FAO.org

Accueil > Médias > Nouvelles

La FAO tire la sonnette d’alarme sur les urgences négligées lorsque l’aide humanitaire est urgente

Les crises en Afghanistan, au Bangladesh, en Haïti et dans la région du Sahel parmi les plus sous-financées

1er août 2018, Rome - Un nouveau rapport de la FAO tire la sonnette d'alarme sur certaines des crises les plus sous-financées au monde et qui face à de nouveaux chocs requièrent une réponse humanitaire et une aide agricole d'urgence. Selon l'agence des Nations Unies, sans le financement nécessaire, de nouveaux défis tels que des sécheresses, des inondations, des saisons maigres ou encore des conflits pourraient entraîner des millions de personnes vers de graves souffrances liées à la faim et vers une situation d'insécurité alimentaire, menaçant par ailleurs leur bien-être, leurs vies et leurs futurs.

 Parmi ces urgences figurent : l'Afghanistan, le Soudan et la Syrie frappés par une sécheresse, le Bangladesh frappé par une saison de mousson particulièrement nuisible, une résurgence des actes de violence en République centrafricaine, une saison cyclonique à venir en Haïti et des saisons maigres en Irak, en Birmanie et dans la région du Sahel.

Sans une aide urgente visant à soutenir les moyens d'existence agricole, il existe un risque que la situation ne se détériore de nouveau dans ces zones lors de la seconde moitié de l'année 2018 avec notamment une hausse de la faim et des besoins humanitaires. Dans certains de ces pays, le financement reçu et destiné à mettre en œuvre des actions humanitaires visant à soutenir les moyens d'existence n'a pas réussi à répondre à leurs besoins.

Ne laisser personne pour compte

Pour ces crises extrêmement sous-financées, la FAO a besoin de manière urgente de 120 millions de dollars pour pouvoir atteindre 3,6 millions de personnes pendant les derniers mois de l'année.

Dans l'ensemble, la FAO a reçu moins de 30 pour cent des 1 milliard demandé en début d'année, une somme censée répondre aux besoins urgents de 33 millions de personnes à travers le monde. Pour certaines crises, la FAO a seulement reçu 6 pour cent de la somme requise, favorisant une situation de faim aigüe pour des millions de personnes.

« Nous voulons souligner les besoins essentiels de ces crises sous-financées où nos ressources pour agir sont actuellement extrêmement limitées. Nous devons nous assurer que personne n'est laissé pour compte. Nous devons agir maintenant afin de pouvoir mettre en œuvre de manière urgente des interventions visant à soutenir la sécurité alimentaire et les moyens d'existence afin de sauver les vies des populations, de protéger les moyens d'existence et de renforcer leur résilience face aux futures crises. Avec l'aide de nos partenaires ressources, nous pouvons éviter une nouvelle aggravation de la sécurité alimentaire dans certaines des crises les plus négligées de 2018, » a déclaré Dominique Burgeon, Directeur de la Division Urgence et réhabilitation de la FAO et du Responsable du programme stratégique sur la résilience.

Des crises qui s'aggravent

En Syrie, par exemple, les dernières informations indiquent que la sécheresse dans certaines parties du pays pourrait exacerber les répercussions de plusieurs années de conflit et de déplacements de population, compromettant ainsi davantage la production alimentaire. Malgré des défis importants, le secteur agricole continue de fournir près de la moitié de l'approvisionnement alimentaire du pays, servant ainsi de bouée de sauvetage pour des millions de personnes vulnérables.

Au Sahel, les populations pastorales peinent tout particulièrement à faire face aux effets de la sécheresse de l'année dernière sans oublier le conflit en cours ainsi que l'insécurité dans la région. Ces dernières ont besoin d'une aide urgente afin de protéger leurs troupeaux et de faire face à l'augmentation des souffrances liées à la faim.

Au Soudan, les besoins humanitaires demeurent importants, en raison des prix élevés des produits alimentaires, de la saison maigre à venir, des déplacements massifs de population, de l'effondrement des moyens d'existence, de la pauvreté sous-jacente et de l'impact des catastrophes naturelles telles que la sécheresse.

La fourniture de semences végétales et légumières, d'outils et de nourriture pour les animaux, la réhabilitation des points d'eau et des infrastructures hydriques, des campagnes de vaccination animale, des soins de santé pour les animaux, des conseils pour une meilleure gestion de l'eau et des sols, des transferts monétaires et des programmes de travail contre rémunération feront partie de la réponse d'urgence de la FAO dans les pays affectés.

Photo: ©FAO
Au Tchad, pendant la saison maigre, il est important de soutenir de manière continue les ménages vulnérables afin d’améliorer leur accès à la nourriture.

Partagez