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La FAO appelle à déployer davantage d’efforts pour permettre aux agriculteurs familiaux de devenir des investisseurs privés

Il est nécessaire de conclure des partenariats innovants pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030

27 septembre 2018, New York - «Réaliser les objectifs du Programme de développement durable à l'horizon 2030 nécessitera de créer des partenariats élargis avec le secteur privé, en prenant en compte les centaines de millions d'agriculteurs familiaux qui produisent la plupart de la nourriture mondiale et travaillent souvent sans véritable soutien commercial», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Exploiter le potentiel des investissements du secteur privé dans l'agriculture représente aujourd'hui l'un des moyens les plus efficaces de réduire la pauvreté et les souffrances liées à la faim tout en protégeant l'environnement», a-t-il précisé lors d'une réunion de haut niveau qui a eu lieu dimanche dernie,r avec pour principal point d'orgue le lancement de la stratégie de financement du Programme de développement durable à l'horizon 2030 du Secrétaire général des Nations Unies.

Les Objectifs de développement durable «doivent être financièrement abordables à travers le monde» et puisqu'ils impliquent plusieurs trillions de dollars d'investissement, doivent également représenter «un partenariat important se basant sur les efforts de tous», a indiqué M. Graziano da Silva.

Les progrès réalisés vis-à-vis de l'Objectif Faim Zéro - le deuxième ODD - ont diminué ces dernières années, soulignant ainsi les nouveaux défis du Programme de développement durable à l'horizon 2030 qui devront être traités de manière holistique et qui nécessiteront que l'ensemble des participants «s'adaptent à notre stratégie de coopération afin de stimuler le développement», a-t-il souligné.

M. António Guterres, Secrétaire général de l'ONU, Mme Christine Lagarde Directrice générale du Fonds monétaire international, plusieurs Chefs de gouvernement issus du monde entier, des représentants de fondations philanthropiques, ainsi que des gestionnaires de biens ont compté parmi les intervenants lors de l'événement.

En 2015, les gouvernements du monde entier ont établi une feuille de route destinée à financer les ODDs, avec notamment l'aide du Plan d'action d'Addis Abeba qui couvre de multiples thèmes allant de la technologie au commerce en passant par le renforcement des capacités, la Coopération Sud-Sud ou encore le besoin de mieux exploiter les ressources nationales pour mettre en œuvre les programmes visant à répondre à des besoins basiques comme la protection sociale, l'énergie, le transport, l'eau ou encore les installations sanitaires.

Aider les petits exploitants agricoles

Plus de 90% des 570 millions d'exploitations agricoles dans le monde sont des exploitations familiales, principalement des activités à petite échelle qui, surtout dans les zones pluviales, sont exposées à des risques élevés et à de faibles rendements, ce qui rend les investissements privés plus difficiles à attirer.

M. José Graziano da Silva appelle à mettre en place une «stratégie afin de stimuler l'investissement privé» dans ces exploitations et au sein des chaînes de valeur associées et à adopter des mesures capables de réduire les risques et d'améliorer les profits de telles entreprises.

Le Centre d'investissements est la division de la FAO supervisant l'investissement agricole et au fil des ans, a réussi à mobiliser plus de 120 milliards de dollars pour les Etats membres. En 2017, le Centre s'est impliqué dans 55 projets à travers 35 pays.

«La vérité est que les financements pour le travail de la FAO sont toujours très limités», a indiqué M. Graziano da Silva, notant que l'Organisation avait atteint, voire surpassé son objectif de mobilisation de ressources volontaires ces dernières années. «Notre réservoir de ressources se base uniquement sur quelques donateurs», a-t-il ajouté.

La FAO s'essaie à de nouveaux modèles commerciaux pour améliorer et diversifier les partenariats, en prêtant particulièrement attention à la Coopération Sud-Sud et triangulaire, à la mobilisation de ressources au niveau national et hybride et aux modalités de financements publiques et privées.

L'un des exemples, mentionnés par le Directeur général est que la FAO est en train d'intensifier des partenariats ciblant les producteurs, tels que l'Alliance mondiale pour un élevage durable qui regroupe à présent plus d'une centaine de partenaires institutionnels à travers le monde. Alliances for action et le Centre de commerce international font également partie des nouveaux partenariats.

Photo: ©FAO/Vyacheslav Oseledko
Un éleveur emmène ses vaches pâturer au Kirghizistan.

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