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En Afrique, investir dans le développement rural et l’agriculture offrira aux jeunes ruraux une alternative à la migration

Le Directeur général de la FAO souligne l’importance de concentrer les efforts sur les régions du Sahel connaissant des troubles

21 janvier 2019, Berlin - «Investir dans les zones rurales et l'agriculture est essentiel afin de parvenir à la prospérité en Afrique et de pouvoir donner aux jeunes du continent une alternative à la migration», a indiqué le Directeur général de la FAO.

«Nous devons investir dans le développement rural en Afrique afin de créer des emplois et de donner aux jeunes l'opportunité de rester en zone rurale. Nous avons besoin de ces jeunes pour moderniser l'agriculture», a-t-il précisé.

Il s'exprimait à l'occasion d'un événement de haut niveau réunissant l'Union européenne et l'Alliance africaine, dans le cadre du Forum mondial pour l'alimentation et l'agriculture qui se tenait la semaine dernière à Berlin.

Soulignant que près de la moitié de la population africaine demeure extrêmement pauvre et en situation d'insécurité alimentaire, M. José Graziano da Silva a insisté sur la nécessité d'orienter les investissements publics et privés vers le secteur agricole.

De telles interventions sont particulièrement importantes dans la région du Sahel, fortement touchée par les effets des conflits et du changement climatique.

Enrayer le flux de migration rurale

«Encourager la création d'emplois décents en zone rurale, pas seulement dans le secteur agricole mais également dans d'autres zones et secteurs, pourrait aider les populations rurales à rester chez elles», a déclaré le Directeur général de la FAO.

«La plupart des jeunes migrants viennent des zones rurales mais il est essentiel de pouvoir compter sur de nombreux jeunes afin de moderniser et de dynamiser le secteur agricole en Afrique, une étape cruciale en vue de lutter contre la faim, la pauvreté et les effets du changement climatique. Il est donc essentiel de créer des opportunités d'emplois dans le secteur agricole et de les rendre plus attrayantes aux yeux des jeunes», a-t-il ajouté.

Selon le rapport de la FAO sur la Situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture  2018, le nombre de migrants internationaux a augmenté en passant de 153 millions en 1990 à plus de 250 millions aujourd'hui, tandis que la migration issue des zones rurales représente au moins 50 pour cent des mouvements internes, en particulier dans les régions avec des taux d'urbanisation élevés. En Afrique subsaharienne, la migration provenant des zones rurales peut atteindre les 75 pour cent.

Le Groupe de travail agricole de l'UE et de l'Afrique

Lors de son discours, M. José da Silva a salué le rôle du Groupe de travail agricole de l'UE et de l'Afrique qui s'assure que les nouvelles technologiques atteignent et profitent mieux aux populations souvent marginalisées et aux populations rurales, y compris celles vivant dans des contextes politiques fragiles.

La FAO travaille déjà aux côtés de partenaires en vue de faciliter les investissements en faveur des pauvres qui pourront leur permettre d'accéder à de nouvelles technologies, aux informations sur le marché, aux réseaux, à la protection sociale et de renforcer leur capacité de développement.

Plus tôt dans la journée, M. José Graziano da Silva a participé à un panel de haut niveau sur le thème «Utiliser le pouvoir des innovations numériques pour les jeunes, les petits exploitants agricoles et les agriculteurs familiaux», organisé par la FAO, en marge du Forum mondial.

Photo: ©FAO/
M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO prend la parole lors de l’évènement de haut niveau de l’UE et de l’Alliance africaine sur l’agriculture.

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