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Appui au Ghana dans sa lutte contre la faim

Des millions de personnes toujours vulnérables malgré des progrès notables

Photo: ©FAO
Mme Josette Sheeran et M. Jacques Diouf au cours de leur visite.

23 avril 2009, Accra/Rome - Les chefs des deux agences alimentaires de l'ONU basées à Rome, tout en réaffirmant leur appui au Ghana dans sa lutte contre la faim et la pauvreté, indiquent que des millions de Ghanéens sont toujours vulnérables du fait de la crise financière et de la flambée des prix alimentaires.

A l'heure où de plus en plus de personnes souffrent de la faim dans le monde, le Ghana a quand même réussi à freiner cette tendance, mais continue à être confronté à de nouveaux enjeux, ont souligné le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, et le Directeur exécutif du PAM, Mme Josette Sheeran, durant une visite conjointe dans le pays.

C'est en effet le seul pays de l'Afrique subsaharienne qui a atteint l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) consistant à réduire de moitié le nombre d'affamés et de pauvres à l'horizon 2015.

Selon les statistiques de la FAO, le nombre de personnes sous-alimentées au Ghana est tombé de 5,4 millions de personnes en 1990-92 (période de référence) à 3 millions en 1995-97, puis à 1,9 million en 2003-05. Malgré ces accomplissements, la malnutrition infantile reste problématique.

Mais la crise financière, l'inflation croissante, la hausse des prix alimentaires et les inondations et sécheresses dues au changement climatique menacent de torpiller les efforts de ce pays qui compte 23 millions d'habitants.

"La crise financière mondiale menace sérieusement les progrès du Ghana dans sa lutte contre la faim et la pauvreté", a déclaré le Directeur exécutif du PAM. "Nous ferons tout notre possible pour maintenir le cap du premier OMD et invitons la communauté internationale à renforcer son soutien en ces temps cruciaux".

"Le Ghana a prouvé que des progrès réels pouvaient être accomplis contre la faim, la malnutrition et la pauvreté, et ce, grâce aux investissements et à la diversification de l'agriculture, ainsi qu'à un meilleur accès à la nourriture", a fait remarquer le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf. Mais le pays aura besoin d'un soutien accru pour identifier et aider les millions de personnes qui sont toujours vulnérables et victimes de l'insécurité alimentaire.

La soudure: une période difficile

Au moment où la soudure sera à son point culminant (juin/juillet), la FAO et le PAM uniront leurs efforts en faveur de la sécurité alimentaire et du bien-être nutritionnel dans les trois provinces septentrionales du Ghana. Cette initiative aura lieu dans le cadre du Fonds fiduciaire commun des Nations Unies pour la sécurité humaine, un programme contre la malnutrition et pour la réhabilitation ciblant un demi-million de personnes environ, qui comprend des projets de filets de sécurité productifs axés sur le reboisement et la construction de systèmes d'irrigation et de petits barrages.

La FAO et le PAM collaborent également dans le cadre de l'Initiative P4P (Achats pour le progrès), destinée à faire bénéficier les petits paysans des opportunités du marché des commandes locales.

Au cours de leur séjour au Ghana du 21 au 24 avril, les chefs des deux agences alimentaires de l'ONU doivent visiter la région de Buduburam, proche de la capitale Accra. Dans cette région, la FAO et le PAM procurent aux populations vulnérables des filets de sécurité nutritionnels et des activités rémunératrices, ainsi qu'un soutien en matière de jardins potagers, d'élevage et de systèmes hydrauliques pour l'irrigation. 

La flambée des prix

Les prix alimentaires ont atteint un pic au Ghana à la mi-2008, mais les prix des denrées alimentaires de base comme le riz, le manioc et le maïs restent anormalement élevés malgré de très bonnes récoltes.

Un indice interactif de la FAO relevant les prix des denrées de base sur les marchés nationaux de 55 pays en développement montre que tandis que les prix alimentaires sont en régression au plan international, ceux des pays en développement ont baissé moins vite, voire pas du tout. Or, l'alimentation représente 60 à 80 pour cent des dépenses du consommateur dans ces pays -par ailleurs, souvent importateurs nets de denrées alimentaires- contre 10 à 20 pour cent dans les pays industrialisés.  

Une évaluation du PAM sur l'impact de la crise financière mondiale sur la sécurité alimentaire, effectuée en avril 2009, indiquent que les petits paysans et les ménages vulnérables dépendant de rapatriements de fonds seront les plus touchés si les prix alimentaires sur les marchés locaux restent élevés alors que les prix des cultures de rente et les envois de fonds demeurent à la baisse.

Investir dans l'avenir

Outre les activités conjointes, chaque Organisation conduit une série de projets en faveur de la sécurité alimentaire au Ghana. Le Bureau régional de la FAO pour l'Afrique, basé à Accra, soutient des projets d'amélioration de la production agricole et animale des petits exploitants et de la durabilité des pêches. Il contribue en outre à la mise au point d'autres activités rémunératrices et à l'amélioration des infrastructures.