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La FAO tire la sonnette d'alarme : résurgence du Criquet pèlerin dans le nord-est de l'Afrique et en Arabie saoudite suite à de fortes pluies

Une vigilance accrue, une surveillance stricte et une lutte rapide sont nécessaires pour empêcher de nouveaux essaims de se former et de se propager des deux côtés de la mer Rouge

15 février 2019, Rome - Les fortes pluies et les cyclones qui se sont abattus sur l’Erythrée et le Soudan ont provoqué une résurgence des populations de Criquet pèlerin qui se propage rapidement des deux côtés de la mer Rouge jusqu'en Arabie saoudite et en Egypte, met en garde aujourd’hui la FAO.

L’agence des Nations Unies a appelé tous les pays touchés à renforcer leur vigilance et les opérations de lutte pour contenir les infestations et protéger les cultures face au ravageur migrant le plus redoutable au monde.

Essaims très mobiles

Les bonnes pluies tombées le long des plaines côtières de la mer Rouge en Erythrée et au Soudan ont, depuis le mois d’octobre, permis la reproduction de deux générations successives du Criquet pèlerin, entraînant une forte augmentation des populations et la formation d’essaims très mobiles. Au moins un essaim a traversé la mer Rouge à la mi-janvier atteignant la côte nord de l’Arabie saoudite, suivi par de nouvelles migrations environ une semaine plus tard. Des groupes d'adultes et quelques essaims se sont également déplacés vers le nord le long de la côte jusqu'au sud-est de l'Egypte à la fin du mois.

A l'intérieur des terres, en Arabie saoudite, deux générations ont également eu lieu dans la région sud-est désertique (Ar Rub‘ al Khali ou «Croissant vide» en arabe) près de la frontière entre le Yémen et l'Oman, après les pluies exceptionnellement bonnes des cyclones Mekunu et Luban en mai et octobre 2018 respectivement. Quelques-uns de ces essaims ont déjà atteint les Emirats arabes unis et le sud de l'Iran avec un risque d’expansion vers la frontière indo-pakistanaise.

Intensifier les efforts

Des opérations de traitement aérien ont été organisées au Soudan et en Arabie saoudite, complétées par des opérations de lutte terrestre dans les deux pays, ainsi qu'en Erythrée et en Egypte, couvrant plus de 80 000 ha depuis décembre.

«Les trois prochains mois seront critiques pour maîtriser la situation acridienne avant le début de la reproduction estivale», selon M. Keith Cressman, Fonctionnaire principal responsable des prévisions acridiennes à la FAO. «La propagation de l'actuelle résurgence acridienne dépendra de deux facteurs principaux: - des mesures de surveillance et de lutte efficaces dans les zones de reproduction du criquet au Soudan, en Erythrée, en Arabie saoudite et dans les pays voisins ; - de l'intensité des précipitations entre mars et mai des deux côtés de la mer Rouge et à l'intérieur de la péninsule arabique», toujours selon M. Cressman.

La session statutaire de la Commission FAO de lutte contre le Criquet pèlerin dans la Région centrale (qui a lieu tous les deux ans), organisée par la FAO et les pays concernés, se tiendra la semaine prochaine (du 17 au 21 février), en Jordanie, afin de faire le point sur la situation actuelle dans le but d’intensifier les opérations de prospection et de lutte. 

Les prévisions de février

Les reproductions se poursuivront en février sur les côtes de la mer Rouge au Soudan et en Erythrée entraînant une nouvelle augmentation du nombre de groupes de larves et d'ailés, de bandes larvaires et d’essaims. A mesure que la végétation se desséchera, des groupes d'ailés et quelques essaims se déplaceront probablement vers le nord le long de la côte de la mer Rouge en Erythrée jusqu'au Soudan et de la côte de la mer Rouge au Soudan jusqu'à la vallée du Nil dans le nord du Soudan. Il existe un risque modéré que certains essaims continuent de traverser la mer Rouge vers les zones côtières et intérieures de l'Arabie saoudite.

Grave menace pour les cultures

Les criquets pèlerins sont des acridiens qui peuvent former de grands essaims et représentent une menace majeure pour la production agricole, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l'environnement et le développement économique.

Les essaims d’ailés peuvent parcourir jusqu'à 150 km par jour portés par le vent. Les femelles peuvent pondre 300 œufs au cours de leur vie et un insecte adulte peut consommer environ son propre poids en nourriture fraîche chaque jour, soit environ deux grammes. Un très petit essaim dévore en un seul jour la même quantité de nourriture qu'environ 35 000 personnes et l'impact dévastateur que les criquets pèlerins peuvent avoir sur les cultures constitue un danger certain pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les zones déjà vulnérables.

La FAO et la prévention des invasions acridiennes

Le Service d'information sur le Criquet pèlerin (DLIS) au siège de la FAO à Rome exploite un système mondial de surveillance et d'alerte rapide depuis les années 1970 dans le cadre de la stratégie de lutte préventive menée par l’Organisation. Plus de 24 pays de la ligne de front en Afrique, au Proche-Orient et en Asie du Sud-Ouest contribuent à ce système en effectuant des prospections régulières dans le désert à la recherche de poches de végétation et de criquets pèlerins.

Les équipes de terrain utilisent un outil innovant développé par la FAO et appelé eLocust3. Il s'agit d'une tablette portable permettant l'enregistrement des observations et l'envoi des données en temps réel par satellite aux centres antiacridiens nationaux et au DLIS. Ces informations sont régulièrement analysées avec les données météorologiques et environnementales ainsi qu'avec les images satellitaires afin d'évaluer la situation acridienne, fournir des prévisions jusqu'à six semaines à l'avance et lancer éventuellement des alertes.

Plus d'informations sur la situation actuelle et le dispositif eLocust3 sont disponibles sur L’observatoire acridien.

Photo: ©FAO/M. de Montaigne / FAO
Le Criquet pèlerin est le ravageur migrant le plus redoutable au monde, capable de parcourir jusqu'à 150 km par jour porté par le vent.

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