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Le Directeur général de la FAO souligne le pouvoir de la paix pour éradiquer la faim

Le Directeur général de la FAO participe au Forum international sur l’agriculture à Paris

5 juillet 2018, Paris - M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, a souligné le rôle essentiel de l'agriculture dans la prévention des conflits et la promotion d'une paix durable. Il s'exprimait aujourd'hui à l'occasion d'un Forum sur l'agriculture, la défense, la diplomatie et le développement (L'Agriculture en 3D: Défense, Diplomatie, Développement) qui se tenait à Paris.

«La faim et la paix sont étroitement liées. Les conflits ont un impact majeur sur les systèmes alimentaires locaux. Ils contribuent à aggraver la faim dans le monde», a déclaré M. José Graziano da Silva.Dans les pays affectés par les conflits, près de la moitié de la population vit en zone rurale, là où les moyens d'existence reposent principalement sur l'agriculture. Deux récents rapports produits par la FAO, l'Etat de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (2017) et le Rapport mondial sur les crises alimentaires (2018), indiquent que les souffrances liées à la faim sont en hausse et que le conflit est l'un des principaux facteurs derrière cette situation.

«Nous devons néanmoins garder espoir car, même dans les zones touchées par de nombreux actes de violence, les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs continuent de produire de la nourriture», a précisé M. José Graziano da Silva.

Evoquant sa visite au Soudan du Sud l'année dernière, le Directeur général a raconté avoir rencontré des agriculteurs et des éleveurs qui produisaient de la nourriture dans les pires circonstances. «Mais cette capacité de résilience doit être financée de manière continue car, une fois que les systèmes alimentaires locaux se sont effondrés, il est encore plus difficile de les rebâtir», a-t-il indiqué.

Le Directeur général a également appelé à renforcer les partenariats travaillant au maintien de la paix,  notamment ceux entre le secteur humanitaire et celui du développement.

«L'action humanitaire, bien qu'étant fondamentale, n'est pas suffisante. A elle seule, elle ne peut mettre un terme aux crises alimentaires qui tendent à s'aggraver. D'autre actions doivent venir s'ajouter au travail humanitaire afin d'encourager un développement durable et de générer de nouvelles opportunités», a-t-il ajouté.

Le Directeur général est également revenu sur son voyage à Maiduguri dans le Nord-Est du Nigéria, où il a constaté qu'à moins de fournir des emplois et de créer des moyens d'existence pour les jeunes - et en particulier pour les jeunes hommes - ces derniers n'auront pas d'autre choix que de rejoindre des groupes armés ou de tenter d'émigrer en quête d'une vie meilleure. «Pour toutes ces raisons, il est essentiel de soutenir les systèmes alimentaires locaux afin de pouvoir contribuer à la paix».

M. José Graziano da Silva a souligné les 40 ans d'expérience de la FAO et notamment le soutien apporté durant toutes ces années aux moyens d'existence en vue de sauver la vie des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs, et ce, y compris dans les zones de conflit.

«L'emploi des jeunes et des femmes est un élément primordial des efforts de la FAO pour lutter contre la faim en période de conflit. Par exemple, au Niger, le soutien apporté par la France aux projets de la FAO et du Programme alimentaire mondial nous a permis de créer des opportunités d'emploi pour les jeunes et les femmes dans le secteur agroalimentaire. Cela a eu pour effet de ralentir le flux de personnes candidates à quitter leur région et a renforcé la résilience. 

«Si on ne soutient pas les activités agricoles, de plus en plus d'agriculteurs, de bergers et de pêcheurs n'auront d'autre choix que d'abandonner leurs terres pour migrer vers d'autres pays. Qu'est-ce qu'un berger sans ses chèvres?  Un migrant potentiel».

La paix pour atteindre l'objectif Faim Zéro

Le Directeur général a également souligné l'intérêt de l'Alliance FAO-Lauréats du prix Nobel de la Paix, qui associe l'expertise de la FAO aux récipiendaires des prix Nobel de la paix tels que Muhammad Yunus, Adolfo Peréz Esquivel, Tawakkol Karman, Juan Manuel Santos et bien d'autres. Le Directeur général a décrit les lauréats comme d'ardents partisans de la paix «et de fervents défenseurs de la sécurité alimentaire comme condition sine qua non pour un monde libéré de la faim».

Photo: ©FAO/Stefanie Glinski
Un enfant à Aweil au Soudan du Sud. A Paris, le Directeur général de la FAO a souligné le pouvoir de la paix pour mettre un terme à la faim.

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