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Assurer la durabilité de la production de palmiers dattiers

A Abou Dabi, le Directeur général de la FAO appelle à redoubler d’efforts en matière de recherche et d’innovation agricole

10 mars 2019, Abou Dabi - « Il est essentiel d'investir dans l'innovation et la recherche afin d' assurer la durabilité de la production de palmiers dattiers, qui représentent une ressource alimentaire et une culture de subsistance importantes pour des millions de personnes au Proche Orient et en Afrique du Nord, « a déclaré aujourd'hui José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

« Le réchauffement climatique entraîne une raréfaction des ressources en eau, provoque des sécheresses de plus en plus graves et prolongées, et contribue aussi à l'apparition et à la propagation d'épidémies parasitaires et de maladies à l'instar du charançon rouge du palmier », a déclaré José Graziano da Silva lors de la 11e édition de la cérémonie de remise du prix international Khalifa pour le palmier dattier et l'innovation agricole (KIADPAI).

« Nous devons de toute urgence améliorer la résistance et la capacité d'adaptation du secteur agricole face au changement climatique en adoptant des pratiques appropriées capables de préserver les ressources naturelles  et la biodiversité », a-t-il souligné, insistant par ailleurs sur l'importance du palmier dattier, un arbre profondément enraciné dans les économies, les cultures et les régimes alimentaires des populations vivant dans les régions du Proche-Orient et d'Afrique du Nord.

Il a également évoqué le large éventail d'outils et de connaissances que la science et l'innovation permettent de fournir pour produire « plus et mieux avec moins de ressources ».

Parmi ces exemples ; les systèmes hydroponiques qui produisent des aliments de grande qualité hors sol et avec seulement 10% de l'eau habituellement utilisée dans les systèmes traditionnels, les drones afin dedétecter les parasites et les maladies, ou encore le recours à la nanotechnologie en vue de dessaler l'eau.

« Le défi consiste à saisir toutes les opportunités afin de développer et d'appliquer des solutions innovantes », a déclaré Graziano da Silva. «  A cet effet,  nous devons mettre en œuvre une politique innovante, des investissements et des partenariats publics  et privés, et nous devons nous engager sur le long terme. »

En novembre dernier, la FAO a organisé le premier Symposium international sur l'innovation agricole au service des agriculteurs familiaux, au cours duquel les participants ont reconnu le rôle significatif que les agriculteurs familiaux peuvent jouer en vue développer l'innovation agricole.

Grazia da Silva a souligné la nécessité de renforcer la capacité des agriculteurs à innover et a reconnu le rôle inestimable que le Prix international Khalifa du palmier dattier et de l'innovation agricole joue dans la promotion de pratiques agricoles innovantes, en particulier dans les régions touchées par une pénurie d'eau.

« Nourrir » plutôt qu' « alimenter » les gens avec des aliments sains et nutritifs

Le Directeur général de la FAO a souligné la nécessité d'encourager l'innovation « à travers l'ensemble de la chaîne alimentaire », au-delà du secteur agricole.

« Nous devons revoir nos systèmes alimentaires de manière à bien « nourrir » les gens en leur proposant des aliments sains et nutritifs au lieu de se concentrer sur leur « alimentation», a-t-il déclaré. « Ce changement de paradigme est fondamental pour lutter non seulement contre la faim mais aussi contre toute forme de malnutrition, et en particulier l'obésité. »

A l'échelle mondiale, plus de 2 milliards de personnes sont en surpoids, et 670 millions d'entre eux sont obèses (soit près de 13% de la population adulte).

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la proportion d'adultes obèses au Proche-Orient et en Afrique du Nord est d'environ 30%, avec un taux atteignant les 46% dans certains pays.

« L'augmentation du taux d'obésité entraîne de lourdes répercussions socio-économiques », a souligné M. Graziano da Silva. « L'obésité est un facteur de risque pour de nombreuses maladies non transmissibles comme les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et certains cancers », a-t-il ajouté.

L'impact économique de l'obésité au niveau mondial est estimé à hauteur de 2 000 milliards de dollars par an (soit 2,8% du PIB mondial). « Cela équivaut au coût du tabagisme à l'échelle mondiale ou des conflits armés à travers le monde », a-t-il averti.

« La hausse de l'obésité est principalement due au fait que nos systèmes alimentaires proposent de plus en plus d'aliments ultra-transformés à un prix abordable tout en étant riches en calories et à haute densité énergétique, avec une forte teneur en graisses, en sucres et en sel, » a-t-il précisé.

« Cette situation est particulièrement inquiétante dans les pays qui sont fortement dépendants des importations de produits alimentaires, comme par exemple dans la région du Proche-Orient et d'Afrique du Nord », a déclaré M. Graziano da Silva. Il a proposé de mettre en place une réglementation du commerce des produits alimentaires qui permettrait de limiter l'importation d'aliments malsains, ce qui permettrait en partie d'éviter d'arriver à ce qu'il a qualifié de « globalisation de l'obésité ».

Le Directeur général de la FAO a déclaré que l'Expo 2020 qui aura lieu à Dubaï offrira à la communauté internationale une excellente occasion d'échanger des idées novatrices et d'établir des partenariats afin de pouvoir faire face aux défis de demain, et notamment à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition.


Photo: ©FAO/Christopher Pike
Le Directeur général a souligné que la science et l’innovation avaient donné lieu à une grande variété d’outils et de connaissances afin de pouvoir produire « plus et mieux avec moins de ressources. »

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