte d'incertitudes au sujet de leurs FRELs, soit une étape clé afin de rendre le programme REDD+ transparent, vérifiable et potentiellement recommandable par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat», a ajouté M. Fox.

Source: SEPAL via FAO
L’Equateur comme vous ne l’avez jamais vu auparavant – image produite par SEPAL.

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